Le classement de la montagne serait si serré.Si le suspense a finalement été artificiel au classement général, celui pour le maillot à pois a rarement été si insoutenable. À deux cols de l'arrivée finale, ils étaient encore cinq à se tenir en quatre points dont quatre d'entre eux dans l'échappée !
Uijtdebroeks,
Morgado,
Brkic,
Grégoire et une des autres révélations de cette Vuelta,
Veling, se sont tous illustrés dans des registres différents. Plus actif depuis le départ,
Leemreize a su trouver les ressources pour reprendre la tête, puis son leader
Pickering s'est dépouillé pour priver Grégoire du
hat trick au sommet du dernier col. Rabobank espérait sûrement mieux de ces trois semaines ; ce maillot distinctif sauve le bilan.
Secchiaroli passerait tant à côté de ses sprintsC'est bien simple : qui a noté que l'italien participait à la Vuelta ? Lui qui fut si impressionnant au mois de juin fut transparent tout au long de ces trois semaines. Pourtant les étapes parfois escarpées auraient dû lui convenir et Bianchi n'avait pas amené de vrai leader qui aurait pu compromettre les chances de
Secchiaroli. Deux excuses dont
Bovie, lui aussi passé au travers, peut se servir. À l'opposé,
Walshaw s'est révélé comme le digne successeur d'Hathaway. Ses trois victoires d'étapes lui ont permis de venir à bout de
Dovicovic pour s'offrir un premier classement par points sur un grand tour.
Kooij a quant à lui confirmé son Giro,
Syritsa ses progrès démontrés tout au long de l'année, et
Flores s'est enfin remis la tête à l'endroit avec deux bouquets.
6 français seraient dans le top 7 des grands tours cette annéeEt que
Champoussin et
Barguil n'en feraient même pas partie !
Gaudu sur le Giro,
Romain,
Paret-Peintre et
Vauquelin sur le Tour, et désormais
Grégoire et
Bisiaux sur la Vuelta ! La France ne voyait pas l'avenir avec beaucoup d'optimisme car
Champoussin était quand même une classe en-dessous de Pinot et Barguil pour prendre leur relève. En quelques mois, la situation s'est renversée, parfois avec des circonstances favorables et les purs grimpeurs relégués assez loin avant la haute montagne. Mais les tricolores ont su résister dans ces grandes étapes, parfois même mieux que ça comme lorsque
Grégoire s'est imposé aux lacs de Covadonga. Et d'ailleurs, un grand tour n'est pas censé sacrer le meilleur grimpeur mais le meilleur coureur. Visiblement plus complets que leurs adversaires, les français auront désormais de l'ambition. Les confirmations de
Grégoire et
Bisiaux seront scrutées, en attendant l'arrivée du jeune
Seixas dont on dit le plus grand bien.
6 nouveaux coureurs seraient sur les podiums des grands toursAu-delà du prisme tricolore, la hiérarchie s'est brusquement renouvelée sur les grands tours cette année.
Pickering et
Gaudu sur le Giro,
Ponk sur le Tour et désormais ce podium 100% inédit sur la Vuelta :
Grégoire,
Brenner,
Foss ! Autant le norvégien avait déjà montré ses qualités sur deux Tours d'Italie, autant les trois semaines de
Grégoire et
Brenner sortent quasiment de nulle part. D'ailleurs, en étendant le constat à
Gunter et
Bisiaux, le top 5 de cette Vuelta ne récoltait
en cumulé que cinq étoiles lors de la présentation d'avant-course. On l'a déjà dit, ce parcours fut particulier et les coureurs plutôt typés puncheurs ont pu en profiter. C'est vite oublier que sur la dernière étape de montagne,
Grégoire,
Brenner et
Foss furent les trois plus costauds derrière
López pour entériner leur podium. Aucun des trois n'a connu de gros trou d'air. Ils ont au contraire profité de chaque défaillance de leurs adversaires plus huppés. À l'avenir, ils seront plus surveillés. Avec la pression et sans l'effet de surprise, il sera intéressant de voir si ces jeunes coureurs peuvent confirmer sur un Giro ou carrément une Grande Boucle.
Hayter ferait la saison qu'aurait dû réaliser PidcockEthan Hayter a failli être dans le paragraphe ci-dessus. Il a manqué deux jours au britannique, lui qui était encore solide dauphin de
Grégoire avant les deux dernières étapes de montagne. Il fut rattrapé par ses limites dans les longs cols malgré le panache d'attaquer lors de la 20e étape. Plus généralement,
Hayter fut régulier tout au long de l'année y compris sur les courses par étapes. Cette Vuelta en est le plus gros accomplissement et la conclusion. Pourtant cette trajectoire était plutôt promise à
Pidcock avant le début de saison, mais l'autre britannique a à peine fait parler de lui cette année, à l'image de son top 15 sur le Tour. Les deux ont-ils échangé leurs places ?
La Vuelta des espagnols serait si catastrophiqueCe constat fait d'autant plus mal en comparaison de l'édition 2025 où les coureurs locaux étaient cinq dans les douze premiers. Cette année,
Arrieta est le meilleur représentant au général à une piteuse 15e place. Que l'on soit clair : rien d’infamant pour lui, au contraire ! C'est le bilan hispanique que l'on pointe du doigt, à l'image de
Rodriguez,
Delgado et
Mas qui ont failli. Jamais il n'avait fallu descendre si bas pour trouver le premier espagnol (Valverde 14e en 2014). Même sur les étapes, on ne recense que deux podiums en échappées pour
Canal et
Robledo, trois si l'on considère le chrono par équipe inaugural des Kern Pharma... à peine autant de tops 5. Là encore, c'est inédit de n'avoir vu aucun coureur local lever les bras. Une Vuelta à oublier.