Après un repos bien mérité, les sprinters ont de nouveau droit aux honneurs. 8 baroudeurs aimeraient contrecarrer leurs plans dont les habituels
Frigo et
Sweeny, qui va encore grappiller des points au classement de la montagne. Ils ne pourront pas espérer plus car, comme quelques jours plus tôt,
Steinhauser et
Leemreize imposent un énorme coup de vis dans la seule difficulté du jour. L’objectif initial est échoué pour
Leemreize qui ne récupère que les deux points de la 4e place au sommet, n’ayant pas réussi à reprendre
Sweeny,
Pedersen et
Giddings. En revanche le peloton a explosé plus que de raison avec seulement 23 coureurs dans le premier paquet !
Girmay,
Philipsen,
Walshaw et
Flores sont passés chez les sprinters. Mais il n’y a plus beaucoup d’équipiers pour les 31 kms encore à couvrir. Des groupes reviennent donc de l’arrière pour reformer un peloton conséquent de 93 unités dont
Secchiaroli est l’absent de marque.
Dovicovic a quant à lui les jambes visiblement lourdes car il ne pèse pas dans l’emballage. Heureusement pour lui,
Walshaw ne termine que 4e et ne lui inflige donc pas un gros éclat. La victoire se joue entre
Kooij, un
Girmay qui monte en puissance, et
Flores qui finalement récidive après la 2e étape !
Cl. étape 10 :Le profil de la 11e étape ressemble à une longue procession de 200 kms pour rallier Andorre où les coureurs s’expliqueront sur une bosse de 6 kms dont les pourcentages vont progressivement se cabrer jusque dans les deux derniers kms. Les baroudeurs voient d’un bon œil cette journée, moins les Ineos qui s’échinent à maintenir les dix échappés à moins de 4 minutes. Les ambitions britanniques désabusent les hommes de tête, ainsi que de nombreux membres du peloton qui ne font pas l’effort de s’accrocher sur ces interminables faux-plats. À 25 kms de l’arrivée, il ne reste déjà plus que
Rzeczycki seul en tête, 30’’ devant un peloton réduit à 90 unités. Dans la dynamique de la fin de la première semaine,
Robledo et
Sriubas sont déjà distancés ; le lituanien devrait viser les étapes en dernière semaine. La physionomie change alors car les Ineos sont remplacés par les Kern Pharma, les Quick-Step et les Bianchi en tête de peloton. Autant d’équipes qu’on n’attendait pas dans ce rôle mais qui continuent de maintenir la pression. Les observateurs se sont peut-être trompés sur la difficulté de l’étape car de nombreux coureurs grimacent de plus en plus. À 10 kms de la ligne, alors qu’on n’a pas dépassé les 5% de la journée, il ne reste plus que 43 coureurs dans le peloton pour l’explication finale… La palme du grotesque revient aux Ineos dont le leader
Poggetti est le premier membre du top 10 distancé. L’italien a la tête des mauvais jours, attendu par trois équipiers dont le maillot vert. À 6 kms du sommet,
Elorriaga prend le manche pour Lotto, causant la perte de
Brand ! Sous la banderole des 5 kms, la pente passe enfin au-dessus des 6% ; c’est le moment que choisit
Rodriguez pour placer la première banderille.
Grégoire et
Végh sautent dans sa roue, et derrière c’est l’explosion !
Contre toutes attentes, cette étape fait d’énormes dégâts, à commencer par le maillot rouge !
Pickering est attendu par un
Leemreize qui semble au contraire très facile, lui. Puis sur une accélération de
Gaudu et
Nagorski,
López est distancé. Lui est épaulé par
Verre. Le duo UAE sera bientôt rattrapé par le duo Rabobank mais, en à peine 4 kms, les deux leaders débourseront 3’14’’ sur le vainqueur ! À l’entame des gros pourcentages des deux derniers kms, ils ne sont plus que 20 dans le peloton à 12’’ du trio de tête. Parmi ces vingt, notons la présence de cinq DSM, et parmi eux du sprinter
Olav Kooij qui tient tête à nombre de grimpeurs. À peine la pente augmente-t-elle que
Rodriguez explose comme un pop-corn. À l’arrière,
Nagorski et
Rostoll font aussi pâle figure. Ils sont décramponnés juste avant
Kooij qui finira 14e de l’étape ! À 500 mètres de la flamme rouge,
Hayter se lance à la poursuite du duo de tête. Les Bora ne sont pas du tout coordonnés car
Gunter sort dans la foulée à la poursuite de son coéquipier et va rester là en chasse-patate.
Romain Grégoire continue quant à lui d’impressionner. Sentant le souffle du britannique, il remet une praline sous la flamme rouge qui laisse
Végh exsangue. Survolté, impressionnant, époustouflant,
Grégoire vole vers sa deuxième victoire d’étape, en plus de troquer son maillot blanc pour le rouge !
Hayter est son dauphin, pour 26’’ aujourd’hui et 1’20’’ au général. Suivent deux néo-pros sur la ligne,
Veling et
Bisiaux, qui règlent d’autres coureurs inattendus en la personne de
Hoole et
Tulett, le seul Ineos à ne pas avoir attendu
Poggetti. Côté DSM, on peut s’interroger sur l’utilité de ce tir groupé sans avoir épaulé
Brenner jusqu’au bout alors que le jeune allemand est le nouveau 4e du général. Au 5e rang, on retrouve donc
Bisiaux qui relègue
Bernal et
Barguil au statut d’équipiers et qui regrettera peut-être d’avoir perdu une minute sur la 6e étape plate. Sur le podium du général,
Gaudu est finalement le seul favori à avoir limité la casse à 1’17’’.
Gunter est à 1’31’’,
Rodriguez à 1’51’’ alors qu’il était dans le groupe de tête aux deux kms,
Rostoll à 2’10’’,
Nagorski et
Foss à 2’28’’ et
Poggetti et
Brand à 5’15’’... Quelle étape qui repousse tous les grimpeurs à au moins 3 minutes de
Grégoire au général !
(oui, je mets Gaudu dans le lot en anticipant le chrono).
Cl. étape 11 :Repos ou revanche ? Courue sous la pluie, cette 12e étape a tout pour une échappée fleuve qui prendrait le large dans le col après la première heure de course. Ils sont d’ailleurs 14 à avoir eu cette idée dont
Sweeny et
Barcelo qui se disputent encore les points de la montagne. Dans le peloton, on souffle au sens propre, puis au figuré en voyant à nouveau les Ineos accélérer au pied du col lorsque l’écart atteint les 3’30’’. Les anglais ne vont pas se faire que des amis à essorer le peloton tous les jours, surtout qu’ils maintiennent la pression dans la descente où de nombreuses chutes surviennent. Heureusement, aucun abandon n’est à déplorer.
Hayter et
Pickering sont toutefois pris dans l’une d’entre elles, rapidement ramenés par des équipiers. Un temps réduit à une soixantaine d’unités, le contingent du peloton atteint les 113 membres lorsque la dernière descente est passée. Il reste alors 30 kms de faux-plat descendant vers Lleida et une minute à reprendre aux dix rescapés de l’échappée. Celle-ci se bat, en particulier les hommes forts
Rzeczycki,
Sweeny et
C.Pedersen qu’on voit régulièrement à leur avantage depuis le départ. Les trois hommes reprennent 1’20’’ de marge à 15 kms du but. Les EF entrent alors en action, puis les Rabobank alors que le trio compte encore 40’’ d’avance sous l’arche des 5 kms.
Leemreize et
Brand abattent cependant un énorme travail pour reprendre les fuyards en vue de la flamme rouge… Tout ça pour que
Dekker attende trop longtemps dans la roue de son poisson-pilote
Van Dijke. Débordé par les autres sprinters, il se retrouve enfermé bêtement en faisant de
Walshaw une victime collatérale. Libéré du maillot vert,
Dovicovic affronte une concurrence inattendue en la personne de
Syritsa (7e-6e-6e-6e-7e des premiers sprints,
régulier). Le russe finit par craquer et laisser la victoire à
Dovicovic, qui revient du même coup dans le rétro de
Walshaw dans la course au maillot vert.
Cl. étape 12 :Le soleil est de retour en ce 13e jour, comme les ambitions des baroudeurs avant un week-end plus escarpé où certains n’auront pas leur chance.
Sweeny,
Pedersen et
Rzeczycki sont encore de ceux-là, comme les autres habitués
Giddings,
Frigo,
Barcelo,
García Pierna et
Ermenault.
Nafti,
Norsgaard,
Verstrynge,
Romeo et
Van Dijke complètent ce groupe de 13 qui a fière allure. Tout aussi infatigables et fatigants, les Ineos reprennent le manche du peloton, aidés par les Groupama du maillot rouge qui cherchent peut-être à s’attirer la sympathie des britanniques en vue des futures étapes à contrôler. Le bras de fer est donc engagé à 140 kms de l’arrivée. Les hommes de tête font longtemps jeu égal, puis
Barcelo fait exploser ses compagnons, y compris lui-même, dans la dernière bosse à 35 kms de la ligne. Il était une nouvelle fois impossible d’échapper au rouleau compresseur du peloton qui obtient gain de cause à 15 kms du but. À la manière de Roox sur le Tour,
Brand tente alors sa chance à 12 kms de la ligne. Mais il manque des pourcentages pour faire la différence. Un temps déstabilisés, les Ineos retrouvent vite du personnel pour ramener le présomptueux à la raison à 5 kms de l’arrivée. Les Saxo Bank les débordent aux deux kms pour lancer
Dovicovic. Mais
Walshaw prend parfaitement le sillage du slovaque et il saute son rival dans les derniers hectomètres ! Troisième victoire pour lui et break refait en vue du maillot vert.