Manuel, à Paris, le 24 Juillet 2027,
Nouvelle épreuve de vérité pour cette
15e étape.
Ils sont 20 à partir à l’avant, sans
Chiloé car j’ai demandé à
Abner de rester auprès de moi. Ils sont encore 7 au pied de la 2e montée du Grand Colombier avec 3’ d’avance sur le groupe maillot jaune réduit à une trentaine d’homme. J’y suis accompagné de
Kevin. Sous la banderole des 10 km l’écart est tombé sous les 45’’ sous l’impulsion des
UAE.
Kevin donne ses dernières forces pour continuer à me protéger. Le rythme d'
Almeida empêche tout attaque jusqu’à 5 km,
Pogacar lance alors la grande bataille et part avec
Ayuso et
Powless. Je réagis avec un petit temps de retard, et reprend tout le monde sauf
Pogacar et
Ayuso. Ils s’attaquent tour à tour sans parvenir à se départager mais en s’épuisant, ce qui me permet de revenir à 25’’ sous la flamme rouge. On finit tous à l’agonie,
Ayuso devant
Pogacar et moi 3e à 28’’.
Powless, héroïque termine 4e et conserve son maillot jaune pour 20’’. Je glisse à la 4e place du général à 4’’ de
Pogacar.
Nouvelle étape de montagne pour ce
16e épisode du Tour.
Ils sont 14 à se porter à l’avant avec cette fois
Abner en compagnie d’
Hamilton, le nouveau porteur du maillot à pois et
A. Yates, le 12e du général à 10’ de
Powless. En bas du col de Porte, l’écart est de 8’30. A 50 km de la ligne, le gap est monté à 10’ mais j’ai appris à ne pas paniquer dans ces situations. Au final
Healy s’impose,
Abner me lance idéalement sur les dernières rampes mais il me tasse en s’écartant et je perds toute ma vitesse. Bilan
Ayuso me prend 10‘’ et je finis dans le même temps que
Pogacar et
Powless.
La
17e étape sera donc l’étape rein de ce Tour. L’étape de tous les possibles et de tous les dangers. Tout le monde a sa raison de redouter la montée finale du col de la Loze.
Ils sont 13 à se présenter avec 2’ d’avance pied de la Madelaine car le peloton n’a jamais vraiment levé le pied. Il faut dire que
A. Yates fait encore parti de l’aventure et qu’il est désormais 8e à 5’30 au général. L’écart est toujours de 2’ au sommet mais
Yates est seul avec
Madouas et le groupe maillot jaune réduit à 32 âmes.
La première partie du col final se monte au train. Puis, à 11 km de la ligne, le trio
Pogacar,
Uijtebroeks et
Ayuso se détache. Je reste pour le moment avec les
Ineos et
Powless. A 8 km de la ligne,
Powless craque et
Uijtdebroeks laisse les 2 hommes forts de ce Tour en découdre. A 4 km du sommet, dans les pentes les plus raides,
Pogacar s’envole. Une grosse minute trente plus tard, environ au même endroit, je place une petite accélération et m’isole en contre. Contre toute attente, je reviens et dépose
Ayuso. Et je reviens sur
Pogacar.
Je suis à bout, mais sur la vitesse de mon accélération, je passe
Pogacar et remporte la plus grande victoire de ma carrière, l’index droit pointé vers le ciel, comme je me l’étais promis.
Au général,
Ayuso prend le maillot jaune mais je suis son dauphin à seulement 29’’.
Pogacar est sur mes talons à 35’’ de l’espagnol. Les autres sont certainement définitivement battus. Je remonte également à la 2e place du KOM à 12 points de
Powless.
La
18e étape est encore une étape de montagne, la plus longue mais avec un final relativement simple. C’est pourtant la dernière chance de faire des écarts avant le contre-la-montre.
Raul a prévu un plan de bataille ambitieux au planning du jour. Nous l’exécutons parfaitement puisque
Vincente me place dans l’échappée. Cela monte logiquement le Cornet de Roseland à bloc. Le peloton décide de prendre un bon tempo mais de me laisser partir dans l’échappée du jour. Notre avance monte à 6’30 ce qui oblige le peloton à réagir. C’est même la panique et
Ayuso en personne passe en tête de peloton en haut du col des Saisies avec 4’30 de retard sur notre quatuor. Car devant aussi le rythme infernal a fait de gros dégâts et seuls
A. Yates,
Thomson et
Healy m’accompagnent. Le groupe maillot jaune est réduit à 22 unités.
Kévin a pu s’y accrocher au contraire des coéquipiers d’
Ayuso ce qui force le maillot jaune à faire l’essentiel du travail avec quelques relais d’
UAE. Logiquement mes compagnons d’échappée finissent par m’attaquer. Je ne peux pas me permettre de me mettre dans le rouge si loin de l’arrivée et me contente d’un petit tempo. Je suis donc repris à 45 km du but par le groupe maillot jaune. Les
Ineos puis
Almeida ne laissent pas le leader souffler et monte fort sur les pentes impressionnantes du Plateau de Glières.
Ayuso montre des signes de faiblesse à 2 km du sommet. Voyant cela,
Pogacar attaque. On est tous à bloc et
Pogacar passe au sommet avec 10’’ d’avance sur mon groupe. Je profite du travail d’
Uijtebroeks et des
Jumbo pour souffler car je suis aussi dans le dur. Hélas je suis un peu court et dois lâcher les roues d’
Uijtebroeks,
Hindley et
Vingegaard sur le plateau. Je compte sur mes qualités de descendeur pour revenir mais le voltigeur
Uijtebroeks reprend
Pogacar et
Thomson, le dernier rescapé de l’échappée et creuse l’écart.
Je me retrouve en chasse-pattate à 25’’ de la tête. Derrière, c’est le désert et je n’ai d’autre choix que de prendre mon rythme et regarder
Pogacar s’envoler vers la victoire dans ce Tour. Je suis encore sous la flamme rouge quand
Uijtebroeks remporte l’étape.
Pogacar fait 2. Je coupe la ligne à près de 2’. J’aurais tenté et à quelques mètres près sur le Plateau, j’aurais pu gagner le Tour de France. Dans mon malheur j’ai le bonheur d’avoir causé la perte d’
Ayuso qui finit à presque 5’ aujourd’hui. Mon autre lot de consolation est le maillot de grimpeurs dont je m’empare avec 11 points d’avance sur
Powless et
Healy.
La
19e étape est plate.
La victoire semblait promise aux sprinteurs mais ils ont laissé partir un groupe de 25 et abandonné assez vite.
Vermeersch s’impose depuis l’échappée.
Le
contre-la-montre de la Planche des Belles Filles des Belles Filles parait finalement assez anecdotique vu les écarts au général.
Les hommes forts et frais de cette fin de Tour dictent leurs lois.
Pogacar se classe 2e à 11’’ du vainqueur. J’ai tremblé jusqu’au bout, mais c’est bien moi qui remporte ce succès avec 54’’ d’avance sur
Ayuso. De quoi regretter mon coup d’éclat de la 18e étape ! Je reviens aussi à 5 pts au vert.
Le Tour se conclue classiquement sur les Champs.
Au départ, je décide de tenter ma chance pour le maillot vert. Je m’en empare virtuellement en marquant 20 points à l’intermédiaire. Seulement
Stewart en empoche 27 sur la ligne et remporte donc le maillot vert.
Philipsen conclue ce Tour comme il l’avait commencé : par une victoire d’étape.
Pogacar rentre un peu plus dans la légende en remportant son 7e Tour de France. Ce n’était sans doute pas le plus fort cette année, mais il avait la meilleure équipe et aura parfaitement manœuvré. J’ai du mal à être déçu face à ce beau vainqueur. Je termine 2e avec 3 étapes et le maillot à pois pour ma première participation. Mon Tour est réussi. Je me suis aussi prouvé que j’avais le niveau pour gagner la plus grande course du monde. Je suis prêt. Rendez-vous en 2028.