Manuel, le 19 septembre 2029, à Santiago de Compostel
E15. On aimerait bien que le peloton puisse se jouer la gagne mais l’étape est longue. Le début d’étape est contrôlé par plusieurs équipes, mais dans le 1er col les rouleurs du peloton lâchent beaucoup de temps sur les grimpeurs de l’échappée qui gonflent leur avance jusqu’à 5’. Toutefois, dans la descente et le col suivant
Trinity et
Jumbo font le pressing. L’écart est de moins de 4’ au sommet et
Pedro n’a plus que 5 compagnons de fugue.
Cadbury prend le relais et revient sur les fuyards. On tente le coup dans le 3e catégorie mais cela ne fonctionne pas et c’est malheureusement
Bernal qui remporte le sprint devant
Carapaz, je dois me contenter de la 3e place.
E16. Les équipes de sprinteurs contrôlent la course mais nous faisons tout exploser dans la dernière petite bosse.
Bernal qui a suivi lance le sprint de loin, je me calle dans sa roue et le déborde facilement. Mais
E. Hayter son coéquipier m’aligne tranquillement pour offrir une nouvelle étape à
Cadbury. Je fais 2 et
Kevin 3. Les autres favoris perdent encore du temps et le podium final semble se dessiner. Reste à savoir dans quel ordre.
E17. L’étape reine de cette Vuelta et son arrivée aux lagos de Covadonga.
Je suis encore en bonne forme mais je sens que les efforts des 3 grands Tours commencent à peser dans les jambes. 23 coureurs se portent à l’avant avec
Pedro.
Mais
Pedro se fait piéger dans une descente et la victoire se jouera sans lui vu que l’échappée attaque la dernière montée avec 8’ d’avance.
Geoghegan Hart s’impose.
Carapaz et
Bernal tentent leur va-tout à 5 km du but, nous restons dans le train des
Trinity puis accrochons la roue de
Mas, même si je craque dans les derniers mètres et que
Bernal me reprend une grosse trentaine de seconde. Il pointe à 1’13 et a passé
Kevin au général.
E18. Cette dernière grosse étape de montagne devient assez cruciale au vu du scénario de la veille.
Pedro fait partie du groupe de 26 à se présenter au pied de la première difficulté avec 2’30 d’avance sur le peloton mené par les
Cadbury.
100 km plus loin ils ne sont plus que 7 à se présenter au pied de l’Altu del Gamoniteiru avec 7’20 sur le peloton toujours emmené par les
Cadbury. C’est dans la descente qui y mène que je chute.
Seul
Kevin reste dans le groupe
Bernal, tout le reste de l’équipe m’attend pour m’aider à rentrer.
Ça se regarde devant et
Pedro se fait une nouvelle fois piéger. Plus personne ne se préoccupe de lui dans l’équipe car
Bernal est passé à l’attaque !
Je finis par rentrer sur
Kevin au moment où
Pedro, qui s’est relevé, le rejoint. Il reste 5 km et je suis déjà dans les cordes.
Bernal est 1’30 devant…
Bisiaux s’impose depuis l’échappée.
Carapaz est le plus solide des leaders et finit 4e à 4’40.
Bernal est juste derrière.
Kevin est parti dans les derniers kilomètres mais finit tout de même à 57’’ de
Bernal. Je passe la ligne à l’agonie 1’18" après mon coéquipier. Au général
Bernal endosse le maillot rouge avec une grosse minute d’avance sur
Kevin et moi qui nous tenons en 2’’.
E19.L’étape est certes classifiée vallonnée mais le final est désespérément plat. Et on le sait en fin de grand tour les équipes de sprinteurs sont souvent fatiguées.
Pedro figure dans le groupe de 28 qui va effectivement se jouer la victoire. Il tente une attaque dans le dernier relief mais ne parvient à rien et
Covi s’impose. Le peloton finit tranquillement plus de 9’ plus tard.
E20. Ma dernière chance de rependre du temps avant le chrono final. On tient l’échappée jusqu’à devoir reprendre notre souffle avant les difficultés. 11 coureurs partent mais
Trinity fait le forcing et nous abordons le final dans un petit groupe. On tente de piéger
Bernal mais c’est lui qui nous lâche. Nous revenons à 5 km de la ligne avec
Kevin. Je prends la roue de
Bernal puis celle de
Carapaz que je tente de déborder. Je finis à moins d’une demi-roue pour prendre la 2e place devant
Bernal.
Kevin perd lui 13’’.
E21. L’étape est longue et je pars fort. Dès le premier intermédiaire, les principaux coureurs du général battent les meilleures marques sauf celle de
Geoghegan Hart.
Kevin passe 2e puis je bats sa marque.
Bernal passe à 20’’. Il m’en reste 40’’ à reprendre.
Au 2e intermédiaire, je compte 50’’ d’avance sur
Bernal. Mais je coince un peu et éprouve toutes les peines du monde à battre la marque de
Geoghegan Hart. Pour 7’’.
Carapaz va finir sur le podium de l’étape à 11’’ et
Kevin à 12’’.
Les secondes s’égrènent et
Bernal n’est toujours pas là. 55’’. Il approche, 59’’. 1’. J’ai gagné. Il coupera la ligne avec 1’09 de retard. Je n’ose y croire encore. Et pourtant c’est confirmé : j’ai gagné ma 3e Vuelta. Je suis aussi maillot vert et
Geoghegan Hart remporte les grimpeurs.
J’ai aussi remporté 6 étapes sur cette édition, ce qui porte mon total sur les Grands Tours à 28. Sur la période (4 dernières années),
Kooij est le deuxième avec le plus de victoires mais il en compte seulement 11, puis
Pogacar 10, seulement une de plus que l’an dernier. Assisterait-on au crépuscule de la Légende ?