Claire, à Verona, le 29 mai 2028,
E15. Nous voila partis pour une dernière semaine à haute intensité, comme souvent sur le Giro.
Avec 95 points à aller chercher,
Abner est bien présent dans l’échappée aux cotés de grands grimpeurs comme
Fisher-Black ou
Iturbe. Cela ne laisse aucun répit à
Intermarché qui doit rouler pour maintenir un écart raisonnable. Mais avec 16 hommes gonflés à bloc l’échappée entame la première ascension avec presque 5’ d’avance. Le problème c’est qu’
Intermarché n’a pas la puissance pour rivaliser dans ce col de 1er catégorie et au sommet, les 8 rescapés comptent presque 9’ de marge. Il est temps d’étudier en détail leur classement général :
Abner est le mieux classé à 3’ mais
Sivakov ne compte que 40’’ de retard sur lui. En haut du col suivant,
Intermarché a explosé et personne n’a pris le relais.
Sivakov passe en tête devant
Abner. Ils ne sont plus que 4 avec
Thomson et
Fisher-Black et plus de 15’ d’avance sur le peloton. Cela rentre sur la quatuor de tête qui ne s’entend pas.
Sivakov est le favori si ceux là ont une chance pour la victoire finale : avec le chrono en fin de Giro il va reprendre beaucoup de temps à
Abner qui veut logiquement garder ses forces. Très vite on se retrouve à 4 devant. Dans le dernier raidard,
Abner tente le tout pour le tout et cela fonctionne !
Dans le peloton les équipiers ont fait le job jusqu’au pied de la montée finale puis
Higuita déclenche la grosse bagarre.
Kevin parvient à revenir sur les leaders, il tente le même coup mais se fait contrer par
Mas et
Higuita, il prend quand même 7’’ à
Vingegaard et
Almeida. Au général,
Abner retrouve le maillot rose avec 47’’ de marge sur
Sivakov et 7’45 sur
Vingegaard. Il reste 3 étapes de montagne et un chrono. Cela va être dûr, mais le rêve est de nouveau permis.
E16.
Evidemment plus question pour
Abner d’aller dans l’échappée. On tente de contrôler sa formation et le début de course est très rapide. Ça part à la pédale. Dans la 1er difficulté,
Intermarché vient nous prêter main forte. Ils sont finalement 12 à se retrouver devant avec un
Roglic épaulé par
Foss qui pointe à 11’ au général. Les pentes du Mortirolo sont terribles et les forces viennent à manquer aux coéquipiers. On gère comme on peut mais on passe avec un débours de 9’30 au sommet. Il faut dire que devant,
Roglic est monté à bloc et s’est isolé en tête de course. La vallée est longue et
Roglic a sagement attendu ses poursuivants. Nous en profitons pour réduire l’écart mais
Kevin et
Abner sont isolés dès le pied de la dernière ascension.
Abner doit garder la roue de
Kevin le plus longtemps possible et
Kevin gérer au mieux. Il tente de réagir quand
Almeida attaque mais quand il en place une 2e il laisse filer. Puis, quand
Vingegaard attaque à 3 km du sommet,
Kevin suit.
Abner aussi mais il explose à 2km, il se fait reprendre et déposer par le groupe
Christen, par chance,
Sivakov explose en même temps que lui.
Devant
Roglic est reparti va s’imposer en solo.
Almeida est 2e après avoir repris tous les autres échappés.
Kevin perd 32’’ sur le Portugais.
Abner lui abandonne plus de 2’. Au général,
Vingegaard revient à 5’55,
Almeida à 6’ et
Kevin à 6’46’’. Les autres semblent trop loin.
E17.
Le départ en cote nous permet de mieux contrôler. Ils sont tout de même 11 à partir avec
Fisher-Black à 12’ au général et possèdent un matelas de 5’ au pied de la première difficulté du jour. Quand les choses sérieuses commencent à 40km de la ligne l’écart est monté à 7’. Alors que
Mas et
Higuita attaquent,
McNulty fait le boulot pour
Almeida et le peloton explose. Cela fonctionne puisque nous rentrons sur les deux favoris. Dans l’ultime ascension
Christen tente son va-tout et
Vingegaard imprime le tempo en tête du groupe maillot rose.
Sivakov tente de sortir à son tour mais
Vingegaard et
Almeida répondent immédiatement.
Kevin amortit et revient au train. Seulement à 400m du sommet
Abner craque c’est d’autant plus dommageable que
Sivakov est toujours là. Il prend le maillot rose pour 24’’ à
Abner,
Vingegaard revient à 5’ et
Fisher-Black se replace au général juste devant
Kevin, même si
De Bruycker l’a surpris pour la victoire d’étape.
Christen revient aussi dans le jeu. Je ne vois pas comment
Abner pourrait finir devant
Sivakov, ni
Kevin devant
Vingegaard. Sauf coup du sort, la victoire finale n’est plus une option dans ma tête. Vu les écart et le reste du parcours, j’hésite encore sur la meilleure carte entre
Abner et
Kevin pour jouer le podium. Pas facile le boulot de DS en fait !
E18.
Trop fatigué les équipes de sprinteurs n’ont rien pu faire et
Bettiol s’impose depuis l’échappée.
E19.
18 coureurs forment l’échappée du jour avec
Thomson, à 11’ au général.
Citroën contrôle mais l’écart monte.
Higuita attaque dans les pentes les plus raides à 40 km de l’arrivée et prend 2 minutes dans la montée. Heureusement, les
UAE et les
Treck se donnent à fond dans la vallée, ils reprennent
Higuita et reviennent à 7’ de
Thomson.
Vingegaard attaque à 3.5 km de la ligne avec
Mas,
Almeida,
Christen,
Kevin et
Abner dans la roue. Finalement seul le maillot rose manque à l’appel ! On y croit à nouveau !
Devant
Masnada s’impose dans un sprint en petit comité.
Abner lâche le groupe des favoris à 1.7 km de la ligne.
Sivakov a pu compter sur le travail de son adversaire
Roglic et ne perd que 9’’ sur
Abner, je n’ai pas pu y croire trop longtemps. Au général il conserve donc son maillot rose pour 15’’,
Almeida a pris quelques secondes dans le final et grimpe sur le podium à 4’25, 2’’ devant
Vingegaard,
Kevin est 5e à moins d’une minute du Portugais.
E20. Tout va se jouer dans la dernière ascension de ce Giro et ses pentes finales inhumaines.
Tout se jouera entre costauds dans la montée finale.
Fisher-Black met le feu aux poudres en attaquant dès le pied et les favoris se découvrent. Cette fois
Kevin met son train en marche. Cela rentre dans l’ordre et quand
Vingegaard attaque nous sommes encore mal placés, il reste moins de 6km et
Abner et encore bien. Ma décision est prise :
Kevin fera la course pour lui. Mais dans le dernier kilomètre, alors que
Sivakov est pas loin derrière,
Kevin voit
Vingegaard en perdition, alors il accélère et finit 1er favori !
Abner finit à l’agonie et
Sivakov revient à quelques secondes. Au général, il conserve son maillot rose pour 3’’ !
Vingegaard monte sur le podium à 3’09, suivent
Almeida à 3’32 et
Kevin à 3’33.
La bataille du général a occulté la superbe victoire de
Bisiaux depuis l’échappée.
E21.
Sur ce dernier chrono,
Kevin s’impose pour seulement 3’’ sur
Almeida. Il finit sur une bonne note et relativement frais.
Sivakov, survolté finit 4e à 5’’.
Abner est lui, comme prévu beaucoup plus loin atténuant quelque peu ses regrets.
Au général,
Sivakov remporte donc ce Giro à la surprise général.
Abner signe une incroyable 2e place devant le triple tenant
Vingegaard qui malgré un dernier exercice chronométrique décevant conserve son bien.
Kevin double Almeida pour anecdotique 4e place.
Kooij remporte le cyclamen, et l’irlandais
Egan le KoM. Autant la 2eme semaine a été pénible autant la 3e nous aura fait rêver : 2 étapes, la 2e et la 4e place du général, même sans maillot distinctif ce Giro est réussi. Pourtant j’ai l’impression que l’on aurait pu faire mieux cette année eu égard aux circonstances de course et aux erreurs de la concurrence. Il va me falloir un peu de temps pour tout bien analyser et en tirer les leçons pour le futur.