Nizon91 a écrit:https://www.directvelo.com/actualite/127863/dur-d-avoir-ma-chance-emil-herzog-pourrait-changer-d-air
Les torts vont rarement à sens unique. Difficile de savoir si son « non-développement » est uniquement dû à RB, mais il n’y va pas avec des pincettes.
La relation semble en tout cas rompue.
Ça m’étonnerait que son frère reste également dans le giron de RB du coup.
J'ai quand même le sentiment que tu surinterprètes pas mal ce qui est dit

Non pas qu'il n'y ait pas de sujet Herzog, mais de là à considérer qu'il y va brutalement, que la relation est 'rompue' ou que ça signifie quoi que ce soit pour Karl, tu t'emballes pas mal je trouve.
Oui une certaine frustration existe (logique), oui un départ en fin de saison est possible (logique aussi), mais ça ne veut pas dire que la relation commune est d'ores et déjà finie. Lui-même reste ouvert.
Je pense qu'il y a plusieurs problèmes à l'heure actuelle pour Herzog. Le premier, c'est celui de son profil. Ce n'est pas simple pour un coureur polyvalent mais sans spécialisation nette d'émerger. Encore moins dans un effectif ultra dense comme celui de l'équipe actuellement car les chances qu'il y ait peu importe le terrain toujours une ou plusieurs meilleures cartes existera. Sur n'importe quelle course par étapes, les libertés accordées aux uns et aux autres sont forcément réduites. Il y en a peu et forcément il faut les saisir car la densité ne pardonne pas niveau hiérarchie interne.
Ce problème du profil intermédiaire d'Herzog est aggravé par le fait que ni l'équipe ni lui ne savent réellement sur quel pied danser. Faut-il plutôt miser sur le côté gazier, plutôt bosser la montagne, plutôt viser les courses par étapes, plutôt les courses d'un jour? Je comprends parfaitement qu'il soit compliqué de déterminer quelle orientation donner mais le fait est que tatonner sans vraie direction n'aide pas niveau efficacité du développement.
On en vient au troisième problème. Herzog - et on peut le comprendre - est un jeune homme pressé. Il est encore espoir, c'est lui le plus jeune de la WT, dans l'absolu, il n'y a rien qui presse, il a le temps et je dirais même qu'il faut savoir le prendre. Mais c'est forcément compliqué à entendre pour un coureur qui s'est habitué aux premiers rôles dans les rangs juniors. Il est difficile de renoncer à l'ambition après ça. Et même si dans l'absolu prendre le temps n'est pas renoncer à l'ambition, cela peut quand même être perçu ainsi par le concerné. Il va finir sa troisième année (il faut bien réaliser que 3 ans pour quelqu'un de 21 ans, c'est énorme comme temps ressenti) et inévitablement il ne peut que juger que son développement ne va pas assez vite, qu'il n'est pas là où il voudrait être. Et encore une fois, c'est parfaitement naturel. Et peu importe que dans les faits, il n'y a rien de dramatique dans son développement jusque là, il suffit que ça soit vu comme insuffisant pour que ça coince.
Et par rapport à ça il n'y a pas grand chose à faire. La patience ne peut pas se décider pour le coureur, cela dépend de comment il voit les choses. Et in fine, peu importe ses décisions, elles seront légitimes puisque correspondant à ce qu'il perçoit.
Sur le plan de l'équipe, je pense que le cas Herzog est riche d'enseignements (comme Lührs aussi auparavant).
Déjà - et ça rejoint les points précédents-, il démontre toute l'importance de prendre le temps. C'est quelque chose que je martèle assez fréquemment dès que le sujet mercato est abordé mais vraiment cela me semble central. Il faut prendre le temps, ne pas vouloir tout accélérer. C'est important à tellement d'égards pour le développement des coureurs. Cela permet de les tempérer dans leurs ambitions, de leur laisser du temps (et d'insister sur le fait qu'ils aient ce temps justement), de leur enlever du stress. Et du point de vue de l'équipe, cela permet de mieux travailler sur les coureurs, leurs profils, leurs forces, leurs faiblesses, cela permet de mieux les saisir et donc de les développer en accord avec. C'est pour ça que la dévo est si importante. Et clairement Lührs comme Herzog en auraient profité. Mais bon, ce qui est fait est fait.
Là où je pense qu'il y a une critique qui peut être adressée à l'équipe, c'est que dévo ou pas dévo, ça ne change rien qu'il faut toujours avoir une vraie logique de développement pour chacun des coureurs dans l'équipe. Et peu importe que dans la hiérarchie, tel coureur soit au-delà du 20ème rang, si tu viens de le faire passer pro, ça n'a aucun sens de juste le traiter comme un coureur au-delà du 20ème rang dans la hiérarchie. Qu'il y ait ça et là des besoins, c'est parfaitement entendable. Attention simplement à ce que ça ne devienne toutefois pas juste un système de bouche-trou (comme pour Lührs).
Peut-être qu'il y a un plan pour Herzog (ou pour Hajek). Et dans ces cas-là on peut mettre de côté ma remarque. Mais ça ne me paraît pas forcément flagrant. Enfin, quoi qu'il en soit, c'est corrigeable et améliorable.
Pour moi il n'y a pas de fatalité à ce que la relation commune s'arrête. Les deux parties ont de quoi s'accorder si tant est qu'elles le veulent. Après, si Herzog ne se retrouve pas dans la proposition, c'est aussi son droit et ce serait pleinement entendable. S'il veut plus de libertés ailleurs, autant qu'il y aille. Ce qui compte vraiment, c'est que le coureur qu'il est s'y retrouve.