.
_ Re
_ Bon, je pensais passer une super semaine de vacance avec ma famille, mais mes troubles mentaux sont venus me rappeler avec leur
délicatesse habituelle (c'est-à-dire par un trouble anxieux généralisé m'empêchant de dormir, lol), que eux-aussi font partie du voyage. Du coup, retour express à la maison

. Heureusement, j'ai bien dormi et je vais mieux, donc je vais pouvoir poursuivre mon travail.
Hundsruck a écrit:styreiz le maudit a écrit:.
_ Étape 5 de Burgos (Lagunas de Neila) dans un peu plus d'une semaine car je vais être indisponible pendant quelques jours.
Avant de partir pourrais tu nous faire le Ventoux du Tour féminin avec la "perf" de PFP qui nous affirme qu'elle a le niveau de 2025.... Merci d'avance

_ Concernant les épreuves de vélo féminines, je ne les évalue habituellement pas parce que :
- j'ai pas le temps
- il y a l'air d'y avoir pour l'instant moins de
mutation- j'ai pas les seuils précis (il faudrait que je refasse tout un modèle entier)
- le cyclisme féminin a encore beaucoup de retard de professionnalisation et de budget sur celui masculin (ce qui se ressent sur les perfs et sur la difficulté à établir les seuils féminins).
_ Néanmoins, j'ai tout de même quelques repères de base, à savoir les ordres de grandeur de déficit en w/kg chez les femmes par rapport aux hommes :
- un peu plus de 20% en perf max (1-qqls sec)
- un peu moins de 20% en sprint long (1 min)
- environ 15% en PMA (5 min)
- un peu plus de 10% (11,1% en s'inspirant de l'athlétisme) au seuil (1H)
- environ 10%, voire moins, pour les durées supérieures
_ Selon Portoleau, le déficit de performance pour les femmes en W/kg sur les efforts de 50 min, proches de 1h, serait supérieur à 15% (17,2%). Une autre étude prenant des données de 2013 à 2021 donne un résultat semblable pour les efforts de 1h (14,6%). Toutefois, si ces études montrent bien les écarts réels en course au cours des années 2010, ces derniers sont je pense plus élevés que les écarts qu'on obtiendrait pour des raisons purement physiologiques. En effet, le cyclisme féminin subissait, et subit toujours, un gros retard en terme de budget et de professionnalisation par rapport au cyclisme masculin. De son côté, Coggan donnait 11%, ce qui est plus bas que ce que donne les 2 autres études, et peut-être plus proche de l'écart physiologique réel. De mon côté, j'ai décidé de m'inspirer de l'athlétisme, discipline aujourd'hui bien plus égalitaire tant en terme de budget que de matériel et de
super-préparation. En comparant les 2 records du semi-marathon homme et femme 2021 (57°30' et 1h02°52'), cela donne environ 8,54% de déficit en vitesse pour les femmes. En passant en puissance (60,6% proportionnel à la vitesse, 20,4% à la puissance 1,7 pour ces vitesses avec les masses en mouvement, et 19,0% au cube avec les frottements de l'air), cela nous donnerait un déficit de 12,9% pour les femmes, ramené à 11,1% en tenant compte des différences de gabarits, très proche des données de Coggan, soit une division par 0,889 pour passer en équivalent masculin. Cet écart inclue aussi les différences moyennes de gabarits homme-femme. Du coup, en multipliant ou divisant par ce facteur, on navigue aussi entre gabarit-étalon-homme et gabarit-étalon femme. Autrement dit, il ne donne pas la différence homme-femme à gabarit identique, mais la différence avec leurs deux gabarits-étalon respectifs.
sources : (
https://lepetitpignon.com/profil-de-pui ... -cyclisme/ ;
https://x.com/pl_valenzuela/status/1452551406305660932 ;
https://www.chronoswatts.com/news/201/)
_ Les 3 perfs à analyser (disons 2+1) se situent autour de 1H, donc c'est pratique. Je les converti d'abord en W/kg pour un gabarit-étalon femme, puis je divise par le déficit de performance femme (ici 0,889) pour avoir l'équivalent homme en gabarit-étalon homme (celui qui correspond au gabarit-étalon que j'utilise pour toutes mes mesures habituelles), avant de finalement multiplier par 70 pour passer en W_étalon (ceux que j'utilise d'habitude). A noter que le coefficient de déficit de performance fait naviguer d'après ce qui a été dit plus haut en même temps de homme à femme et de gabarit-étalon homme à gabarit-étalon femme. Je prends 1m85 et 70kg pour le premier, puis 1m70 et 55kg pour le second. Les 2 femmes mesurées sont vers 1m65 pour 48 kg en forme max. Voici les analyses :
- PFP 5,07 W/kg en 1H05°02'

4,96W/kg_(Fé)

5,58 W/kg_éqHé

390,5 Wé
- NuevaDonna (Bédoin) 5,15 W/kg en 1H06°10'

5,04 W/kg_(Fé)

5,67 W/kg_éqHé

396,7 Wé
- NuevaDonna (St-Estève) 5,23 W/kg en 55°22'

5,12 W/kg_(Fé)

5,76 W/kg_éqHé

402,9 Wé
sources :
https://x.com/ammattipyoraily/status/20 ... 34/photo/1 ;
https://x.com/ammattipyoraily/status/19 ... 3652354468 ;
https://x.com/L_Calmejane/status/2085758776397742088)
_ La première conversion est importante parce que les W/kg à 55 kg sont légèrement plus bas que ceux à 48 kg, environ -2%, par rapport à la masse fixe du vélo et aux frottements de l'air non proportionnels à la masse. Cela est à peu près compensé par une capacité à produire des W/kg un peu plus élevée chez les petits gabarits à cause d'effets de masses en mouvements alternés moindres.
_ Avec tout cela, je trouve des performances bien sûr de bon aloi, mais allant de nettement humaines à moyennement humaines (59%-66%). En y ajoutant la pré-fatigue du début de l'étape (un peu plus élevée pour PFP car son étape était plus difficile au début), soit 10-20%, on doit probablement tourner autour de 80% de fatigue totale, soit un niveau légèrement humain. Donc des performances élevées, dignes de professionnelles world tour, mais rien de surhumain (contrairement à chez les mecs

). Quant à PFP, soit elle ment, soit elle bat ses records de W absolus, mais avec un poids sensiblement plus élevé que l'année dernière (ce qui est presque logique tellement elle était émaciée). Bref, pas grand chose à signaler de ce côté-ci.