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_ Pour répondre à tatamix, ce à quoi Lambot fait référence en parlant de dopage sanguin amélioré consiste non pas en du sang à proprement parler, mais en des hémoglobines de synthèse conservées sous forme de poudre lyophilisée, et injectée dans les veines après avoir été dissoutes dans du sérum physiologique. L'avantage est que la réaction de l'organisme à ces dernières dépend de celle qui est injectée : autant les anciennes hémoglobines de synthèse pouvaient être dangereuses, autant les plus récentes seraient peu susceptibles de déclencher des allergies (notamment celle de vers marin, dont les premiers essais sur les grands brûlés ont été prometteurs). Donc injecter un corps étranger n'est pas systématiquement susceptible de causer une réaction immunitaire.
_ Moi non plus, je ne vois pas les coureurs se faire aujourd'hui des transfusions avec du sang qui n'est pas le leur, car même si cela a quelquefois été effectué par le passé, il y a alors un risque de bêtement se faire prendre pour pas tellement d'avantages en plus. Sauf que justement, il n'est pas ici question de sang stricto-sensu, mais d'un seul de ses composants : l'hémoglobine. Habituellement, la nôtre est encapsulée dans nos globules rouges. Mais il s'agit cette fois de l'utiliser sous forme libre. S'il en résulte certes une faible demie-vie, cela permet aussi de contourner le passeport sanguin, qui ne s'occupe pas de l'hémoglobine libre.
_ D'ailleurs, que certains coureurs "s'injectent tout et n'importe quoi dans leurs chambres d'hôtel" est avéré. Par exemple, Mauro Gianetti avait lui-même et malgré les risques encourus essayé les PFC, alors en début d'expérimentation et encore notoirement dangereux. Il avait failli y laisser sa vie. Comme quoi, certains sont vraiment prêts à tout pour prendre une longueur d'avance sur la concurrence.
_ Si se lancer à essayer des produits/méthodes de dopage expérimentales est plus risqué que se contenter de méthodes éprouvées, c'est aussi l'espoir, en cas de bonne réponse à un produit efficace, de prendre un avantage sur la concurrence et d'obtenir des résultats avant que celle-ci ne rattrape son retard. Pour cette raison, certains sont prêts à prendre le risque inhérent à l'usage de produit expérimentaux et médicalement non approuvés. Par exemple Gianetti avec les PFC. Ou bien certains cyclistes qui sont morts dans des circonstances suspectes, probablement à cause de l'EPO (
https://www.cyclisme-dopage.com/actuali ... ion-fr.htm) Celle-ci a été isolée en 1985 et approuvée en 1989, mais elle a visiblement été expérimentée dès 1987 et utilisée en course dès 1988, donc alors qu'elle était encore expérimentale. Plus récemment, l'hémoglobine de synthèse humaine H7379 a été utilisé par des cyclistes du réseau Aderlass. Elle y a été utilisée dès 2016, alors même qu'elle n'était pas encore sur le marché (
https://www.cyclisme-dopage.com/dossier ... e15-fr.htm).
_ Il en ressort que certains coureurs sont prêts à utiliser des produits non approuvés encore en phase d'expérimentation médicale, et que les hémoglobines de synthèse sont bien utilisées dans les pelotons depuis plusieurs années. Ça, ce n'est pas des conneries, c'est avéré. Partant de là, il est raisonnable d'envisager que depuis lors, des hémoglobines de synthèse plus puissantes ont été découvertes ou créées, et circulent clandestinement au plus haut niveau, ce qui expliquerait pourquoi on constate au cours de cette décennie des hausses de performance comparables à celles de l'époque EPO, ce que l'hypoxie ne peut pas faire. En effet, si l'entraînement en hypoxie a bien évidemment des bénéfices sur les performances aérobies, on reste très loin de ce que permettait l'EPO lorsqu'elle était dosée à fond, pendant les années 1990. Elle a déjà été systématisée par Sky lors de la décennie précédente, et pourtant ça roulait beaucoup moins vite qu'aujourd'hui. Donc ce n'est pas tellement grâce à ça que les performances aérobies ont récemment explosées.