Comment lutter contre le dopage ?

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Pensez vous qu’on peut arrêter le dopage?

Oui, il pourrait totalement disparaître.
3
4%
On peut le diminuer, mais il existera toujours des tricheurs.
54
68%
On ne peut rien changer, les pharmacies et technologies ayant toujours un temps d’avance sur la lutte anti dopage.
20
25%
Le dopage n’a jamais existé, pas besoin de l’eliminer.
2
3%
 
Nombre total de votes : 79

Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar Tekrunner » 21 Mar 2019, 14:42

Polo a écrit:
Coxo a écrit:
Polo a écrit:Améliorer les contrôles tout simplement et cibler un peu plus les équipes les plus "douteuses".

Pour créer des débats du genre favoritisme ?
Nan il faut juste plus de contrôles tout court.
À la rigueur un contrôle obligatoire du vainqueur/ du podium de chaque course mais faut surtout pas que ce soit l'AMA qui gère ça. Ces fzdp se font acheter beaucoup trop facilement et font des contrôles une fois tout les 32 du mois...
Et puis en cas de dopage le coureur serait banni à vie et écarté du milieu cycliste. Et à la rigueur 2 mois de taule et une petite amande pour marquer le coup + Suppression de tout le palmarès du coureur et remboursement des prix.
Il faut qu'un dopé perde tout s'il se fait chopper, ya aucun autre moyen que la peur pour lutter contre la triche.
Dans certains pays musulmans, si un individu se fait attraper pour vol, on lui ampute la main.
Les mecs perdent tout, ils ne peuvent plus voler, ils perdent leur réputation et ont du mal à trouver un travail...
Pas que je veuille en arriver là et couper les 4 membres de Valverde mais on peut remarquer à travers cet exemple que la sanction est tellement rude, qu'il y a un nombre de voleurs très faible.
Et puis après tout le dopage, c'est du vol... Le vol de la victoire et du prix associé.


Oui ba ta société j'en veux pas hein :mrgreen:

Tout le monde mérite une seconde chance. ;)

Et puis citer les pays musulmans... pas sur que ce soit les meilleurs exemple de liberté hein :mrgreen: . Ta vision se rapproche énormément de celui d'un régime autoritaire voir totalitaire à mon gout. Je le répète encore mais on considère limite les dopés comme des criminels, et je trouve ça complètement absurde.

Que le medecin qui dope sciemment ses patients soit considéré comme un délit très grave oui, mais n'oublions pas que le sportif est le plus souvent la victime indirecte et le seul qui paye pour tout le monde.


Surtout qu'on n'en sait rien de s'il y a effectivement peu de vols ou pas dans ces pays, vu qu'on ne peut pas faire confiance à leurs statistiques. Ce sont aussi les mêmes pays où certains vont affirmer que l'homosexualité n'existe pas chez eux (alors que ça existe et a existé de partout et de tout temps, y compris là où c'est puni de mort), ou bien que le rapport entre le nombre d'hommes et de femmes est très différent du reste du monde, ce qui justifie qu'un homme puisse se marier avec de multiples femmes. Alors prendre ce genre de cas comme exemple de l'effet dissuasif des sanctions...

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar jeje63 » 22 Mar 2019, 12:28

rbl85 a écrit:Ce qu'il faut faire c'est d’être dans l'anticipation et non plus dans la réaction. Faut mettre des chercheurs/médecins (ce que vous voulez) dont l'unique travaille sera de chercher tout les moyens existant pour se doper afin que la lutte anti-dopage ne soit plus en retard mais en avance.


Donc ton idée c'est de chercher les futurs produits "à la mode" quoi. :niais:

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar Nico73 » 22 Mar 2019, 15:47

Polo a écrit:Améliorer les contrôles tout simplement et cibler un peu plus les équipes les plus "douteuses".

L'image du vélo est déjà pas bonne, mais si en plus on fait des descentes "préventives" de façon régulière et/ou à la moindre suspicion/dénonciation on va donner l'impression qu'on est dans un cartel de la drogue.

Y aura toujours des tricheurs (dans tout les sports d'ailleurs), mais un moment donné faut arrêter de les considérer comme des criminels. A chaque affaire les coureurs sont lynchés en place public comme si ils avaient tué ou violé des gosses. Alors ok, le mec a triché, il doit être sanctionné je suis d'accord mais faut aussi resté mesuré dans les propos.

Un coureur (sportif) qui se dope, c'est contraire à l'éthique oui, mais ça me parait moins grave qu'un mec qui roule à 220 sur l'autoroute par exemple.



Enfin bref, me suis un peu épanché, du coup je sais pas si vous saisissez le fond du message. :mrgreen:

A mon sens, ça ne marche pas ...

Dejà est-ce que une équipe où chacun est libre de bricoler est plus ou moins douteuse qu'une équipe où le dopage est organisé ? Il y a pourtant plus de chances de le voir dans le premier cas que le deuxième ...

Ensuite, comment tu cibles des équipes douteuses ? Quelle équipe est douteuse ? Sur quelle preuve ?

Enfin, c'est la porte ouverte pour des équipes vues comme irréprochables pour faire ce qu'elles veulent (plus en tout cas que les équipes que tu considères "douteuses").

Pour moi ce n'est pas ou tout noir ou tout blanc ... Et on l'a bien vu avec Preidler ... Demande au grand public quelle équipe est la plus douteuse entre Sky ou G-FDJ, la réponse ne fera aucun doute. Et pourtant ...
On ne peut donc pas se permettre de cibler la lutte antidopage pour moi ...

Bref, il faut que l'AMA prenne ses responsabilités dans les cas où c'est nécessaire (suivez mon regard ...) et continuer à affiner les contrôles. Il ne faut pas perdre de vue le fait que dans ce sport on trouve des cas de dopage car on les cherche. Ce n'est pas le cas dans tous les sports. Mais à partir du moment où l'on a fait le choix de ne plus passer sous silence le dopage alors il faut que ceux qui se dopent paient vraiment, ou sinon on dévalorise ceux qui sont propres par conviction ou par respect des règles.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar Polo » 23 Mar 2019, 18:55

Nico73 a écrit:
Polo a écrit:Améliorer les contrôles tout simplement et cibler un peu plus les équipes les plus "douteuses".

L'image du vélo est déjà pas bonne, mais si en plus on fait des descentes "préventives" de façon régulière et/ou à la moindre suspicion/dénonciation on va donner l'impression qu'on est dans un cartel de la drogue.

Y aura toujours des tricheurs (dans tout les sports d'ailleurs), mais un moment donné faut arrêter de les considérer comme des criminels. A chaque affaire les coureurs sont lynchés en place public comme si ils avaient tué ou violé des gosses. Alors ok, le mec a triché, il doit être sanctionné je suis d'accord mais faut aussi resté mesuré dans les propos.

Un coureur (sportif) qui se dope, c'est contraire à l'éthique oui, mais ça me parait moins grave qu'un mec qui roule à 220 sur l'autoroute par exemple.



Enfin bref, me suis un peu épanché, du coup je sais pas si vous saisissez le fond du message. :mrgreen:

A mon sens, ça ne marche pas ...

Dejà est-ce que une équipe où chacun est libre de bricoler est plus ou moins douteuse qu'une équipe où le dopage est organisé ? Il y a pourtant plus de chances de le voir dans le premier cas que le deuxième ...

Ensuite, comment tu cibles des équipes douteuses ? Quelle équipe est douteuse ? Sur quelle preuve ?

Enfin, c'est la porte ouverte pour des équipes vues comme irréprochables pour faire ce qu'elles veulent (plus en tout cas que les équipes que tu considères "douteuses").

Pour moi ce n'est pas ou tout noir ou tout blanc ... Et on l'a bien vu avec Preidler ... Demande au grand public quelle équipe est la plus douteuse entre Sky ou G-FDJ, la réponse ne fera aucun doute. Et pourtant ...
On ne peut donc pas se permettre de cibler la lutte antidopage pour moi ...

Bref, il faut que l'AMA prenne ses responsabilités dans les cas où c'est nécessaire (suivez mon regard ...) et continuer à affiner les contrôles. Il ne faut pas perdre de vue le fait que dans ce sport on trouve des cas de dopage car on les cherche. Ce n'est pas le cas dans tous les sports. Mais à partir du moment où l'on a fait le choix de ne plus passer sous silence le dopage alors il faut que ceux qui se dopent paient vraiment, ou sinon on dévalorise ceux qui sont propres par conviction ou par respect des règles.


Je te rejoins dans les grandes lignes. Rien n'empêche un coureur de "bricoler" tout seul dans son coin dans une équipe ayant pourtant une bonne réputation (on vient d'en avoir un bel exemple comme tu le cites toi même).

J'étais plutôt dans l'esprit de "plus de contrôles chez les équipes qui gagnent beaucoup" mais d'un côté ça doit déjà être le cas. Peut être un contrôle systématique d'au moins 2 des 3 coureurs sur le podium d'une épreuve (en plus de ce qui existe déjà). Après, je suis comme tout le monde, j'ai pas de solutions miracles. Le dopage a toujours existé et existera toujours, la dessus on y peut rien, mais je suis quand même persuadé qu'on est très loin de la période pré-affaire Festina quand même.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar morti rolo » 08 Mai 2019, 20:50

Sur le Tour de France il me semble qu' on controle tout les jours le maillot jaune, les trois premiers de l' étape et 5 coureurs par tirage au sort plus 5 ou 6 coureurs "ciblés". Une étape c' est environ 15 controles du coup.

J' imagine que sur les classiques c' est pareil, tout le podium est controlé plus une dizaine de coureurs au tirage au sort.

En gros ça doit etre cela mais si quelqu' un a plus de précisions je suis preneur.

Je me rappelle d' anecdote dans un livre ou le gars avait volontairement terminer quatrième car il se savait dans le "rouge" et voulait éviter une des trois premières places qui menait directement au controle.

Les autres maillots distinctifs sont souvent controlés mais c' est pas automatique, ils font souvent partis des coureurs "ciblés" à cause de leur performance.

Du coup certains équipiers sont très rarement controlé sur un GT, hormis ceux désignés par le tirage au sort.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 29 Juin 2025, 21:01

Je viens de retrouver ce topic et j'y ai lu les quelques messages, en me replongeant dans le contexte lors duquel ils ont été écrits afin de mieux les comprendre.

Mais avec le recul, j'ai l'impression qu'on a vraiment changé d'époque en seulement quelques années, du moins concernant le vélo.

Ces performances qui explosent, ces records plus que sulfureux qui tombent les uns après les autres.
On se croirait revenus aux beau milieu des années 90.

J'ai pas le temps d'entrer dans les détails parce qu'il est tard, mais en croyant assainir le milieu, on ne fait en réalité que suivre un cycle ennuyeux :

Des méthodes/produits puissants et novateurs se répandent. D'abord les instances sont dépassées, donc sont au début impuissantes.
Puis ces produits/méthodes deviennent la norme et sont omniprésents.
Puis une ou quelques affaires révèlent tout ce capharnaüm au grand jour.
Du coup, ça s'agite dans tout les sens et on perd du temps.
Des têtes tombent de tout les côtés, c'est la valse des postes.
Mais malgré tout, le schmilblick finit par avancer et des mesures sont prises pour juguler les produits/méthodes mises en lumière.
Du coup les performances se réduisent un temps, ça ralentit, ça se calme, ça serre les fesses.
Cela jusqu'à la découverte de nouveaux produits/méthodes, et l'on repart pour un tour.

Dans ces conditions, j'en viens à douter de l'approche antidopage actuelle, et même du principe d'antidopage tout court.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar Mathieu Lourdot » 30 Juin 2025, 10:51

Polo a écrit:
Nico73 a écrit:
Polo a écrit:Améliorer les contrôles tout simplement et cibler un peu plus les équipes les plus "douteuses".

L'image du vélo est déjà pas bonne, mais si en plus on fait des descentes "préventives" de façon régulière et/ou à la moindre suspicion/dénonciation on va donner l'impression qu'on est dans un cartel de la drogue.

Y aura toujours des tricheurs (dans tout les sports d'ailleurs), mais un moment donné faut arrêter de les considérer comme des criminels. A chaque affaire les coureurs sont lynchés en place public comme si ils avaient tué ou violé des gosses. Alors ok, le mec a triché, il doit être sanctionné je suis d'accord mais faut aussi resté mesuré dans les propos.

Un coureur (sportif) qui se dope, c'est contraire à l'éthique oui, mais ça me parait moins grave qu'un mec qui roule à 220 sur l'autoroute par exemple.



Enfin bref, me suis un peu épanché, du coup je sais pas si vous saisissez le fond du message. :mrgreen:

A mon sens, ça ne marche pas ...

Dejà est-ce que une équipe où chacun est libre de bricoler est plus ou moins douteuse qu'une équipe où le dopage est organisé ? Il y a pourtant plus de chances de le voir dans le premier cas que le deuxième ...

Ensuite, comment tu cibles des équipes douteuses ? Quelle équipe est douteuse ? Sur quelle preuve ?

Enfin, c'est la porte ouverte pour des équipes vues comme irréprochables pour faire ce qu'elles veulent (plus en tout cas que les équipes que tu considères "douteuses").

Pour moi ce n'est pas ou tout noir ou tout blanc ... Et on l'a bien vu avec Preidler ... Demande au grand public quelle équipe est la plus douteuse entre Sky ou G-FDJ, la réponse ne fera aucun doute. Et pourtant ...
On ne peut donc pas se permettre de cibler la lutte antidopage pour moi ...

Bref, il faut que l'AMA prenne ses responsabilités dans les cas où c'est nécessaire (suivez mon regard ...) et continuer à affiner les contrôles. Il ne faut pas perdre de vue le fait que dans ce sport on trouve des cas de dopage car on les cherche. Ce n'est pas le cas dans tous les sports. Mais à partir du moment où l'on a fait le choix de ne plus passer sous silence le dopage alors il faut que ceux qui se dopent paient vraiment, ou sinon on dévalorise ceux qui sont propres par conviction ou par respect des règles.


Je te rejoins dans les grandes lignes. Rien n'empêche un coureur de "bricoler" tout seul dans son coin dans une équipe ayant pourtant une bonne réputation (on vient d'en avoir un bel exemple comme tu le cites toi même).

J'étais plutôt dans l'esprit de "plus de contrôles chez les équipes qui gagnent beaucoup" mais d'un côté ça doit déjà être le cas. Peut être un contrôle systématique d'au moins 2 des 3 coureurs sur le podium d'une épreuve (en plus de ce qui existe déjà). Après, je suis comme tout le monde, j'ai pas de solutions miracles. Le dopage a toujours existé et existera toujours, la dessus on y peut rien, mais je suis quand même persuadé qu'on est très loin de la période pré-affaire Festina quand même.


Les contrôles, il y en a depuis très longtemps. Pourtant les grosses affaires qui ont réellement permis de faire bouger un peu la lutte antidopage en allant taper sur ces gros leaders ne viennent pas de contrôles positifs.

Festina : tout part de l'interpellation de Willi Voet par la gendarmerie (ou les douanes). L'homme était déjà suivi de près du fait des soupçons portés sur l'équipe.

Le Blitz de San Remo : une enquête sur un réseau qui débouche sur une descente de police qui va permettre de coincer plein de coureurs.

Puerto : Jésus Manzano qui a failli mourir suite à une poche mal conservée dénonce Fuentes. Ca permet de remonter une grosse partie de la clientèle dont quasi tous les gros leaders du TDF.

Armstrong : il y a son contrôle positif de 99 (mais qui sort 3 ans plus tard). Mais le gros de l'affaire c'est la dénonciation par ses anciens coéquipiers des pratiques de l'Américain et son équipe.

Telekom : 20 ans après les faits, une chercheuse enquête sur l'équipe Allemande et finit par trouver des trucs.

Aderlass : enquête de police qui déploie des moyens énormes et remonte toute une filière

Au final, les leaders sont beaucoup plus tombés sur des pures enquêtes de police que par les contrôles.
Le plus souvent ça vient d'une erreur type Hamilton qui avait cramé toute sa réserve de sang et fait une transfusion analogue aux JO, Landis ou Ricco qui chargent la mule et clignotent rouge, Pantani qui passe au dessus des 50% l'hématocrite, les amphets d'Ulle (hors compétition, les mphets c'était presque le moins pire de ce qu'il a pris), le steak de Contador (ce serait étonnant qu'il n'ait tourné qu'au Clembuterol) ou le salbutamol de Froome (comme Contador, s'il ne prenait que ça, c'est peanuts)

La plupart des autres leaders, pourtant très contrôlés, sont quand même passés très souvent à travers les mailles du filet.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar gha92 » 18 Juil 2025, 01:24

Et ça permet d'entendre chaque année le classique "j'ai subi 500 contrôles et je n'ai jamais été positif" cher à non attribué. On le ressort maintenant pour Pogi, Vinge, Djoko, Nadal, à tout va. Ils n'ont jamais été contrôlés positif donc ils sont propres.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 29 Nov 2025, 14:22

Je vais bientôt poster ici une série de plusieurs commentaires.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 01 Déc 2025, 21:31

Les racines du dopage

___ On le sait aujourd’hui la plupart du temps, le dopage existe significativement dans le sport, non seulement dans le sport professionnel, mais pas que. De plus, il existe aussi en-dehors du sport, dans le reste de la société. Chacun qui connaît son existence a un avis dessus (ou alors s’en fout, lol). Mais ce qui est sûr est que s’il existe, alors c’est qu’il a des racines socio-matérielles, dont l’étude est donc la clé de sa compréhension. On ne peut ainsi pas comprendre le dopage sans les connaître. Je me dois donc d’y revenir rapidement si je veux avoir un avis construit dessus. Mais encore faut-il tout d'abord définir ce qu’est le dopage.

___ Une définition qui ressort en premier lieu est la définition légale : il s’agit de l’utilisation, par des sportifs compétiteurs, de substances ou de méthodes interdites, figurant sur une liste établie chaque année par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). Mais cette définition présente plusieurs défauts. Tout d’abord, elle restreint le dopage aux seuls sportifs compétiteurs, excluant de fait les conduites dopantes qu’on peut trouver en-dehors du sport compétitif, voir en-dehors du sport tout court. Deuxièmement, elle le restreint à ce qui a été découvert et interdit, excluant de fait des procédés encore légaux, mais concrètement bel et bien dopants. Par exemple, les transfusions sanguines ont été interdites en 1985, mais leur effet dopant a été, est, et sera présent, qu’elle soit interdite ou non, parce que cet effet dopant est matériel et non législatif. Lorsqu’elles étaient autorisées, avant 1985, elle possédait donc déjà des effets dopants. Leur interdiction condamne la pratique, mais ne retire nullement ses effets dopants, ce pourquoi elles ont continué à être pratiquées en cachette jusqu'à aujourd'hui.
_ Il nous faut donc une autre définition du dopage. Celle-ci ne doit pas se limiter aux aspects (il)légaux, mais concerner l’ensemble des pratiques, des conduites dopantes. Il faut aussi qu’elle ne se limite pas au sport, mais concerne l’ensemble de la société. Je propose donc la définition suivante :

_ Le dopage désigne ainsi par définition le fait d’utiliser des substances ou des méthodes de nature à accroître artificiellement les performances d'une personne ou d'un animal en vue d’accomplir ou mieux remplir un objectif donné. Par artificiellement, il faut entendre : « qui dépasse le cadre de la physiologie naturelle ».
_ En cela, le dopage se distingue de l’action de se droguer : là où se droguer a des motivations récréatives ou addictives, le dopage vise à augmenter ses performances par rapport à des objectifs concrets (bien que la frontière entre dopage et drogue puisse être assez poreuse, surtout avec certaines substances, le boost de performance pouvant être utilisé à des fins récréatives ou rendre accroc.)

___ On a donc maintenant en main une définition acceptable du dopage. Il nous faut alors maintenant étudier ses racines, c’est-à-dire trouver les raisons fondamentales de l’existence et de l’utilisation de « substances ou des méthodes de nature à accroître artificiellement les performances d'une personne ou d'un animal en vue d’accomplir ou mieux remplir un objectif donné».

A suivre...

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar HPRMP » 01 Déc 2025, 23:08

Je peux te piquer la définition ? :angel

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 02 Déc 2025, 08:20

HPRMP a écrit:Je peux te piquer la définition ? :angel

Absolument aucun problèmes. 8) Mon contenu est disponible pour tous et toutes.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 03 Déc 2025, 09:49

Suite d'avant :

____ Parmi celles-ci, il y a d’abord les plus évidentes, celles qui sont intrinsèquement liées au sport compétitif. Il y a en premier lieu le principe même de compétition sportive : pour atteindre l’objectif qui a été fixé, il faut être un minimum performant. Qu’il s’agisse de gagner une compétition, de viser une bonne position finale ou de simplement bien remplir son rôle d’équipier, ou le rôle attribué dans l’équipe, il faut être un minimum efficace, avoir un minimum de capacités physiques, au moins suffisamment pour s’en sortir par rapport aux autres, sinon pour gagner, voire pour dominer. Et atteindre ce minimum requis suppose parfois d’avoir recourt au dopage.
_ Il y a non seulement le principe de compétition, mais aussi l’enjeu sportif associé. C’est l’enjeu qui stimule l’esprit de compétition, qui aiguise la concurrence entre les gens/équipes, et qui les pousse parfois à se doper pour être à la hauteur. Car pourquoi se doper dans une compétition sans enjeux ? Cela n’aurait aucun sens. De toute manière, la compétition et son enjeu sont usuellement inséparables, ainsi l’esprit de compétition coexiste toujours avec un enjeu associé.
_ On comprend par là que si le principe de compétition ne varie pas (il y a présence de compétition ou il n’y a pas de compétition), c’est tout le contraire pour l’enjeu : il est plus ou moins élevé. Notons que l’enjeu total ne se limite pas au seul enjeu sportif, mais inclue aussi les autres (rivalités individuelles, de groupe, d’entreprise, géopolitiques…). Plus l’enjeu total est élevé, plus le résultat est alors crucial, plus la tentation est donc forte de se doper pour atteindre l’objectif voulu. On observe ainsi dans le sport que plus l’échelon compétitif est élevé, plus le dopage tend à être présent (à des degrés variables selon les sports), lourd et surtout efficace. D’un côté c’est logique : plus les gains potentiels sont élevés (argent, gloire, notoriété, reconnaissance et ascension sociale…), plus les coûts et les risques pris en valent potentiellement la chandelle.
_ Vu que le sport de haut niveau combine esprit de compétition affirmé et enjeu total élevé, alors on peut penser qu’il est consubstantiel au sport de haut niveau de chercher à améliorer ses capacités et ses performances, y compris par le dopage.

___ Ces 2 facteurs sont abordés sous l’angle du milieu sportif compétitif, mais ne lui sont pas du tout spécifiques. En cas de compétition exacerbée générale autour d’un enjeu majeur, par exemple au cours d'une guerre totale entre États, les différentes parties prenantes peuvent tout à fait avoir recourt à des substances dopantes pour améliorer les performances des soldats, ou des travailleurs. Cela s’est typiquement vu pendant la seconde guerre mondiale. Dans son cas, on pense surtout au troisième Reich et à ses pilules de pervitine (crystal-meth), ou au Japon impérial et son Philopon, prononcé "hiropon" (la même substance), mais les autres ont aussi bien bien salé la soupe (les US et les amphétamines). De fait, si le dopage est usuellement nommé comme tel uniquement dans le sport compétitif, on pourrait pourtant aussi parler de dopage dans le cas de phénomènes sociaux extérieurs au milieu sportif.

A suivre...
Modifié en dernier par styreiz le maudit le 05 Déc 2025, 09:35, modifié 1 fois.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 04 Déc 2025, 09:57

Suite d'avant :

____ Non seulement le dopage pourrait aussi regrouper des phénomènes extra-sportifs, mais certaines de ses racines sont aussi elles-mêmes extra-sportives. Par exemple la société de classe. Nos sociétés sont des sociétés de classe, c’est-à-dire qu’elles sont stratifiées en fonction des positions occupées dans la société, en fonction de position déterminées issues de rapports sociaux déterminés, ici essentiellement économiques, surtout ceux de production. Selon la position qu’on occupe dans un rapport d’exploitation ou de propriété, alors on appartient à telle ou telle classe sociale. Et quand on est issu d’un milieu défavorisé, d’une classe sociale exploitée voire marginale, ou encore d'une classe moyenne en ayant des perspectives d'ascensions sociale un peu bloquées, alors le sport peut constituer un moyen d’ascension sociale, de reconnaissance sociale, de gloire, dont le dopage peut bien évidemment faciliter l’obtention. Cela vaut pour toutes les sociétés de classe, pas seulement pour les sociétés capitalistes : par exemple, à l’époque des JO antiques, réalisés dans la Grèce esclavagiste, il y avait déjà des tentatives de dopage (aux testicules de moutons, à la strychnine et aux champignons hallucinogènes, lol https://www.onad-monaco.mc/blog/dopage- ... istoire-1/).

_ Outre les classes sociales dont ils sont la cause, les rapports sociaux eux-mêmes peuvent faire partie des racines du dopage. Il s’agit principalement des rapports d’exploitation. Un rapport d’exploitation, c’est la façon dont l’exploitation est effectuée. L’exploitation, c’est le surtravail, c’est-à-dire le travail effectué en plus du nécessaire par les classes exploitées pour le compte des classes profitantes, que ce soit pour le revenu de celles-ci ou pour que celles-ci fassent étendre la société. L’existence de l’exploitation induit une recherche de productivité : pour que le surtravail soit suffisant, il faut que ceux qui travaillent soient suffisamment productifs. Cette recherche de productivité peut passer par plusieurs moyens, y compris par l’usage de procédés dopants. Cette recherche de productivité, et les procédés associés, loin de s’appliquer uniquement aux exploités, irriguent toute la société, déteignent sur toutes les classes sociales, ce qui est logique vu qu’elle motive surtout ceux qui en profitent. Le dopage peut donc concerner toutes les couches de la société, par delà le milieu sportif. Qu’on songe par exemple à ces étudiants qui tournent aux amphets pendant les périodes d’examen, à ces cadres qui utilisent des produits semblables pour être plus performant au boulot, à ces artistes qui recherchent plus de créativité, à ces soldats ou acteurs qui touchent aux stéroïdes pour les nécessités de leurs métiers, à ces employés de base qui tournent aux antidépresseurs pour supporter leur boulot et continuer malgré tout à l’effectuer, à ceux qui touchent aux stimulants pour supporter le travail de nuit, ou à ces traders qui cherchent à supporter les décalages horaires. Dans tous ces cas, il s’agit d’être quelque part plus productif, tout comme les sportifs qui se dopent cherchent au fond aussi à être plus productifs lors des entraînements (surcompenser plus) ainsi que des compétitions (le résultat personnel et/ou pour l’équipe).
_ Dans une moindre mesure, on peut en dire de même des rapports marchands : dès lors que la production d'une société circule essentiellement sous la forme de marchandises, alors il y a concurrence sur le marché entre les différents producteurs marchands, concurrence qui induit chez chacun une recherche de productivité pour rester compétitif, à minima pour rentrer dans ses frais. Cette recherche de productivité issue de la concurrence marchande, et les procédés associés, ont les mêmes effets que ceux signalés juste au-dessus pour la recherche de productivité issue de l'existence de l'exploitation, et les procédés associés.
_ Et si le travail lui-même pouvait être ajouté à ces racines ? Après tout, le travail ne désigne pas simplement l’activité de production : il désigne l’activité avant tout, si ce n’est exclusivement productive, celle qui est bien délimité du reste de la vie (par exemple des loisirs), et qui est centrée sur son résultat productif. Si le résultat productif est à ce point fondamental pour une activité de production, alors il devient possible d’avoir recourt à divers procédés pour augmenter, pour améliorer ce résultat productif. Bien évidemment, le dopage peut en faire partie.

A suivre...
Modifié en dernier par styreiz le maudit le 05 Déc 2025, 09:35, modifié 1 fois.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 05 Déc 2025, 09:34

Suite d'avant :

____ Outre ses racines, le dopage a aussi des catalyseurs. Premièrement, plus l’enjeu est haut, plus il y a de tentations au dopage. Mais cela, on l’a déjà dit. Il y a bien sûr aussi des catalyseurs matériels, en premier lieu desquels le développement des forces productives : c’est évident que les produits et procédés dopants sont tendanciellement plus efficaces et plus accessibles avec des technologies et des connaissances supérieures. A l’époque de l’antiquité, les sportifs de l’époque consommaient des testicules d’animaux dans l’espoir de prendre de la force. Alors qu’avec l’industrialisation, ils ont découvert les amphétamines, le chloroforme, etc. Aujourd’hui, les drogues et produits dopants sont pour la plupart aussi faciles d’accès qu’un uber-eat, et ont une action qui peut transfigurer leurs consommateurs en modifiant profondément leur physiologie naturelle.

_ De plus, il y a aussi des catalyseurs sociaux. Par exemple les inégalités entre pays. C’est à peu près le même raisonnement que quand on vient d’un milieu défavorisé, mais le fait de venir d’un milieu défavorisé dans un pays défavorisé (souvent subissant un impérialisme) peut renforcer le rôle du sport comme moyen d’ascension, de reconnaissance et de gloire sociale. Là-aussi, le dopage peut bien évidemment faciliter cette quête.
_ L’influence des inégalités entre pays peut par ailleurs concerner un autre aspect : les rapports de force géopolitiques, la confrontation entre blocs impérialistes, peuvent de même ajouter une pression au dopage : le sport devenant sous leur effet un terrain secondaire des luttes géopolitiques, cela renforce alors l’enjeu global et induit donc une raison supplémentaire du dopage, cette fois plus en provenance des fédérations que des athlètes eux-mêmes, et parfois sans que ces derniers soient entièrement d’accord avec ça.
_ Ensuite, le fait que la société de classe actuelle soit capitaliste est un autre catalyseur : si la quête de productivité existait déjà dans les sociétés de classe précédentes, elle se renforce nettement dans le cadre du capitalisme parce qu’elle est un levier fondamental de son but suprême : la quête de profit et de rentabilité. Si la quête de productivité est plus forte dans le cadre du capitalisme, alors il en va de même des procédés associés, y compris le dopage.

_ Enfin, il y a bien sûr la professionnalisation. Sous l’effet de la division du travail social, ce dernier est réparti entre différents boulots, entre différents corps de métiers. De fait, chacun se spécialise dans une activité qui devient son gagne-pain. Quand on vit d’une activité, alors on est bien plus susceptible de rechercher des méthodes pour y être plus performant, afin de mieux en vivre. Y compris le dopage. La professionnalisation du sport constitue ainsi une rupture par rapport au milieu amateur : quand le sport n’est pas une simple passion, mais notre moyen de vivre, de s’insérer dans la division du travail social, alors il est bien plus tentant d’avoir recourt au dopage : il ne s’agit pas juste de faire une placette dans une coursette, mais de mieux faire le métier, comme on dit. Un petit amateur ne dépend pas tellement du vélo, au contraire d’un pro : ce dernier doit répondre aux attentes de la direction, des sponsors, de sa fédération, de ses coéquipiers, du personnel, de ses propres objectifs de carrière, pas seulement aux attentes de sa propre passion. Si le dopage existe bien sûr chez les amateurs, il est plus présent chez les pros pour les raisons évoquées ci-dessus. Chez les amateurs, le recourt au dopage peut être un échappatoire à des soucis personnels, peut correspondre à des dynamiques de groupe localisées, des clubs aux habitudes particulières, et des motivations variables. Mais chez les pros, le dopage fait système à grande échelle. Leur vie est orientée autour de la performance, ils font régulièrement des sacrifices divers pour progresser, voire rien que pour maintenir leur niveau. Donc dans ce genre de circonstances, s’aider un peu avec le dopage fait tout à fait sens. Plus on monte dans le niveau amateur, et plus l’on se rapproche des pros, plus l’on se rapproche de la professionnalisation, et plus les phénomènes associés sont présents, avec bien sûr le niveau semi-pro comme zone grise.

A suivre...

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar Nifa » 05 Déc 2025, 13:05

Très intéressant.

J'aime bien également ta définition de dopage, mais par contre où se pose la question de la limite ? A partir de quel produit on estime que c'est du dopage ?

Est ce que boire un café le matin d'une course est du dopage ? Est ce que manger des gels rempli de glucose ça en est aussi ?

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 05 Déc 2025, 16:34

Nifa a écrit:Très intéressant.

J'aime bien également ta définition de dopage, mais par contre où se pose la question de la limite ? A partir de quel produit on estime que c'est du dopage ?

Est ce que boire un café le matin d'une course est du dopage ? Est ce que manger des gels rempli de glucose ça en est aussi ?

___ Dans les deux cas, cela vise à être plus performant lors d'une course. Cependant, il existe une distinction fondamentale entre les deux qui fait que l'une est du dopage selon ma définition, et pas l'autre : c'est le rapport à la physiologie humaine. Les gels énergétiques contiennent des glucides. Les glucides sont des macro-nutriments indispensables à la physiologie humaine, notamment pour lui donner de l'énergie. En consommer ne revient donc pas du tout à dépasser la physiologie naturelle, mais seulement à lui permettre de se poursuivre. Donc prendre des gels en course n'est selon ma définition pas du dopage.
_ En revanche, la caféine n'est pas présente dans la physiologie humaine, et ne fait pas partie de ses besoins. Par conséquent, selon ma définition, prendre un café le matin d'une course serait dépasser la physiologie humaine, donc serait du dopage. D'ailleurs, il faut savoir que la caféine était interdite par l'AMA avant 2003, c'est-à-dire que son statu dopant ou non avait été débattu par le passé.

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 06 Déc 2025, 09:21

Suite d'avant :

____ Il existe enfin des facteurs qui influencent les modalités d’expression du dopage. Il y a bien sûr le sport, ou plus généralement le métier effectué, les objectifs de l’utilisateur, son entourage, etc, qui déterminent les produits/méthodes dopantes utilisées le cas échéant. Mais au-delà des facteurs plus individuels, il y a des facteurs sociaux qui se dégagent. Premièrement, si le travail social est répartis entre différents métiers, alors chaque métier comporte ses habitudes, son mode de vie caractéristique. Et les produits dopants associés, surtout pour le sport pro. S’il est de coutume dans un sport déterminé de se doper avec tels produits dopants, alors il y aura une tendance accrue à leur usage, même si ce ne sont pas forcément les meilleurs pour l’objectif recherché. Par exemple l’utilisation des corticoïdes dans le vélo, avec souvent une utilisation abusive qui devient sur la durée nocive pour la performance. Enfin, si le dopage est culturellement ancré dans un sport, alors le recourt au dopage ne sera pas qu’un moyen rationnel d’augmentation des capacités sportives, mais aussi un moyen de s’insérer socialement, de trouver sa place dans le groupe, d’être reconnu socialement en interne. Celui qui le refuse risque alors d’être mis à l’écart de son équipe, voire de son milieu tout entier.
_ Outre la position sociale, l’appartenance de classe peut aussi jouer un rôle sur le rapport au dopage, notamment parce que le rapport au travail diffère selon les classes. Par exemple, le dopage stricto-sensu semble plus limité dans le prolétariat que dans la CMS en-dehors du strict monde du sport pro. Le prolétariat exerçant des fonctions de simple exécutant salarié, avec des tâches souvent peu gratifiantes, son usage de substance est essentiellement récréatif et addictif, mais moins dopant, donc relevant plus de l’échappatoire au travail que de la performance au travail. Si la consommation de drogues en général est bien implantée dans le prolétariat, leur usage a le plus souvent des motivations récréatives et addictives, mais plus rarement dopant, parce qu'il y a moins d'attachement au métier, donc moins de motivations à y être performant. Il s’agit plus d’essayer de se vider la tête pour tenir au boulot que de chercher à y augmenter ses performances. A l’inverse, il est plus fréquent que des cadres utilisent de la cocaïne ou des amphétamines pour être plus performant au boulot, que ce soit pour effectuer des heures supplémentaires tardives, accélérer les cadences, ou masquer la fatigue dès que celle-ci survient à un moment où ils veulent être performants.

_ Il y a aussi des facteurs plus généraux. Par exemple le mode de régulation d’un rapport de production. Ce dernier désigne par définition la façon dont une institution régule un rapport social, c’est-à-dire la manière dont l’institution intervient, son intensité d’intervention, son type d’intervention, plus globalement la forme d’équilibre entre les différents paramètres du rapport social qui sera visé. L’aspect le plus important du mode de régulation est le degré et le type d’intervention de l’État dans l’économie. Par exemple, le mode de régulation en vigueur dans l’UE est à dominante ordolibérale (l’État définit le cadre normatif qui est censé permettre une concurrence libre et non faussée). Ce mode de régulation est souvent associé à un mode d’organisation de la production, qui désigne de son côté un type général de division du travail social à l’intérieur même de la production dans le cadre d’un mode de production déterminé. Il y a quelques décennies, la production industrielle était avant tout effectuée de façon fordiste, puis est passée plus récemment au lean management (toyotisme mondialisé).
_ Il y a un point sur lequel je veux insister : le degré et le type d’intervention de l’État ne sont que des modalités d’expression d’un rapport social, ils ne le définissent pas dans sa nature même. Par exemple, que la direction dans une société capitaliste soit composée de patrons privés ou d’un État-patron, cela reste du capitalisme. Que des salariés soient des salariés du privé ou des salariés d’État (des fonctionnaires), cela reste du salariat. Que le capitalisme d’un pays soit libéral-privé ou entièrement étatisé, cela reste du capitalisme. Ainsi, un certain nombre de régimes soi-disant « communistes » étaient en réalité des capitalismes d’État, où les fonctions qui échoient au marché et à des directions privés étaient centralisés au niveau de l’État. Même la concurrence y existait (la concurrence privée sur le marché cédait sa place à la concurrence entre factions de bureaucrates, dans le plan).
_ Là où je veux en venir est que ces modes de régulation et d’organisation de la production déteignent sur toute la société, y compris le monde sportif, et y compris sur les pratiques dopantes. Par exemple, le lean management est un mode d’organisation dominant qui déteint aujourd’hui sur l’organisation des grandes équipes world tour, y compris en cas de dopage organisé en interne. Ce dernier est particulièrement concerné par la limitation des stocks pour rester discret, le flux tendu pour maintenir un approvisionnement stable (souvent gage de la réussite des protocoles concernant les utilisateurs ou de rentabilité pour les vendeurs), et l’amélioration continue pour rester compétitif. Concernant le mode de régulation, ce dernier influence grandement l’organisation du dopage : dans le cadre d’une société capitaliste à dominante libérale, le dopage passe avant tout par des acteurs privés, centrés sur les objectifs du sportif et des autres personnes impliquées, et l’État peut se contenter de fermer quelque temps les yeux quand il s’agit de grands champions pourvoyeurs de titres et de médailles (par exemple : affaire Balco). Dans le cas de capitalismes étatisés, le dopage est entièrement encadré et pris en charge par l’État de la même façon que le reste de l’économie, puis entièrement mis au service des intérêts de l’État concerné (par exemple : dopage en RDA).

___ Le dopage a donc de nombreuses racines, des catalyseurs, et des variables qui affectent ses modalités d’expression. Depuis quelques décennies, des politiques antidopage lui sont opposées. Ces dernières consistent usuellement en des restrictions ou des interdictions posées sur des produits et méthodes dopantes, justifiées par des raisons sanitaires et éthiques, et appliquées par des contrôles antidopage, des enquêtes et procédures judiciaires, ainsi que des sanctions pour les contrevenants.

A suivre...

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 07 Déc 2025, 09:02

Suite d'avant :

___ En première remarque, on peut dire que les risques sur la santé sont bien réels : l’usage de toute substance dopante comporte des risques sanitaires pour l’utilisateur (mais aussi quelquefois pour son entourage, par exemple si les produits qu’il prend le rendent bien plus agressif), des risques dépendants du produit ou de la méthode utilisée, des dosages et des conditions d’utilisation. Donc l’antidopage semble en première lecture justifié pour pénaliser ces pratiques afin d’essayer d’en restreindre l’usage, afin de limiter ainsi les impacts sanitaires associés.
_ Mais ne peut-on pas au fond en dire de même du sport professionnel en tant que tel ? En effet, ce dernier consiste à faire du sport son métier, son gagne-pain, donc à faire de la recherche de performance l’alpha et l’oméga de sa vie, d’en faire notre mode de vie fondamental. Que ce soit pour une performance individuelle ou collective, que ce soit pour lui-même ou pour un coéquipier, un leader, le sportif professionnel se doit d’abord d’être performant pour remplir les objectifs qui sont attendus de lui, et/ou qu’il a dans certains cas choisis. S’il en est ainsi, si l’optimisation de la performance devient prioritaire sur tout, alors la santé, physique et surtout mentale, passe au second plan. Il faut certes qu'il conserve un minimum de santé pour être performant, mais cela reste justement subordonné à l'impératif de la maximisation de la performance. Le sport professionnel n’a donc rien à voir avec le sport-santé, c’est-à-dire avec l’activité physique de loisir pratiqué par le lambda pour maintenir sa condition physique ainsi que mentale, pour s’amuser, socialiser, etc. Elle diffère aussi du sport amateur, où même si la performance prend de l’importance, la dimension loisir reste aussi usuellement primordiale. Le sport pro n’est donc pas du sport-santé, c’en est même l’antithèse. Autrement dit, si l’on rejette le dopage par rapport à la santé, alors il faudrait aussi rejeter le principe-même de sport professionnel pour les mêmes raisons.
_ De plus, le sportif pro risque, qu’il soit naturel ou non, de se payer des blessures et/ou de l’épuisement mental à cause d’un excès de pratique ; quand on vise la performance maximale, le surentraînement n’est jamais loin. Là, le dopage peut permettre à un athlète de mieux encaisser, de récupérer plus vite, de suivre moins difficilement, de se sentir plus fort, c’est-à-dire de réduire le risque de blessure ou d’épuisement mental, ou d’en récupérer plus vite. Donc, dans le cas particulier du sport professionnel, le dopage peut quelquefois paradoxalement aider à améliorer la santé d’un athlète, surtout si le but est de suivre un niveau qui augmente et qui devient de plus en plus difficile à suivre (ne pas oublier que le dopage consiste usuellement dans le détournement de soins médicaux, donc que sa première racine est médicale). On peut aussi rappeler que les top athlètes qui se dopent de façon encadrée prennent moins de risques que ceux qui bricolent dans leur coin, et pour un effet dopant supérieur.

_ Là, on va me dire qu’un pro qui galère trop doit accepter de descendre de niveau, voire de mettre un terme à sa carrière professionnelle, plutôt que de se doper. Le premier cas peut se défendre, même s’il ne vaut que pour des pros qui ne sont pas déjà au bas de l’échelle professionnelle : le coureur doit arbitrer entre un premier choix ; se doper pour améliorer sa situation présente, avec tout les risques associés ; et un second choix ; accepter une réduction de son revenu ainsi qu’une certaine rétrogradation sociale, aussi bien dans son métier que dans la société en général. Il n’est pas garanti que le premier choix lui réussisse, surtout s’il se fait prendre, et le second choix peut lui permettre de souffler un peu, de récupérer, d’être à nouveau heureux dans son métier, dans sa vie en général, et puis pourquoi pas de rebondir ensuite.
_ En revanche, le second cas est beaucoup plus ardu : cela suppose que le cycliste puisse se reconvertir ailleurs. Or c’est difficile pour beaucoup d’entre eux. Si les têtes d’affiche du World Tour peuvent espérer une carrière de consultant ou de direction dans le milieu du vélo, ou autre poste assez planqué et bien payé, la plupart des cyclistes professionnels auraient en revanche du mal à se reconvertir ailleurs s’ils devaient brusquement quitter leur métier, surtout avec le chômage élevé de nos sociétés actuelles. Le faire serait alors mettre en péril leurs revenus à moyens termes, mais aussi dans certains cas l’avenir de leur ménage, de leur famille, de leurs enfants. Se doper est alors dans leur cas un échappatoire, une sorte de moyen de survie sociale, un moyen d’essayer d’éloigner le risque de tout perdre, surtout en cas d’absence de diplômes. Avec un diplôme, il y a un filet de sécurité, quoiqu’à relativiser car le diplôme peut avoir perdu de sa valeur après plusieurs années sans exercice des métiers correspondants. Mais un certain nombre de coureurs ont peu, voire pas de diplômes, quelquefois parce qu’ils ont plaqués leurs études par dégoût ou pour se consacrer pleinement au vélo, afin d’y maximiser leurs chances de résultat (plus de temps pour faire du volume notamment). Ceux-là dépendent alors entièrement du vélo, c’est leur seule source de revenu, et n’ont pas tellement de possibilités de reconversion. On en a donc certains qui se chargent pour faire de bonnes places, pour gagner, voire pour dominer, et beaucoup d’autres qui se chargent seulement pour suivre, voire pour survivre. D’une certaine manière, les seconds sont plus à plaindre parce qu’ils prennent beaucoup de risques, souvent plus pour un effet dopant moindre en comparaison des top coureurs vu qu’ils bricolent dans leur coin au lieu d’être encadré dans leur dopage, pour au final seulement récolter en course au maximum quelques miettes.

A suivre...

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Re: Comment lutter contre le dopage ?

Messagepar styreiz le maudit » 08 Déc 2025, 11:01

Suite d'avant :

____ Il y a ensuite les arguments éthiques : la lutte antidopage vise à faire respecter des principes d’équité, de respect des règles, de l’adversaire et de l’esprit du sport. Cependant, chacun attire son lot de remarques.
_ Premièrement, concernant l’équité, il est vrai que le dopage rajoute des écarts, des inégalités entre concurrents : le dopage ajoute des inégalités par rapport au perfectionnement des protocoles, à l’accès aux produits, à la réaction individuelle à ces dernier, et au suivit de leur usage. Mais le dopage ne fait ici qu’augmenter des écarts en réalité déjà béants : on n’est pas tous égaux non seulement génétiquement, mais aussi en terme d’accès aux matériel, aux structures d’entraînement, au personnel de suivit des sportifs, face au piston, au relationnel, aux opportunités proches, et bien évidemment en terme de moyens financiers. L’antidopage peut donc certes réduire un peu les inégalités, mais cela ne change pas tant de choses que ça du point de vue de la situation générale. L’antidopage n’est donc pas le premier facteur d’équité. Et d’ailleurs qu’il soit un facteur d’équité peut même être partiellement contestable vu que les autres facteurs d’inégalité entre concurrents peuvent aussi jouer sur la capacité à contourner les règles antidopage : les top coureurs et top teams ont plus de possibilités concrètes que les autres pour passer à travers.
_ Ensuite, la notion de respect des règles peut ici prendre plusieurs sens : soit il s’agit de parler de faire respecter, de faire appliquer des règles en menant une lutte concrète pour que ce soit bien le cas, soit il s’agit d’invoquer le respect des règles pour justifier le respect des règles antidopage. Le premier sens est somme toute logique : édicter des règles sans rien faire à côté pour s’assurer qu’elles soient respectées revient à les rendre en pratique inutiles. En revanche, le second sens donne un raisonnement assez incomplet mâtiné de légalisme, de fétichisme de la loi : c’est partir du principe qu’il faut respecter les règles en général pour dire qu’il faut aussi respecter ces règles en particulier. Mais cela ne nous explique pas concrètement pourquoi ces règles en particulier doivent aussi être respectées. Cela est en fait exposé dans les autres justifications de l'antidopage, justification dont on est justement en trains d'examiner les faiblesses.

_ Concernant la mention du respect de l’adversaire, j’ai un peu de mal à voir le raisonnement derrière : est-ce que c’est pour dire que se doper serait manquer de respect à un adversaire qui ne se dope pas car ce serait utiliser une substance ou méthode illégale qui dévalue son travail pour prendre l’avantage sur ce dernier ? Ici, le manque de respect résiderait logiquement dans le caractère illégal de ce qui est utilisé : avoir recourt à une méthode légale qu’un autre n’utilise pas donnerait un avantage sur cet autre en rendant notre entraînement tendanciellement plus efficace par rapport au sien, donc dévaluerais par-là cet entraînement. Mais si c’était ce phénomène de dévaluation et non l’illégalité qui servait à justifier le manque de respect, alors cela reviendrait à ce que toute différence avantageuse dans l’entraînement constitue un manque de respect envers les adversaires, ce qui est je pense très éloigné du propos initial. Le manque de respect de l’adversaire lié au recourt au dopage résiderait donc dans l’outrepassement de la loi pour prendre un avantage sur celui-ci, car cela serait faire du contournement de la loi un standard pour être performant, ce qui léserait donc ceux qui prennent la peine de la respecter soigneusement.
_ Sauf que cela amène deux remarques : premièrement, se doper n’est pas directement porter atteinte à l’adversaire. Ce n’est pas le blesser, lui mettre de bâtons dans les roues, ni directement lui pourrir la vie ou je ne sais quoi dans le genre. Donc si manque de respect il y a, il ne serait alors qu’indirect. Ensuite, l’argument de l’outrepassement de la loi pose aussi problème par rapport à la définition du dopage. En effet, rappelez-vous, on avait dit plus haut qu’on ne pouvait pas délimiter ce qui est dopant de ce qui ne l’est pas sur la base du critère légal, car certaines méthodes légales peuvent concrètement être considérées comme dopantes (par exemple les transfusions avant 1985), ou parce que des méthodes interdites ne sont pas en réalité si dopantes que ça (par exemple se gaver de certaines viandes à l’époque de l’antiquité). En se basant sur le critère légal pour la définition du dopage et pour le respect de l’adversaire, alors cela impliquerait de considérer que se faire une maxi-transfusion pour une compétition avant 1985 ne serait ni du dopage, ni manquer de respect aux adversaires qui ne le font pas. On se demanderait alors où est le lien entre le fait de se doper et celui de manquer de respect à l’adversaire.
_ On peut sinon considérer que le manque de respect consisterait dans le fait de faire de la prise de risques sur sa santé par le dopage un standard pour être performant, ce qui léserait donc ceux qui s’y refusent. Mais on a premièrement dit que le sport professionnel n’est de toute façon pas santé, que la santé y est secondaire. Donc d’une certaine manière, prendre des risques sur sa santé est déjà un standard dans le sport professionnel avant même tout dopage. Ensuite, une pratique ne devient pas un standard des suites d’une simple action isolée. Ce n’est pas un acte individuel qui conduit à l’établissement d’un standard, mais ce dernier apparaît quand une pratique se généralise sous l’effet non pas d'une somme d'actions individuelles, mais de facteur sociaux. J'insiste sur les facteurs sociaux car si une même action individuelle se multiplie, alors cela vient de ceux-ci, pas de nulle part ni d'une quelconque essence individuelle. Là aussi, on a donc du mal à faire le lien entre le dopage et un quelconque manque de respect envers l’adversaire.

_ Reste enfin l’argument de l’esprit sportif. Cela nécessite tout d'abord d'en avoir une définition. Après recherche, il rassemblerait les éléments suivants :

    L’éthique, le franc jeu et l’honnêteté
    La santé
    L’excellence dans la performance
    L’épanouissement de la personnalité et l’éducation
    Le divertissement et la joie
    Le travail d’équipe
    Le dévouement et l’engagement
    Le respect des règles et des lois
    Le respect de soi-même et des autres participants
    Le courage
    L’esprit de groupe et la solidarité

_ Certains thèmes ont déjà été abordés (la santé, l’excellence dans la performance, le franc-jeu, le respect des règles et des lois, Le respect de soi-même et des autres participants). Le divertissement, la joie, l'épanouissement et l'éducation ont déjà été abordé avec la santé : tout cela passe derrière la performance. Certains sont des valeurs qui ne sont pas directement liées au dopage (le travail d’équipe, le dévouement et l’engagement, le courage, l’esprit de groupe et la solidarité). On a déjà remarqué que l’excellence dans la performance entre régulièrement en contradiction avec d'autres principes et passe usuellement devant pour plusieurs raisons. Autrement dit, ce qu'on appelle "l'esprit sportif" semble assez peu respecté dans la pratique.
_ Puis de quel esprit sportif parle-on : si le dopage s’oppose bien sûr à l’esprit du sport lambda (santé, loisir, plaisir), il incarne bien au contraire l’esprit du sport professionnel : aller jusqu’au bout dans sa préparation pour pouvoir se dépasser en course, pour allez jusqu’au bout de l’effort, pour fournir le moment venu une performance maximale, pour dépasser ses limites pour soi et/ou encore mieux au service de l’équipe. Dans le cas du sport professionnel, le dopage n’est donc pas l’opposé de l’esprit du sport, mais il en est au contraire la quintessence. Rappelez-vous d'ailleurs de la devise du CIO : « faster, higher, stronger, together ». Plus vite, plus haut, plus fort, cela se marie tout à fait avec le recourt au dopage.

___ Quid alors du dopage des mineurs ? Dans ce cas, je considère que ce n’est pas acceptable. En effet, un mineur n’a pas la maturité psychologique pour s’orienter vers les produits avec un minimum de conscience de ce qu’il fait, est plus vulnérable aux manipulations d’un entourage peu scrupuleux et véreux, voire même n’a pas forcément suffisamment de maturité physique pour bien y réagir, et peut risquer plus de séquelles avec l’utilisation de certaines substances. Ensuite, la plupart des mineurs ne sont pas pro et ne dépendent pas du sport pour vivre, mais plutôt des parents ou d'autres membres de l'entourage. Ils ont enfin bien plus de marges de progression et d’opportunités qui peuvent s’ouvrir à eux, donc ont moins d’intérêts au dopage. Donc ces questionnements sur l’éthique de l’antidopage valent avant tout pour les adultes, et pas pour les mineurs.

_ On voit donc que les justifications de l’antidopage comportent plusieurs faiblesses, que ce soit concernant les arguments éthiques ou concernant les inquiétudes sanitaires. Des faiblesses, on en retrouve aussi au niveau institutionnel. Par faiblesses institutionnelles, je n’entends pas simplement les dysfonctionnements, la corruption ou les négligences habituelles, ni même le manque d’efficacité organisationnel ou réglementaire. Ces défauts sont bien là et font effets, mais ils ne sont pas des défauts causaux : ils sont eux-mêmes des conséquences d’une faiblesse fondamentale des institutions antidopage.

A suivre...

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