Hockey : Présentation générale
Histoire
Les origines du hockey sur glace sont lointaines et incertaines. En 1565, une peinture montre des activités sur un lac gelé aux Pays-Bas, où des hommes jouent avec des crosses et un palet !
Le premier match officiel de hockey sur glace a lieu en 1875 à Montréal. Le hockey va alors vite gagner en popularité au Canada et au Nord-Est des USA. En Europe, il faut attendre la fin du siècle pour voir le jeu se développer. Un certain baron Pierre de Coubertin est friand du sport, pratiqué alors sur les bassins du château de Versailles (en toute simplicité, ça va de soit

). En 1897 la pratique devient plus formelle en France, avec la première patinoire à Paris, et des affrontements franco-britanniques.
En 1908, le Français Louis Magnus crée la fédération internationale, s'associant avec les Britanniques, Belges, Suisses et Bohémiens. L'Allemagne et l'Autriche suivront rapidemment.
Pendant ce temps là en Amérique du Nord, le hockey se professionnalise rapidement. Les prémices de ce qui deviendra plus tard la NHL sont posés. Le trophée mythique nord-américain, la Coupe Stanley, voit le jour en 1893. En 1902, la première ligue professionnelle voit le jour !
L'engouement grandissant petit à petit à travers le monde, décision est prise de monter une patinoire aux Jeux olympiques d'été 1920 à Anvers ! Organisé fin Avril, ces premiers Jeux réunissent 7 nations (Canada, USA, Suisse, Belgique, Suède, Tchécoslovaquie et France). L'occasion de se rendre compte à quel point les Nord-Américains dominent. Les Canadiens s'imposent largement devant les Américains, les Tchécoslovaques étant les meilleurs représentants européens.
En 1924, le hockey fait logiquement parti des premiers Jeux d'Hiver qui se tiennent à Chamonix. Encore une fois les Nord-Américains se baladent, et le Canada est titré.
![Cliquez pour agrandir]()
Il en sera de même à Saint-Moritz et Lake Placid. Mais en 1936, à Garmisch, l'équipe de Grande-Bretagne réalise un petit exploit. Si jusque là l'équipe Britannique était composé de Canadiens venus en Grande-Bretagne pour étudier ou dans l'armée, cette fois-ci les Britanniques adoptent un autre angle : ne sélectionner que des joueurs né sur le territoire national ! Petite subtilité : la plupart ont émigré au Canada où ils ont grandit. Cette sélection canadienne qui ne dit pas son nom va alors mettre à mal les Nord-Américains, s'imposant dans le tour final 2-1 face au Canada, et tenant en échec 0-0 les USA, pour aller chercher la médaille d'Or. Les Jeux de 36 sont aussi rentrés dans l'histoire pour la participation de Rudi Ball, rare athlète juif autorisé à représenter l'Allemagne (c'était une des stars du hockey allemand de l'époque).
Après guerre, si le Canada remporte les deux premiers titre, c'est une autre nation qui va marquer les esprits : l'URSS. Les Soviétiques ne rejoignent le concert des nations qu'en 1951, et participent aux Jeux pour la première fois en 1956. Victoire, et écrasante domination ... l'idéologie olympique qui prône l'amateurisme va alors parfaitement aux Soviétiques. Alors que le jeu est très largement professionnalisé en Amérique du Nord, les Soviétiques peuvent eux aligner leurs meilleurs talents. Si ils doivent ensuite laisser le titre 1960 aux USA (
voir ici, les Soviétiques s'imposeront sans discontinuer de 1964 à 1976, et de 1984 à 1992.
Quelques grands matchs marqueront les JO, comme la finale 1968 qui opposent l'URSS à la Tchécoslovaquie, en pleine période de tention entre les deux peuples. Mais aussi, et surtout, la finale 1980 entre les USA et l'URSS, appelée "Miracle on Ice". Je vous renvois à l'excellent résumé de friton,
ici.
En 1988, la Red Army remporte son dernier titre sous la bannière Sovétique. Suit en 1992 un titre sous l'équipe unifiée de l'ex-URSS. Mais une page se tourne.
En 1998, à Nagano, une nouvelle page s'ouvre. Un accord est trouvé avec la NHL pour que les plus grandes stars de la planète puissent être présentes. Ainsi le Team Canada pourra aligner la légende Wayne Gretzky, ou Joe Sakic. Bon, ça n'a rien changé pour les Nord-Américains ... pire même, l'échec était cuisant, puisque ni le Canada ni les USA n'accrochai la moindre breloque ! Ce furent les Tchèques, menés par l'extraordinaire portier Dominik Hasek, et la star Jaromir Jagr, qui décrochèrent la médaille d'or !
Ces Jeux de Nagano furent aussi les premiers de l'histoire du hockey féminin ! Si les femmes ont joué au hockey à ses débuts, la version féminine est ensuite tombée dans l'oubli. Le hockey féminin renaît timidement dans les années 60. Les années 80 marquent l'organisation de compétitions plus sérieuses, avant un premier mondial en 1990. Bien développé en Amérique du Nord, le premier tournoi olympique voit le succès des USA en finale face aux Canadiennes. Depuis, aucune médaille n'a échappé à l'une ou l'autre équipe.
![Cliquez pour agrandir]()
Si le hockey féminin se développe petit à petit, l'histoire du tournoi masculin est plus compliqué. La NHL va continuer à être aux côtés des JO, ne pouvant se permettre de rater les JO de Salt Lake City, Turin, Vancouver ou Sotchi. Le Canada va reprendre ses bonnes vieilles habitudes et ajouter trois titres dans la musette (dont un à la maison à Vancouver), contre un à la Suède (déjà victorieuse à Lillehammer). Mais patatra, en 2018, la NHL rompt avec l'Olympisme. Tentant d'extorquer des frais d'assurance au CIO, ces derniers refusent. Sans doute guère intéressé par le marché Sud-Coréen, la NHL envoie une fin de non recevoir à ce dernier. Et voilà comment on se retrouve avec un tournoi sans les stars du sport ! Ni une ni deux, qui ressurgit de la boîte ? La Russie, qui s'empare de l'or en finale face à une valeureuse et surprenante équipe allemande. En 2022, c'est le Covid qui est utilisé comme justification pour ne pas y envoyer les stars mondiales. Qu'à cela ne tienne, la Finlande en profite et décroche sa première médaille d'or devant la Russie et la Slovaquie ! Aucun nord-américain sur le podium, l'affront était-il trop grand ? En tout cas, la NHL sera bien de retour cette année. Et la Russie définitivement bannie ...
![Cliquez pour agrandir]()
Palmarès
Hommes
Femmes![Image]()
Organisation du hockey mondial
Le hockey international est régit par l'IIHF (International Ice Hockey Federation), présidée depuis 2021 par le Français
Luc Tardif ! Il y a 62 fédérations pleinement affiliées (dont 2 bannies, la Russie et le Belarus), ainsi que 22 fédérations associées, qui tentent de se développer (en gros, il leur manque souvent une patinoire homologuée internationalement pour être membre à part entière).
Tous les ans se déroulent les championnats du monde. Ils sont par niveau, avec chez les hommes une élite à 16 nations, et des divisions inférieures. Les mondiaux masculins élites 2026 se tiendront en Suisse au mois de Mai, une fois la saison européenne terminée (mais pendant les play-offs NHL). La France jouera elle les mondiaux dit de D1A (deuxième niveau), qui se tiendront début mai en Pologne. 58 nations au total sont engagées dans les diverses divisions pour 2026.
Côté féminines, le mondial élite regroupe 10 nations. Il se tiendra en 2026 en Novembre au Danemark. Comme chez les hommes, la France jouera en Division 1A (2ème niveau), au mois d'Avril en Hongrie. 46 nations sont engagées.
Bien sûr le principal problème du hockey, ce sont ces infrastructures. Il est très difficile de développer le sport, car il demande une infrastructure spécifique, une patinoire. Et pas n'importe quelle patinoire, elle doit avoir une forme et des protections bien spécifiques (on verra ça côté règles).
Ce qui nous amène à un petit sujet souvent abordé aux JO, les règles de naturalisation. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le hockey est très strict ... et à la fois un peu permissif. Avec des JO qui se tiennent dans des pays mineurs de hockey ces dernières années, ça a souvent été un sujet. Et la fédération internationale s'est penché sur le sujet il y a de ça bien des années. Qui dit sport olympique, dit une règle de base assez simple : il faut le passeport du pays pour le représenter. Mais ça n'est pas tout ! Le hockey aurait pu, comme le rugby, recherché à avoir un maximum de nations jouant à haut niveau en se basant sur ses diasporas. Après tout, avec plus d'un million de licenciés sur le seul continent Nord-Américain, il y a de quoi faire. Et d'ailleurs les fédérations associées ont des équipes qui jouent comme ça, en usant de leur diaspora (mais hors tournois mondiaux officiels). Mais l'IIHF a fait un choix : protéger les acteurs qui jouent vraiment le jeu sur leur territoire. Ainsi, en plus du passeport, un joueur doit justifier une présence consécutive de deux saisons de hockey dans le pays qu'ils souhaitent représenter (une seule saison pour les femmes, sans doute pour niveler un peu les gros écarts). A noter que des changements d'éligibilité sont possibles, si le joueur évolue depuis 4 ans dans son nouveau pays et n'a pas représenté son ancien pays durant cette période (2 ans pour les femmes).
C'est sur ce point de jouer dans le pays que c'est finalement assez permissif. Les pays qui ont une économie autour du hockey ont ainsi pu naturaliser des joueurs, parfois sans lien avec le dit pays, autre qu'un contrat pro là-bas. Ca a été le cas du Kazakhstan ou de la Chine par exemple, dont des franchises de KHL étaient très proches de l'Etat. Quant à l'Italie, elle possède de nombreux binationaux au Canada et aux USA notamment. Le passeport italien est très facile à obtenir ... et si on pourrait croire que le hockey n'y est pas populaire, ce qui est vrai pour une majeur partie du pays, le sport est très développé dans le Tyrol. Bolzano est un très bon club européen, tandis que Pustertal (le club de Bruneck) joue aussi à très bon niveau (il y a aussi eu Asiago). Largement de quoi attirer de bons talents nord-américains qui viennent dans les quota nationaux, puis renforcer la sélection nationale.
Côté championnats, le principal est évidemment la NHL. La grande ligue nord-américaine fait un peu chier le monde dès qu'il s'agit de hockey international

Forcément, elle pèse autant si ce n'est plus que l'IIHF, et impose ses choix au reste du monde, avec sa saison à rallonge et les pauses olympiques souvent bafouées. Sans parler des tentatives de compétitions internationales qu'elle organise de son côté ... L'écosystème Nord-Américain est riche, avec l'AHL en ligue ferme. L'AHL se basant elle même sur l'ECHL, qui constitue un troisième niveau professionnel aux USA/Canada. En effet, de nombreux joueurs sortent des ligues mineures canadiennes ou américaines et rentrent directement dans le monde pro, la NCAA étant un peu de côté (mais pas pour autant négligée).
Le même écosystème existe côté Russe avec la KHL, et ses ligues affiliées VHL et MHL encore en dessous. Forcément le contexte est tendu, et même s'ils sont de nombreux étrangers à partir jouer là-bas, ça les met souvent hors circuit pour la sélection nationale. Le sujet est très sensible dans les ex pays du bloc communiste, ou en Finlande par exemple.
En Europe, on compte 5 grandes ligues : la SHL (Suède), la Liiga (Finlande), la NL (Suisse), la DEL (Allemagne) et l'ICEHL (centrée autour de l'Autriche, qui compte des clubs italiens, slovènes et hongrois). De nombreux pays ont une ligue professionnelle ensuite, mais de niveau et d'économie plus faible.
Chez les femmes, c'est plus compliqué. La PWHL a été créée en 2023 et semble bien se développer. Elle offre un environnement pro en Amérique du Nord, mais il n'y a que 8 équipes. En Europe, la SDHL en Suède est professionnelle, bien qu'imparfaite. Le reste est largement semi-pro, voir amateur. Pour autant le sport se développe bien, et les compétitions nationales remplissent les salles.
Les règles
Pas si simple que ça d'expliquer brièvement les règles ...
Un match se joue à 5 joueurs de champs + un gardien. Il y a forcément un vainqueur. Si au bout du temps réglementaire (3 x 20 minutes) il n'y a pas de vainqueur, le match va en prolongation (la prolongation se joue à 3 joueurs de champs et un gardien pendant 5 minutes). S'il n'y a toujours pas de vainqueur, tirs au but (le joueur part du milieu du terrain et doit tenter de marquer face au gardien).
Le terrain peut se départager de deux façons.
- Les lignes rouges : une pour marquer le milieu de terrain, deux pour marquer les lignes de buts. Il est interdit, depuis sa partie de terrain, de balancer le palet au fond derrière la ligne de but adverse (sauf si un joueur de l'équipe est le premier à la course sur le palet). Cela génère un dégagement interdit, avec remise en jeu en zone défensive. (il est autorisé de dégager comme cela en cas d'infériorité)
- Les lignes bleues : elles définissent les trois zones : offensive, neutre et défensive. Pour aller en zone offensive, le palet doit franchir le premier la ligne bleu. Si un joueur est déjà présent, il y a hors jeu. Cela génère une remise en jeu en zone neutre. A noter que les lignes sont épaisses, et sont donc compter comme faisant parti de la zone où le jeu évolue (en attaque, le palet peut aller sur la zone bleu, ça ne génèrera pas de hors jeu - en revanche s'il la dépasse, il faut que l'équipe se replie sinon il y a hors-jeu).
- Devant le gardien, il y a une petite zone bleutée. Cette zone est réservé au gardien. Les joueurs de champs adverse peuvent y passer, mais pas y stationner.
- les remises en jeu se font sur les zones définies à cet effet (points rouges sur la patinoire, ou zone d'engagement). Les joueurs qui ne disputent pas l'engagement doivent respecter une distance matérialisée par un cercle et des traits.
![Image]()
Il existe de nombreux types de pénalités. Les plus courantes :
- pénalité mineure : le joueur est expulsé pour une durée de 2 minutes. Son équipe joue alors en infériorité jusqu'au terme de ces 2 minutes, ou moins si un but est scorer. Les pénalités peuvent se cumuler, dans une limite de 3 joueurs minimums sur la glace. S'il y a plus de 2 pénalités consécutives, alors la suivante démarre lorsque la première s'arrête. Les motifs de pénalités mineures les plus courants sont faire trébucher (faire tomber un joueur en coinçant sa crosse dans les patins), accrocher (retenir un joueur avec sa crosse), cinglage (frapper les mains d'un joueur avec sa crosse), crosse haute (coup de crosse dans la tête) et tout un tas de charges incorrectes (avec le baton, projection contre la bande, charge à la tête, charge par derrière, charge en retard, ...). A noter que toutes les charges sont interdites chez les féminines, même si en phases finales l'arbitrage a l'habitude d'être tolérant à ce sujet. On peut aussi avoir les pénalités pour retard de jeu (notamment envoyer le palet directement dans les tribunes) ou pour surnombre (trop de joueurs sur la glace).
- pénalité majeure : le joueur est expulsé pour 5 minutes incompressibles. Les adversaires peuvent donc scorer autant de fois qu'ils le veulent. En tournoi international, cette pénalité de 5 minutes s'accompagne d'une pénalité de méconduite pour le match (se traduit par une pénalité de 20 minutes), c'est à dire une expulsion définitive (l'équivalent d'un carton rouge). On va avoir là les pénalités pour méconduites (coup de poings, bagarres, charges très dangereuses).
- pénalité de méconduite : cette pénalité envoie un joueur sur le banc de pénalités pour 10 minutes. Elle n'entraîne pas de réduction du nombre de joueurs sur la glace. La plupart du temps, elle vient durcir une sanction de 2 minutes. On retrouve cette pénalité sur des charges à la tête, mais aussi en cas de bagarres générales, de comportement incorrect vis à vis des arbitres, ...
- pénalité de match : assez similaire à la pénalité de méconduite pour le match, elle se traduit par une pénalité de 25 minutes. En soit, c'est un carton rouge + citation à comparaître devant la commission de discipline. Vient sur des charges vraiment moches ou des aggressions de joueurs. Elle s'accompagne toujours d'une pénalité majeure.
- tir de pénalité : lorsqu'un joueur va seul à la cage et qu'il est empêché de tirer par une faute d'un défenseur qui revient sur lui (ou du gardien), un tir de pénalité peut être accordé. Il n'y a pas de suspension de 2 minutes pour le fautif.
A noter qu'un gardien peut prendre une pénalité, mais ce n'est pas lui qui ira sur le banc de pénalités.
Les lieux du tournoi 2026
La principale salle sera l'Arena Milano. Cette salle est construire pour les JO, et pourra accueillir 16000 spectateurs en configuration hockey. A l'italienne, ça a un peu traîné, mais des matchs tests ont déjà eu lieu. C'est là que se tiendra la quasi totalité des matchs masculins et les principales affiches féminines.
La deuxième salle sera le Fiera Milano, situé à Rho en banlieue de Milan. C'est un palais des congrès, où une patinoire de 6500 places accueillera la plupart des matchs de poule féminin et quelques matchs masculins.