Cinéma

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Re: Cinéma

Messagepar Robocrotte 2.0 » 27 Fév 2026, 17:53

Ils ont fait en sorte que tout le monde soit content.

Seule réjouissance de mon côté : David Chambille a eu son César, mais ce n'était pourtant pas pour son meilleur film, qui lui n'était pas nommé. Ce mec est incontestablement à suivre.

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Re: Cinéma

Messagepar didou18 » 28 Fév 2026, 09:41

Leinhart a écrit:Petit moment de gêne quand même quand Golshifteh Farahani fait son discours très dur sur la répression en Iran, pour finalement remettre le césar du scénario à Franck Dubosc. Sans aucune transition, c'était assez étrange.

Gêne je ne sais pas mais clairement lunaire oui ! Tout semblait cousu de fil blanc pour terminer avec Jafar Panahi lauréat sur le coup.

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Re: Cinéma

Messagepar friton01 » 28 Fév 2026, 16:35

didou18 a écrit:
Leinhart a écrit:Petit moment de gêne quand même quand Golshifteh Farahani fait son discours très dur sur la répression en Iran, pour finalement remettre le césar du scénario à Franck Dubosc. Sans aucune transition, c'était assez étrange.

Gêne je ne sais pas mais clairement lunaire oui ! Tout semblait cousu de fil blanc pour terminer avec Jafar Panahi lauréat sur le coup.

Ça montre que les résultats sont vraiment gardés secret de tous par les huissiers et ça rappelle la cérémonie des Oscars ayant suivie la mort de Chadwick Boseman où la catégorie du meilleur acteur avait été placée exceptionnellement à la toute fin du programme ce qui avait fait penser à tout le monde qu'il avait gagner pour qu'au final ce soit Anthony Hopkins qui l'emporte alors qu'il n'avait pas fait l'effort de se déplacer pour la cérémonie ou de transmettre un discours à un membre de l'équipe du film.



A part le discours interminable d'Adjani qui aurait mérité que l'organisation mettre de la musique à fond pour la faire taire, ce fut une bonne cérémonie.

C'est rare de voir la star internationale venue recevoir l'Oscar d'honneur avoir l'air d'être vraiment contente et émue d'être là. C'est peut être parce que Carrey a été très peu récompensé dans les cérémonies (rien depuis 25 ans) et a pu avoir l'impression d'être snobé pendant une bonne partie de sa carrière. Il n'a jamais été nommé aux Oscars malgré ses performances devenues légendaires.

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Re: Cinéma

Messagepar Eroldir » 28 Fév 2026, 18:08

friton01 a écrit:
didou18 a écrit:
Leinhart a écrit:Petit moment de gêne quand même quand Golshifteh Farahani fait son discours très dur sur la répression en Iran, pour finalement remettre le césar du scénario à Franck Dubosc. Sans aucune transition, c'était assez étrange.

Gêne je ne sais pas mais clairement lunaire oui ! Tout semblait cousu de fil blanc pour terminer avec Jafar Panahi lauréat sur le coup.

Ça montre que les résultats sont vraiment gardés secret de tous par les huissiers et ça rappelle la cérémonie des Oscars ayant suivie la mort de Chadwick Boseman où la catégorie du meilleur acteur avait été placée exceptionnellement à la toute fin du programme ce qui avait fait penser à tout le monde qu'il avait gagner pour qu'au final ce soit Anthony Hopkins qui l'emporte alors qu'il n'avait pas fait l'effort de se déplacer pour la cérémonie ou de transmettre un discours à un membre de l'équipe du film.



A part le discours interminable d'Adjani qui aurait mérité que l'organisation mettre de la musique à fond pour la faire taire, ce fut une bonne cérémonie.

C'est rare de voir la star internationale venue recevoir l'Oscar d'honneur avoir l'air d'être vraiment contente et émue d'être là. C'est peut être parce que Carrey a été très peu récompensé dans les cérémonies (rien depuis 25 ans) et a pu avoir l'impression d'être snobé pendant une bonne partie de sa carrière. Il n'a jamais été nommé aux Oscars malgré ses performances devenues légendaires.


Le César.

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Re: Cinéma

Messagepar LouisR » 01 Mar 2026, 23:16

Richard Linkalter Nouvelle Vague
Un film plat pour parler d'un homme qui a révolutionné le cinéma....
Un Block Buster pour cinéphile qui n'est guère plus qu'une caméra qui regarde sans absolument rien comprendre au génie et qui fait un best off des making off

Heureusement l'image est belle et Seberg et bebel sont plutôt bien interprété. On apprend 2/3 info sur les cahiers du cinéma, c'est intéressant mais d'un point de vue cinématographique franchement passable
Linkalter regrette juste de ne pas être JLG
Si c'est un documentaire Arte sur un film génial c'est sympathique
Si c'est un film c'est moyen
Si c'est un film nouvelle vague c'est très mauvais

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Re: Cinéma

Messagepar Panzer » 02 Mar 2026, 16:29

Marty Supreme (2025 de Josh Safdie)
Le film avait un potentiel sympa avec le tennis de table en toile de fond et une rivalité à exploiter entre l'athlète US et Japonais. Mais celle-ci ne sert que de prétexte pour voir le film se dérouler, avec un enchainement de séquences chaotiques qui rendent le personnage personnel toujours plus imbuvable.
A son avantage, c'est un film plein d'énergie et qui est très bien porté sur les épaules de Chalamet.

The Brutalist (2025 de Brady Corbet)
Film marathon de 3h15 sur la vie d'un architecte juif ayant fui les camps pour se retrouver aux USA. J'étais surpris de savoir que le film a été filmé en si peu de temps, avec un budget plutôt faible, ça rend la performance du réalisateur encore plus impressionnant dans sa mise en scène, les images.
Première partie pour mettre en place super intéressante et captivante. En revanche, je me suis perdu dans la seconde partie, et l'enchainement des péripéties. Beaucoup trop inégal pour moi.

Matador (1986 de Pedro Almodóvar)
Décidément les premiers Almodovar me font toujours une mauvaise impression. On sent l'empreinte de l'espagnol dans les thèmes, les lumières, l'atmosphère qu'il veut créer. Mais c'est tellement fouillis dans l'intrigue, la narration.

Du côté d'Orouët (1971 de Jacques Rozier)
La synopsis et la durée me freinaient mais j'ai été agréablement surpris. Voir trois copines parisiennes partir en vacances en Vendée, ça me vendait pas trop de rêve. L'introduction est pas désagréable, elle pose le cadre avant l'arrivée du personnage principale qui va venir égayer le reste du film. Un film très naturel, où on assiste à des rapports humains et de domination parfois malsain, qui est fascinant quasiment de bout en bout.
Belle trouvaille Mubi.

13 jours, 13 nuits (2025 de Martin Bourboulon)
Un peu comme didou, je trouve que c'est un réalisateur tiède mais je continue toujours de regarder ces productions, qui ont l'air excellentes sur le papier ! Je garde toujours de Bourboulon un réalisateur grand public, sans grande saveur, sans prise de risque. Ce film sur la reprise de pouvoir des talibans en 2021 et la fuite des français / affiliés, est dans la même veine avec toutefois un peu plus de caractère. Ca n'en reste pas moins relativement moyen malgré les moyens et le potentiel du film.

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2021 de Jean-Pierre Jeunet)
J'aime beaucoup voir des films sur le Paris du milieu du 20ème siècle. Mais celui-ci donne une version parisienne bien idéalisée. Je n'aime pas la musique, la photo, ni les personnages. Je crois que j'arriverai jamais à accrocher.

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Re: Cinéma

Messagepar didou18 » 04 Mar 2026, 10:02

Marty Supreme (2025 de Josh Safdie)
Je pense que je vous rejoins en disant que c'est mid. C'est loin d'être nul, mais ça ne restera pas dans légende.
J'avais des attentes assez haut placées pour celui-ci, donc quelque peu déçu.
C'est très criard et ça tourne en rond. Le film aurait pu raconter la même chose en 2h sans problème.
J'avais vu des critiques dithyrambiques sur les scènes de matchs...bon c'est au mieux peu réaliste, au pire assez grossier niveau FX. :noel:
Au final, je suis peut-être passé à coté mais ne sais même pas s'il y a une morale à retenir de ce film...

Coté points positifs, Chalamet bien sur, même si je ne suis pas pleinement convaincu que ce soit suffisant pour aller chercher la statuette. L'ensemble du casting est globalement cool, avec un petit plaisir d'y découvrir Tyler the Creator.
Surpris également par l'attachement que j'ai eu au personnage vu comment il m'était vendu. C'est certes un petit con, mais il ne m'a pas paru plus antipathique que ça, au contraire, je m'y suis attaché moi à Marty. :heureux:

Marsupilami (2026 de Philippe Lacheau)
Avant Le rêve américain, déjà évoqué ici, je suis allé voir ce film. Merci de ne pas me juger, on a tous nos plaisirs coupables. :niais:
En général je sais ce que je vais y trouver et j'aime bien le fait de le voir devant une salle qui réagit (il ne faut pas être 4 quoi).
Bon, c'est un Marsupilami dans un film de la bande à fifi et pas la bande à fifi qui sert le Marsupilami. Dommage ou pas je n'en sais rien.
La première partie était peu digeste, à partir de l'arrivée de la bestiole c'était plus sympa. Bien évidemment, pas un grand film, loin d'être le plus cool de Lacheau même, mais ça se regarde toujours sans prétention.

Hors Ciné, rien vu pendant les 15 jours de JO, la machine se remet doucement en route.
Black Dog (2024 de Guan Hu)
Pas du tout familier du cinéma chinois, ce film donne envie de plus s'y intéresser.
Je n'ai pas grand chose à en dire hormis que c'était beau. :love:

Avant le passage Jim Carrey aux Cesar, j'a voulu me refaire The Mask (1994 de Chuck Russell) classique de ma jeunesse dont je ne me souvenais plus grand chose. Finalement, tout revient en tête au fur à mesure. Après, c'est quand même dangereux de se refaire les madeleines de son enfance à l'âge adulte...
Divertissant, une belle recette pour en faire un film culte, mais on peut pas dire que ce soit du grand cinéma.

Au contraire de Eternal Sunshine of the Spotless mind (20004 de Michel Gondry) que je n'avais jamais vu mais qui est excellent.
Sans doute mon film préféré avec The Truman Show pour l'acteur. On est sur de l'émotion et de la douceur pure.
Si l'image a pris 20 ans, le casting aussi et ça c'est assez fou pour la notoriété de la line-up du film.
"Gondry le zarbi" qui part dans son petit délire, déroutant au début, puis plus facile à suivre.
Jolie romance.

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Re: Cinéma

Messagepar Leinhart » 05 Mar 2026, 14:13

Content de voir que Black Dog peut convaincre d'autres personnes ici :love:

Pour les films de jeunesse, certains ne sont clairement pas au niveau de nos souvenirs mais ça vaut toujours le coup de les revoir. Certains s'en sortent toujours pas mal (comme Jumanji, dans mon souvenir). Ce qui me sidère, c'est la capacité qu'a un gosse à adorer en même des trucs très bons et des trucs nullissimes. Quand j'étais gamin, j'enchaînais avec le même plaisir DBZ et Power Rangers par exemple, alors que les deux n'ont pas traversé le temps de la même manière :niais:

Panzer me donne envie de découvrir Rozier, ça devrait être l'inverse d'habitude :mrgreen:

Quelques visionnages récents de mon côté, avec une sortie et une ressortie en salles :
Woman and Child (Saeed Roustaee – 2026) : Première déception relative devant un film de Saeed Roustaee, qui m'a paru pour la première fois empêché. Lui qui a fait le choix de continuer à faire des films dans le système classique iranien a sans doute été davantage surveillé après Leila et ses frères. Il en résulte un film qui tente de faire une critique du système patriarcal iranien, mais sans grande subtilité. L'intérêt de Woman and Child sera donc davantage à chercher du côté de l'intime et dans l'utilisation des codes du cinéma de genre pour raconter ce drame familial. De ce point de vue là, rien ne change, Roustaee sait filmer, diriger ses acteurs (même s'il y a un peu trop de cris et de larmes à mon goût ici), créer et maintenir de la tension et on reste bien servi de ce point de vue là.

The Grandmaster (Wong Kar-Wai – 2013) : J'étais heureux de pouvoir découvrir ce film de WKW en salle, dans une belle version restaurée, mais j'en suis ressorti assez mitigé. Visuellement, c'est absolument sublime et en même temps un peu maniéré, avec une utilisation caricaturale des ralentis, sans que ça m'ait particulièrement gêné. Les quelques scènes d'affrontements sont superbement chorégraphiées ; les interprètes sont charismatiques et très bien dirigés ; le propos est intéressant. Malgré tout, j'ai trouvé la narration erratique et l'ensemble assez chaotique, avec beaucoup d'allers et retours, des personnages qui apparaissent et disparaissent. J'en ressors avec le sentiment qu'il y avait un grand film sur les arts martiaux (plus qu'un film d'arts martiaux) pas loin mais inabouti.

Et j'ai continué ma découverte de Radu Jude, Kelly Reichardt ou Stanley Kwan, vu un chef d'oeuvre de Mikio Naruse et revu un Spielberg qui me laisse circonspect.
Papa vient dimanche (Radu Jude – 2012) : L'un des premiers longs de Radu Jude est moins politique mais dissèque déjà la société roumaine à travers la cellule familiale. A travers cette histoire de garde d'enfants alternée qui dégénère dans une fuite en avant sans retour en arrière possible, Radu Jude livre un huis clos efficace qui montre déjà toute la fureur et la vulgarité (c'est le réalisateur lui même qui le dit) roumaine.

Center Stage (Stanley Kwan – 1991) : C'est intéressant de parler d'une actrice du cinéma muet chinois, période qu'on connaît très peu et dont il reste visiblement peu de films visibles aujourd'hui. La reconstitution est belle, les acteurs convaincants, mais je dois reconnaître que la partie biopic ne m'a pas beaucoup engagé émotionnellement. Par contre, j'ai trouvé le dispositif mis en place par Kwan passionnant, mêlant vraies images de films d'époque, reconstitutions pour les films disparus, images d'archives mais aussi discussions meta de l'équipe du film ou encore apparition de Stanley Kwan à l'écran à la fin d'une scène pour expliquer pourquoi il coupe. C'est loin d'être artificiel, car cela permet précisément de montrer ce qu'est un biopic : non pas une présentation documentaire, mais la reconstitution d'une histoire à partir de fragments, et l'idée qu'on se fait des vides qu'il faut combler.

Certaines femmes (Kelly Reichardt – 2017) : Une fois qu'on a adhéré au "contrat" proposé par Kelly Reichardt, on peut vraiment profiter de ses films qui sont de formidables chroniques quotidiennes axées sur la banalité de l'existence. Ici, on a quand même une prise d'otage en début de film, mais sans doute la prise d'otage la plus calme et la plus molle du cinéma américain, sans cri, sans climax, juste par désespoir. Reichardt est une formidable directrice d'acteurs et d'actrices, ce qui contribue à la qualité de ses films. Idem pour la photo, simple qui mais sublime les beaux décors naturels (ici, pas la forêt de l'Oregon mais les montagnes du Montana). Le film est composé de trois courts métrages différents ; trois histoires de femmes dans une petite ville du Montana. J'ai un peu décroché sur le 2e mais j'ai beaucoup aimé les deux autres.

Nuages flottants (Mikio Naruse – 1955) : J'aime beaucoup ce que j'ai vu du cinéma de Naruse et ce Nuages flottants est considéré comme son chef d'oeuvre, sorte de mélo ultime, admiré (entre autres) par Ozu. Forcément, ça oriente le visionnage avec deux risques : avoir un avis préconçu et prémâché avant de voir le film, ou au contraire avoir des attentes trop hautes impossibles à satisfaire. J'ai cru un temps que j'allais être dans cette deuxième catégorie ; je trouvais le film passionnant thématiquement mais j'avais du mal à entrer dedans. Et finalement, petit à petit, j'ai fini par me laisser emporter complètement.
Nuages flottants et un film d'amour malade, situé dans le Japon de 1946, terre dévastée sur laquelle le bon ne semble plus pouvoir émerger. On y suit alors la vaine tentative de faire perdurer un amour de guerre, né dans le paradis fertile et perdu de l'Indochine. Entre amour irrationnel, jeux de séduction toxiques, illusions et désillusions, on voit des choses banales mais qui racontent beaucoup.
Comme souvent, la mise en scène de Naruse est sobre mais millimétrée, avec un symbolisme jamais envahissant (avec notamment ces fruits amers ou fades omniprésents, montrant que plus rien ne peut prospérer et avoir de saveur dans ce Japon là).

La Liste de Schindler (Steven Spielberg – 1993) : Je m'en doutais un peu, mais c'est un film que j'aurais mieux fait de ne pas revoir. Ce qui étaient des petits défauts au premier visionnage sont devenues des grosses fautes qui viennent dégrader mon jugement global. C'est dommage, car il y a un grand film dans la Liste de Schindler, celui sur ce profiteur de guerre qui verra naître, presque malgré lui, une lueur d'humanité qui prendra le dessus sur ses ambitions. Les scènes les plus intimes sont en sens les plus réussies du film, notamment celles entre Schindler et son comptable juif, particulièrement touchantes. Si on ajoute la reconstitution réussie, la photographie magnifique, même si un peu maniérée, de Kaminski (qui deviendra après ce film le chef op attitré de Spielberg), la partition culte de Williams, il y a des choses à garder.
Malheureusement, le film s'embourbe dans des effets et des défauts d'écriture que j'ai trouvé catastrophiques au revisionnage. Je pense notamment à ce besoin de nous confronter à l'horreur en permanence sans rien épargner, avec moult répétitions (sur les exécutions sommaires, notamment), à ce méchant caricatural qui tire au sniper depuis son balcon en buvant du cognac, à quelques niaiseries très spielbergiennes (la dernière scène qui s'étend en longueur jusqu'au ridicule, notamment) mais aussi et surtout à cette façon un peu dégueulasse de créer du suspense autour des atrocités des camps (je pense bien sûr à la scène de la douche qui est une manipulation pathétique - et j'aurais trouvé ça moins malhonnête que ce soit effectivement une chambre à gaz - mais aussi, par exemple, à la scène où Goeth essaye d'exécuter un prisonnier avec un pistolet défectueux).
Au final, je vais quand même essayer de garder le positif mais il est sans doute préférable que je ne le voie pas une troisième fois.

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Re: Cinéma

Messagepar Nifa » 05 Mar 2026, 16:28

Leinhart (et si d'autres l'ont vu), comme tu/vous interpretez la fin de Le mal n'existe pas, si jamais c'est encore frais dans votre tête ?

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Re: Cinéma

Messagepar Leinhart » 05 Mar 2026, 18:43

Très honnêtement, j'ai des souvenirs très nets de nombreuses scènes, j'ai le souvenir de l'ambiance générale et des grandes lignes de l'intrigue, mais j'ai du mal à me remettre la fin. Le seul souvenir que j'en ai c'est que c'était violent et très "ouvert"

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Re: Cinéma

Messagepar Murungaru » 06 Mar 2026, 20:10

Leinhart a écrit:Très honnêtement, j'ai des souvenirs très nets de nombreuses scènes, j'ai le souvenir de l'ambiance générale et des grandes lignes de l'intrigue, mais j'ai du mal à me remettre la fin. Le seul souvenir que j'en ai c'est que c'était violent et très "ouvert"


Idem. Et d'ailleurs ça m'arrive souvent de ne pas me souvenir des fins de film... (sympa pour les revisionnages)
Je me souviens que j'avais adoré le film en tout cas et ses longues scènes qui étiraient le temps.

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Re: Cinéma

Messagepar Nifa » 06 Mar 2026, 20:29

Mince, j' ai bien aimé aussi mais la fin se prête a des théories foireuses. Dommage !

(Elle est très mystérieuse cette fin et surprenante, même si la musique parfois dissonante des le début annonçait cela).

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Re: Cinéma

Messagepar Murungaru » 06 Mar 2026, 22:14

Ah comme quoi ?

J'ai relu un résumé de la fin donc ça m'est revenu. Sur ce genre de fin très ouverte perso je pense de toute façon qu'il n'y a pas de bonnes interprétations. Et d'ailleurs c'est ce que Hamaguchi lui même dit.

Mais dans mon esprit je voyais un peu le père et sa fille comme représentant la nature, ou en tout cas un lien non perverti avec celle ci. Sauf que le père va peu à peu se compromettre avec le nouveau projet (ou en tout cas en prendre le potentiel chemin). La disparition de sa fille peut alors être vu comme la perte de son lien avec la nature, et il réagit alors en "cerf blessé".


Bon faudrait que je revois le film mais c'est ce qui me revient en lisant le rapide résumé wiki. Il me manque peut être des éléments.

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Re: Cinéma

Messagepar Eroldir » 06 Mar 2026, 23:17

"Schindler's list", peu importe, mais à chaque fois que je m'y replonge, il y a déjà des frissons lorsqu'il débarque sur "Por la Cabeza", ce tango et ce jeu de regards qui cherche à voir qui il peut séduire pour son profit. Puis, petit à petit, la réalisation que son profit alimente le massacre (la petite fille en rouge est toujours un passage bouleversant aussi). Non, ce film que je connais par cœur me bouleverse toujours autant que la première fois où je l'ai vu.

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Re: Cinéma

Messagepar Robocrotte 2.0 » 07 Mar 2026, 07:33

Leinhart a écrit: Woman and Child (Saeed Roustaee – 2026) : Première déception relative devant un film de Saeed Roustaee, qui m'a paru pour la première fois empêché. Lui qui a fait le choix de continuer à faire des films dans le système classique iranien a sans doute été davantage surveillé après Leila et ses frères. Il en résulte un film qui tente de faire une critique du système patriarcal iranien, mais sans grande subtilité. L'intérêt de Woman and Child sera donc davantage à chercher du côté de l'intime et dans l'utilisation des codes du cinéma de genre pour raconter ce drame familial. De ce point de vue là, rien ne change, Roustaee sait filmer, diriger ses acteurs (même s'il y a un peu trop de cris et de larmes à mon goût ici), créer et maintenir de la tension et on reste bien servi de ce point de vue là.


Un des pires films du monde à mes yeux : cette espèce d'escalade manipulatoire dans le toujours plus m'a donné envie de quitter la salle à chaque minute, et ce d'autant plus que Roustaee sait incontestablement mettre du rythme, mener un récit, infuser du nerf. Je déteste ce film qui n'arrête pas d'associer au pire le plus que pire, et qui fait de chacune de ses scènes un élément purement scénaristique pour emmener ses personnages (insup') toujours plus loin dans la gabegie.

Nifa a écrit:Leinhart (et si d'autres l'ont vu), comme tu/vous interpretez la fin de Le mal n'existe pas, si jamais c'est encore frais dans votre tête ?


Alors effectivement, la fin est tarabiscotée, et le film ne nécessitait à mon sens pas tant de symboles, ni cette conclusion sibylline. Voici ce que j'y avais trouvé.

Tout de son long, le film fait état d'un désastre à venir, qu'il soit celui de la création du camp, des coups de feu qu"on entend de temps en temps, des migraines subites et quasi prophétiques que le perd ressent. Je crois aussi me rappeler qu'il est veuf ? Dont acte à la fin : ils arrivent sur les lieux de la mort de la fille, après avoir entendu des détonations, et, si je me rappelle bien, la première image qu'on en voit sont des cerfs. Plusieurs possibilités :

- La fille, à trop jouer avec les animaux, a sous-estimé par innocence le pouvoir de la nature et son caractère aléatoire. Les cerfs l'ont tué ; cela rejoint assez le sens du film qui vise à établir un rapport de force entre l'occupation que tient l'homme des territoires non domestiqués et, en même temps, de la force sans dogme qu'elle lui renvoie. En l'occurrence, le mal n'existe pas, mais car il n'y a pas de dessein maléfique.
- Les coups de feu sont ceux de braconniers, qui exploitent les ressources sans respecter les règles. Ils ont pris la fille pour un cervidé (d'où l'image furtive quand ils arrivent in situ) et ont malheureusement tiré.
- Quant à l'agression du père sur le citadin chialeur, elle peut aussi être vue de deux façons. C'est, d'un côté, une vengeance, une catharsis vis-à-vis de celui qui menace son bled d'être occupé par un état d'esprit gentrifié et ce au dédain des conventions établies par le village, et qui l'a accaparé au moment d'aller chercher sa fille à l'école. De l'autre, un moyen d'auto-défense au moment de protéger sa fille face à la nature, un moyen de faire comprendre que la meilleure façon d'agir, c'est encore d'y aller prudemment, et d'éviter tout acte trop brusque et trop impulsif (le blue collar, si je me rappelle bien, s'apprête à courir vers la fille sans analyser la situation)


Bref, de toute façon, à chacun d'y voir ce qu'il veut y voir ; je ne suis à vrai dire pas fan du tout des constructions scénaristiques de Hamaguchi, qui s'appuient beaucoup sur la surprise et l'irrationnel, et qui déjouent souvent, à escient, les structures classiques que l'on aurait attendu. Pourquoi pas, mais je trouve qu'il se complaît beaucoup à l'exercice, jusqu'à enrayer les logiques les plus élémentaires des comportements humains (le troisième sketch du film précédent, n'importe quoi vraiment).

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Re: Cinéma

Messagepar Nifa » 07 Mar 2026, 09:07

Vos théories sont assez intéressantes et on s'y retrouve presque. Vu que la fin est presque irrationnel, on peut s'imaginer un tas de raisons.

perso je pensais simplement qu'en voyant la nature se défendre avec l'attaque sur sa fille, le père en est revenu a ce constat (la brutalité neutre de la nature) et il agit brutalement pour repousser les promoteurs touristiques. Pendant tout le film, je me disais qu'en comparaison de nos Alpes à nous, les Alpes japonaises apparaissent comme beaucoup plus calme. C'est peut être seulement une vision, dans un village, dix kms plus loin on a peut être quelque chose de beaucoup plus touristifie etc. Et a cet égard, on comprendrai avec la fin que ce village doit son calme, a la violence de son "gardien" qui repousse les assaillants en quelque sorte

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Re: Cinéma

Messagepar Murungaru » 08 Mar 2026, 07:36

Les 6 films de Kinuyo Tanaka sont disponibles sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027619 ... yo-tanaka/

Très chaudement recommandé. Leinhart, Robo et moi même en avions parlé ici lors de la rétrospective de 2022.

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Re: Cinéma

Messagepar Panzer » 08 Mar 2026, 11:07

Murungaru a écrit:Les 6 films de Kinuyo Tanaka sont disponibles sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027619 ... yo-tanaka/

Très chaudement recommandé. Leinhart, Robo et moi même en avions parlé ici lors de la rétrospective de 2022.

Merci de l'info !
A quel réalisateur japonais peut il être comparé, juste pour avoir une idée du genre ?

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Re: Cinéma

Messagepar Robocrotte 2.0 » 08 Mar 2026, 12:17

Panzer a écrit:
Murungaru a écrit:Les 6 films de Kinuyo Tanaka sont disponibles sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027619 ... yo-tanaka/

Très chaudement recommandé. Leinhart, Robo et moi même en avions parlé ici lors de la rétrospective de 2022.

Merci de l'info !
A quel réalisateur japonais peut il être comparé, juste pour avoir une idée du genre ?

Lettre d’amour -> Kinoshita x Naruse
La lune s’est levée, Ozu 100%
Maternité éternelle, Naruse mais en cent fois plus moderne
La Princesse errante, David Lean (oui oui j’assume cette comparaison, c'est le Docteur Zhivago japonais)
La nuit des femmes, Naruse x Ōshima
Mademoiselle Ogin, Mizoguchi 80%, Kobayashi 20% (même chef-op et même scénariste que Harakiri)

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Re: Cinéma

Messagepar Leinhart » 08 Mar 2026, 13:10

J'avais aussi noté à l'époque que Tanaka développait son propre style tout en allant chercher des inspirations chez les grands cinéastes japonais : beaucoup de Naruse pour le melo, un peu de mizoguchi/kobayashi pour les films d'époque.

À l'époque, les critiques avaient parlé de "Ozu au féminin" mais c’est finalement assez peu Ozu (sauf la lune s'est levée comme le dit robocrotte), c'est juste que la plupart des critiques, quand il s'agit de cinéma japonais, n'ont vu que quelques Ozu et Kurosawa

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