Deux films que j'espère pouvoir voir en salle, comme le Trueba d'ailleurs
LouisR a écrit:Il me manque que Lady Oscar Model Shop et 3 places pour le 27 si qqun sais où les trouver je suis preneur
D'ailleurs je ferais p-e un truc global sur Demy
Model Shop et Trois places pour le 26 sont dispos sur plusieurs plateformes en VOD (La Cinetek notamment).
Lady Oscar est "invisible" mais je l'avais quand même trouvé en cherchant bien sur internet
Pour les visionnages récents, quelques sorties ciné
Furcy, né libre (Abd Al Malik – 2026) : Un film sur une affaire judiciaire passionnante (la liberté d'une personne prétendant être maintenue en esclavage contre le droit), mais qui pêche par une forme pas franchement stimulante (théâtralité, répétition des séquences, côté carte postale qui n'apporte pas grand chose, acteurs et actrices peu convaincants - notamment R. Duris comme souvent). Au final, j'ai eu l'impression de voir quelque chose de trop didactique, notamment dans ses scènes de procès (où la stratégie et les arguments des avocats changent à chaque nouveau de degré de juridiction, pour une raison qui m'échappe). J'ai bien aimé l'apparition de François Sureau en juge défenseur des libertés.
La Grazia (Paolo Sorrentino – 2026) : Je n'ai jamais vu les "classiques" de Sorrentino, seulement ses deux derniers longs très pénibles (Silvio et les autres & Parthenope) et la série The Young Pope. Je ne m'attendais pas à grand chose, le début du film m'a plutôt crispé avec l'impression d'être à nouveau devant quelque chose de très poseur et superficiel. Pourtant, quelque chose s'est passé et m'a accroché, et j'ai passé un excellent moment devant ce conte moral que j'ai trouvé sensible et très beau (beaucoup plus sobre et moins clinquant que d'habitude)
Sorrentino filme la fin du mandat d'un Président de la République italienne, après nous avoir proposé en intro les prérogatives constitutionnelles du Président, mais ce n'est qu'un prétexte pour suivre les pensées et les dilemmes moraux d'un homme en fin de parcours. Le choix de zapper complètement le contexte politique actuel italien pour situer l'action dans une Italie anachronique avec des politiques qui paraissent respectables.
Un très bon moment devant un film qui brille plus par ses petits instants que par sa trame générale.
Le Gâteau du Président (Hasan Hadi – 2026) : Un très réussi premier film, irakien (avec financements US et qataris), qui raconte le quotidien d'une enfant dans l'Irak de Sadam Hussein, durant les 24h précédant l'anniversaire du leader suprême. Le film commence dans une veine proche de Kiarostami, avec cette fille, pauvre, tirée au sort pour faire un gateau pour l'anniversaire du Président, montrant la difficulté à se procurer du sucre ou des oeufs dans un pays sous embargo. Cette partie est bluffante et très réussie. Ensuite, ça se transforme progressivement en fable, tirant sur des ficelles scénaristiques de plus en plus grosses, jusqu'à un twist final "choc" franchement dispensable pour quiconque a suivi le film avec un minimum d'attention. C'est dommage, car le film perd progressivement en subtilité.
Restent une réalisation très soignée, un contexte qu'on a peu l'habitude de voir au cinéma et deux jeunes enfants (et un coq) très bons devant la caméra.
L’Affaire Bojarski (Jean-Paul Salomé – 2026) : Après la Syndicaliste, navrant d'un point de vue cinématographique, je m'étais dit que je ne retournerai pas voir un film de JP Salomé de sitôt. J'ai pourtant fini par céder face aux critiques positives et à l'accueil général réservé à son Bojarski. Le résultat est nettement plus convaincant, parce que l'histoire (vraie encore, on aime à nous le rappeler dès le carton introductif comme si c'était un gage de qualité) est passionnante en elle même, parce que la photographie, la musique, sont cette fois nettement plus intéressantes, parce que la reconstitution est globalement réussie... Il n'empêche que ce cinéma a ses limites, notamment en termes d'écriture, de caractérisation des personnages, d'enchaînement des séquences. Le flic joué par Bastien Bouillon est inintéressant et sa trajectoire est caricatural, le rôle de la femme de Bojarski est insignifiant et tout l'arc familial dispensable. Surtout, comme avec la Syndicaliste, Salomé a la faculté impressionnante de faire douter de la véracité de ses histoires vraies (ici, avec une sorte de duel ridicule entre le faussaire et le flic - coups de téléphone, face à face au bar - les inventions de Bojarski présentées de manière complètement aléatoire, les raisons de sa capture... même en sachant que c'est vrai, on peine à y croire).
Au final, c'est surtout une contrefaçon de film noir type années 50 et de film de gangster à la Michael Mann ou à la Scorsese, pour un résultat plaisant mais très tiède.
Nuremberg (James Vanderbilt – 2026) : J'ai lu que ce film était une relecture hollywoodienne du procès de Nuremberg et un film très scolaire. Je suis d'accord sur la première affirmation, c'est très américain jusqu'à la caricature, beaucoup moins sur la seconde tant le film part selon moi dans tous les sens sans jamais vraiment savoir où il va. C'est simple, derrière ses airs de blockbuster un peu bête, le film lance le spectateur sur beaucoup de pistes sans jamais vraiment les explorer. La quasi première scène montre une discussion sur la difficulté à faire un procès sans loi ni jurisprudence, mais cette problématique ne sera plus jamais abordée. Le personnage de Göring souligne qu'il est accusé uniquement parce qu'il a perdu la guerre ; il rappelle aussi que les américains invoquent des crimes contre l'humanité alors qu'ils viennent d'irradier Hiroshima et Nagasaki ; le film évoque la peine de mort et filme des pendaisons de manière très violente sans jamais vraiment questionner cet aspect du procès ; on nous présente d'abord les nazis comme des gens normaux pour nous permettre de comprendre les mécaniques du mal, avant de les représenter en monstres. Le film pose beaucoup de questions, à mon sens involontairement.
De toute façon, il est beaucoup trop bête pour pouvoir y répondre. Il y a dans ce film pas mal de scènes qui seront parmi les plus involontairement drôles de 2026 (l'américain qui pisse sur la croix gamée dès l'ouverture ; les transitions nullissimes, en particulier celle au Vatican ; l'arrivée des nazis à la prison de Nuremberg ; mais surtout, surtout, cet incroyable plan de Russel Crowe préparant son procès en faisant des pompes dans sa cellule sur une musique de blockbuster). Tout ça est présenté avec une histoire de psychanalyse idiote, où un très mauvais Rami Malek fait passer un test de Rorschach avant de devenir copain avec Göring et aller s'amuser avec la femme et la fille de ce dernier. La longue scène du procès est bête et ne fait ressortir aucun vrai enjeu juridique. Et tout se termine sur un plan final abject où les nazis sont filmés exactement de la même façon que les corps des juifs dans les camps.
Je recommande quand même, je n'aurais pas pensé me marrer autant devant un film sur ce sujet. Les américains sont décidément très forts pour saboter l'Histoire.
J'ai aussi vu en salle le tout premier Pialat
L’Enfance nue (Maurice Pialat – 1962) : Je ne suis habituellement pas un grand fan de Pialat mais j'ai trouvé son premier film, qui présente avec une approche très naturaliste le destin d'un enfant abandonné placé, vraiment remarquable. C'est un réalisme cru, d'une grande intelligence, présentant l'enfance "nue", sans artifice, sans jugement, ce qui rend ses personnages très humains et attachants malgré leurs défauts. Le sommet reste pour moi les moments sublimes entre le jeune François et la vieille grand-mère qui portent toute l'humanité du film.
Et à la maison, j'ai continué dans les Star Wars (il me reste juste les deux que j'aime le moins, ça ne va pas me motiver beaucoup) + autres
Star Wars – Episode III : La Revanche des Sith (George Lucas – 2005) : L'épisode III est sans trop de doutes le plus solide de la prélogie, autant sur l'aspect visuel (les effets numériques sont enfin à peu près maîtrisés) que par les thématiques abordées et la dramaturgie (comment la démocratie laisse place au totalitarisme > "so this is how liberty dies, with thunderous applause", sans doute la seule grande réplique de l'épisode). Pas d'ennui, sur les 2h20, une histoire qui résonne pas mal avec le contexte géopolitique actuel, mais il y a malheureusement trop de défauts pour en faire un grand film.
Le principal, c'est que Lucas est un conteur capable de créer un univers mais incapable de raconter son histoire en détails. Les dialogues sont horriblement écrits et déclamés avec beaucoup trop de sérieux, l'évolution des personnages et des intrigues est mécanique, les relations peu incarnées (l'amour entre Anakin et Padmé, ou l'amour fraternel entre Obi-Wan et Anakin, ils en parlent, mais je ne le ressens jamais). Lucas est aussi un piètre directeur d'acteurs et je ne vois pas grand monde qui sort du lot ici (mention spéciale à Ian McDiarmid catastrophique dans la première scène, au fabuleux "Noooo" de Vador ou à Samuel L. Jackson que j'ai rarement vu aussi plat). Et visuellement, c'est solide mais jamais très élégant et desservi par un montage catastrophique (le Paul Hirsch des épisodes IV et V est loin - les meilleurs épisodes de la saga finalement).
Bref, j'ai pris du plaisir à redécouvrir cet univers avant l'arrivée de Disney, mais j'ai quand même au final la sensation d'un énorme gâchis, compte tenu du potentiel global jamais vraiment exploité.
Rogue One – A Star Wars Story (Gareth Edwards – 2016) : Appréciant le travail de Gareth Edwards, je savais que je devais redonner une chance à son Rogue One. J'étais passé à côté lors de la sortie en salle mais le revisionnage a été un très bon moment. On est enfin libéré de la narration traditionnelle de la saga (pas de longue intro qui défile, ouf), les mythes ne sont pas trop étouffants, on attend pas de gros retournement scénaristique puisqu'on connaît la fin. Tout ça permet de se concentrer sur la mise en scène et la narration, et de ce point de vue l'épisode m'a paru être l'un des tous meilleurs de la franchise. Même s'il a fait mieux ailleurs, Edwards sait vraiment filmer le grand à hauteur d'être humain, avec une superbe profondeur de champ. La première grande explosion et - surtout - la bataille finale sont de ce point de vue exemplaires. Côté récit, la possibilité de s'affranchir du happy end classique est hautement appréciable.
Ca reste un peu limité par le côté "bouche trou" de cette épisode qui précède l'épisode 4, et par la volonté de forcer l'insertion d'acteurs et actrices de l'époque en CGI, mais ça reste un bon divertissement qui m'a scotché à l'écran pendant les 30 dernières minutes.
Star Wars – Le Réveil de la force (J. J. Abrams – 2015) : Je m'écarte définitivement des fans de la série en confirmant, 10 ans après la sortie en salles, que j'aime beaucoup cet épisode VII. Oui, c'est quasiment un remake du IV, mais qui gomme justement beaucoup de défauts de l'oeuvre originale. Le film arrive malgré tout à s'inscrire dans la mythologie globale de la saga, a apporter une pierre supplémentaire à la tragédie familiale écrite par Lucas, tout en posant les bases d'une nouvelle trilogie (bases qui seront pour le coup complètement fracassées par les films suivants, hélas).
Malgré les limites du projet, j'aime les nouveaux personnages, j'aime beaucoup la première moitié du film qui les introduit parfaitement, j'aime le dosage de l'humour, l'aspect graphique générale, certains plans, le rythme, et c'est sans doute l'un des films de la saga devant lequel je prends le plus de plaisir.
Nuits d’ivresse printanière (Lou Ye – 2010) : J'ai beaucoup apprécié ce film chinois, et malgré tout j'ai l'impression que mon état de fatigue et les conditions de visionnage pas idéales m'ont empêché d'en profiter pleinement. Un film qui traite d'un triangle amoureux et de l'homosexualité dans un pays où elle réprouvée. Sa particularité est d'être tourné dans la clandestinité (ça se ressent sur la qualité des images, par moments), ce qui donne au film un sentiment d'instantané, d'urgence, de moment suspendu qui ne peut exister que de manière éphémère devant cette caméra.
Mauvaise graine (Billy Wilder & Alexander Esway – 1934) : Premier film de Billy Wilder réalisé (co-réalisé avec Alexander Esway, un inconnu pour ma part) pendant son passage en France entre l'Allemagne et les USA. C'est très anecdotique mais ça a le charme d'un film tourné dans le Paris des années 1930. Pas désagréable à regarder, il y a quelques dialogues ou personnages qui fonctionnent malgré tout et c'est aussi l'une des toutes premières apparitions au cinéma de Danielle Darrieux
Le Fils de Saul (Laszlo Nemes – 2015) : Je voulais voir ce film depuis sa sortie, alors même que j'étais peu friand de cinéma hongrois à l'époque. Je l'ai enfin rattrapé dix ans plus tard. Le Fils de Saul est un film fort qui adopte un point de vue unique pour suggérer l'horreur des camps d'extermination. La caméra est proche du personnage, en plan séquence, avec un arrière plan souvent flou. Le résultat est très réussi d'un point de vue conceptuel mais je n'ai jamais réussi à vraiment accrocher. C'est justement trop conceptuel pour être efficace, un peu malhonnête dans son dispositif (on floute l'horreur pour ne pas la montrer, mais on voit en réalité très bien ce qu'il se passe), et mis au service d'une histoire (offrir une sépulture à un cadavre qui serait le Fils de Saul) qui ne m'a jamais vraiment emporté émotionnellement. Un bel exercice de style néanmoins.
Bright Star (Jane Campion – 2009) : De tous les films de Campion que j'ai vus, Bright Star est sans doute mon préféré. C'est un film qui fait penser à du Jane Austen, qui ressemble à du cinéma des années 70 ou 80 alors qu'il a été tourné il y a 15 ans. C'est surtout une belle histoire d'amour entre une jeune couturière et un jeune poète "raté" (qui ne connaîtra la gloire qu'à titre posthume) sublimée par la finesse de la mise en scène, le jeu en retenue des interprètes et, surtout, une photographie d'une rare beauté qui donne à chaque plan un cachet unique. J'ai pas mal pensé à Hamnet au regard de la proximité des thématiques et la comparaison n'était pas vraiment à l'avantage du film de Chloé Zhao.
L’Enigme Velazquez (Stéphane Sorlat – 2025) : Après avoir découvert quelques peintures fascinantes de Velazquez à Vienne, j'ai eu envie de jeter un oeil à ce documentaire qui se révèle agréable à regarder mais plutôt décevant. Il ne tient pas les promesses de son titre (je n'ai pas vraiment vu d'"énigme" résolue), il est documenté mais plus sur l'histoire entourant le peintre que sur sa peinture, il a des idées mais s'avère au final un peu pompeux et redondant dans sa narration.
Irma Vep (Olivier Assayas – 1996) : Je connais peu le cinéma d'Assayas mais il est difficile, à première vue, de croire que la personne qui a réalisé le très conventionnel Mage du Kremlin est la même personne qui a imaginé ce film sur le tournage d'un remake des Vampires de Feuillade. Au delà de la fiction, c'est presque un essai sur le cinéma et un film fait sur mesure pour Maggie Cheung (excellente ici), un peu daté dans ses représentations mais ludique et plutôt stimulant.