Foudroyants
Ton avis sur
La Brigade devrait me faire franchir le pas, il est depuis sa sortie mis en avant dans une de mes librairies, mais j'en ai quasiment pas entendu parlé ailleurs. La mise en page à l'air très inventive de ce que j'ai feuilleté.
La BD
Watership down, je l'ai pas encore lu mais ça ne saurais tardé, madame l'a eu pour noël et j'ai adoré le roman et l'adaption en dessin animé. Et j'adore le dessin.
Pour
La fuite du cerveau je sais pas si c'est ton premier PHG ? moi j'adore son dessin, son trait, mais il a franchit un cap avec Slava je trouve.
Et intéressé par
Dissident club qui fait un peu echo avec une de mes lectures ci dessous.
Donc voici mon bilan de ce premier mois de l’année.
Le mois dernier, j’avais évoqué deux bouquins :
Écarlate de Christine Pawlowska et
Nombreux seront nos ennemis de Geneviève Desrosiers (recueil de poésie).
C’était le début de ce qui est devenu un cycle de lectures féminines, avec beaucoup de destins tragiques (Geneviève Desrosiers est décédée à 26 ans dans un triste accident et Christine Pawlowska n’a jamais plus rien écrit et a vécu une vie… tumultueuse par la suite).
Je précise que ce "cycle" un peu morbide n'était pas du tout prévu mais est le résultat de l’actualité littéraire (les Desrosiers, Uguay et Pawlowska) et de ma curiosité piquée par la préface d’Écarlate, qui citait quelques œuvres. Donc à ces deux lectures se sont ajoutés :
L’autre moitié du songe m’appartient(Alicia Gallienne - 2020)
L’autrice est décédée à 20 ans, mais elle a livré une poésie très mature pour son jeune âge, qui respire la vie tout en sachant la mort si proche (maladie du sang). Ça ajoute évidemment une dimension funeste, mais la qualité de son œuvre est indéniable même sans ça, et j’ai été assez bouleversé par certains textes.
Poèmes (Marie Uguay - 2005)
Poétesse québécoise, décédée à 26 ans suite à un cancer des os. Ses poèmes sont variés, parfois courts, parfois longs, avec une présence de la nature assez marquée, et une urgence qui se manifeste de plus en plus à l’arrivée de sa maladie.
Laissez-moi (Marcelle Sauvageot - 1933)
Parfois aussi nommé Commentaires, il me semble, est également une œuvre unique de son autrice, très brève aussi et en bonne partie autobiographique, du moins pour la maladie. Car Marcelle Sauvageot décède à 33 ans de tuberculose après plusieurs séjours en sanatorium. Or, justement, le récit de Laissez-moi est celui, à la première personne, d’une jeune femme malade, amoureuse, en soins dans un sanatorium, qui reçoit une lettre de rupture de son amant. Elle va alors développer toute une réflexion, en partie adressée (au moins intérieurement) à son amant, sur les relations hommes/femmes, avec un esprit d’indépendance assez notable pour l’époque. J’y ai trouvé un drôle de mélange entre une douceur qui se voit brisée en même temps que des illusions qu’entretenait la protagoniste, déjà à moitié consciente que ce n’étaient que des illusions justement. À peine 100 pages ici aussi, mais une belle profondeur.
La cloche de détresse (Sylvia Plath - 1963)
Encore une œuvre magnifiquement tragique, de l’écrivaine et poétesse américaine décédée par suicide à 30 ans, un mois après la publication de La cloche de détresse, si j’ai bonne mémoire. Publié en 1963, ici aussi le récit a une dimension féministe assez forte, avec un autre sujet de fond : la psychiatrie et la dépression, dont souffrait l’autrice. Le style est celui d’une grande poétesse (pour les amateurs de poésie, je conseille fortement ses recueils Ariel et Conversations parmi les ruines), très bien traduit aussi, j’ai trouvé. Elle se fait aussi l’écho d’un profond mal-être chez les jeunes femmes, ici tout juste sorties de l’adolescence, aspirant à une liberté qui reste difficilement atteignable. Je préfère quand même prévenir que ce n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains, la narratrice multipliant les tentatives de suicide.
Et côté BDs :
Les Indes fourbes (Ayrolles / Guarnido – 2019)
Relecture, enfin plus ou moins, car je crois qu’à sa sortie je n’avais même pas été au bout tant le perso principal m’insupportait. Bon, je ne devais pas être bien luné, car même si je ne partage pas l’engouement, je vois pas mal de qualités, mais ça ne prend pas trop sur moi, et je trouve le dernier tiers trop explicatif.
Le Petit Frère (Jean-Louis Tripp – 2022)
Relecture aussi, mais là j’aime tout autant. Œuvre autobiographique déchirante et avec le niveau de pudeur qu’il faut. Tout est parfaitement équilibré, je trouve, dans cette BD pour aborder ce drame familial avec une grande dignité.
Journal inquiet d’Istanbul Tome 1 et 2 (Ersin Karabulut – 2022/2025)
Autre œuvre autobiographique. Mon frère m’a offert le T1 pour Noël et j’ai très vite pris le tome 2. C’est vraiment très très bon, l’auteur, qui est de base caricaturiste dans un journal satirique turc, et ça ressort parfois superbement sur certains visages ou expressions. Je pense connaître pas trop mal l’histoire politique (et religieuse) de la Turquie, mais j’ai quand même appris pas mal de choses, et surtout c’est encore pire que ce que je le pensais (notamment la quasi-guerre civile des années 70, qui a eu plus d’ampleur que ce que j’avais en tête).
Et au-delà de la Turquie, les sujets politiques, religieux et de liberté qui sont abordés sont assez passionnants et faits avec humilité, l’auteur ne s’épargnant pas.
Curieux de lire ses autres œuvres qu’on m’a chaudement recommandées.
Zoc (Jade Khoo – 2022)
Relecture de cette première œuvre de Jade Khoo avant la sortie du très attendu Terre ou Lune (qui sort aujourd’hui, mais que j’ai déjà pu lire, et attente totalement comblée, foncez, ce sera à n’en pas douter un des gros titres de 2026). C’est très beau, très doux et poétique, dans la lignée du court métrage qu’elle avait coréalisé à l’École des Gobelins et que je recommande aussi :
https://www.youtube.com/watch?v=jpyYiMAvo6UDonjon Monsters Tome 1 – Jean-Jean la Terreur (Sfar / Trondheim – 2004)
Je vais essayer de repartir sur Donjon, dont je n’ai lu que les 6 premiers Zéniths et quelques albums de Parade à côté. Je vais tenter de suivre un ordre de lecture qu’on m’a conseillé et celui-ci était premier.
C’est du Donjon ici assez léger, décalé et humoristique, pas inoubliable, mais c’était une lecture plaisante qui donne envie de continuer de replonger dans ce vaste univers.
Yon Tome 1 & 2 (Camille Broutin – 2025)
Je ne lis quasiment jamais de “manga” français, mais ce que j’ai entendu sur celui-ci m’a fait franchir le pas. Et je ne regrette pas. Un manga fantastique où l’on retrouve tout un groupe de jeunes filles piégées dans un internat qui vont devoir survivre. Ça m’a fait penser un peu à L’École emportée de Umezu, ou même Who’s Next, pour le côté parfois WTF et l’intensité nonchalante de certains persos. Car c’est le plus gros point fort : les personnages. Certains les trouvent clichés, je trouve au contraire que le T2 vient en nuancer plusieurs assez justement.
Reste quelques soucis de lisibilité, notamment sur une séquence du T2 qu’il a fallu que je relise un paquet de fois pour comprendre (et importante).
La Ville (Barreiro / Gimenez – 2026)
Curiosité de SF argentine qui sent bon les années 80 (sorti en 91, je crois), qui m’a fait sacrément plaisir. On est plongé dans une ville labyrinthique dont personne ne trouve la sortie. Le style peut déranger, car chaque chapitre est une histoire relativement indépendante, où nos deux protagonistes vont se confronter à une nouvelle bizarrerie de “la ville”. Ce qui est génial, c’est que chaque chapitre propose une ambiance, voire un genre différent, et que globalement je les trouve très sympas. Parfois un petit sentiment de frustration, car ça se termine / se résout trop vite. Mais dans l’ensemble, j’ai apprécié ce voyage dans le temps.
Train de nuit dans la Voie lactée (Adrien Demont – 2026)
Premier livre pour la nouvelle maison d’édition Morgen (où l’on retrouve Sullivan Rouaud, qui était précédemment à la tête de Mangetsu et HiComics).
C’est une adaptation d’un très célèbre conte de jeunesse japonais. Je ne l’ai jamais lu, mais j’ai vu l’adaptation en film d’animation de 1985, qui est un petit bijou de poésie.
Ici, Adrien Demont propose une œuvre assez unique où il faut aussi se laisser porter par le récit, par ce train et ce voyage. Moi j’ai adoré, mais il faut rentrer dedans et aussi ne pas être réfractaire au parti pris graphique bien particulier.
Alastor de Sombregarde, tome 1 : L’Infâme gentilhomme (Dobbs / Morinière – 2026)
Lecture très sympa. J’ai été à la fois très séduit par la galerie de personnages, qui fonctionne très bien en tant que petite compagnie, mais aussi et surtout par l’ambiance de cette dark fantasy ironico-mélancolique (c’est clair, non ?

).
Et si le dessin est très agréable, je trouve en revanche que la mise en case (voire la narration) manque parfois de fluidité.
Dommage, mais le positif l’emporte assez largement, j’en serai pour la suite avec plaisir. Prévu en deux tomes, avec possibilité de s’intéresser à d’autres personnages si le titre rencontre un petit succès.
La Bibliomule de Cordoue (Lupano / Chemineau – 2021)
Dans ma wishlist depuis sa sortie en 2021, je n’avais jamais sauté le pas. Voilà chose faite. Quand on a un titre en tête depuis pas mal de temps, il y a toujours une certaine attente et une idée du récit qui se crée. C’est toujours amusant quand, finalement, on tombe sur quelque chose de totalement différent de ce qu’on s’était imaginé.
Ici, j’ai eu exactement ce à quoi je m’attendais : une belle aventure humoristique et historique qui nous projette durant l’âge d’or d’Al-Andalus, avec un discours sur l’importance du savoir, de la science et de sa méthode (du doute donc), discours qui résonne particulièrement bien avec ma lecture, à côté, du roman Le Nom de la rose (avant d’attaquer le diptyque BD). Le trio (ou devrais-je dire le quatuor) fonctionne très bien. Il me semble que la fin en a laissé certains sur leur faim ; j’ai personnellement trouvé ça très bien comme ça. Et je rajoute que les 6 pages de postface sur le contexte historique sont passionnantes.