Quand le Tour de France passe dans les Alpes, c’est synonyme de grandes batailles sur la route. Mais les cols sont aussi l’occasion pour les locaux de penser à autre chose en saluant leurs proches sur le bord de la route. Sur cette Grande Boucle, ce sont deux coureurs de l’équipe savoyarde Decathlon-AG2R qui ont été à (très grande) fête dans leur jardin, avec Bastien Tronchon et Aurélien Paret-Peintre.
Du porteur du maillot jaune à la lanterne rouge, la Grande Boucle peut paraître longue. Même Tadej Pogacar est concerné et a confié avoir hâte de rentrer chez lui. Mais certains ont de la chance sur la route du Tour de France : ils passent chez eux. Ou en tout cas pas loin. Et ce sont souvent les coureurs français qui ont cette opportunité, forcément. Mais les plus chanceux sont ceux qui vivent dans les Alpes, notamment les Savoyards qui ont l’épreuve à portée de chez eux presque tous les ans, de quoi passer le Tour plus rapidement en pouvant voir leurs proches.
Sur cette édition 2025, plusieurs virages à l’honneur d’un Alpin ont été observés. On pense d’abord au virage Baudin dans le col du Pré sur la 19e étape, en l’honneur du natif d’Albertville pensionnaire de la formation EF Education-Easy Post, qui a pu y passer en tête. Mais deux autres coureurs ont été à l’honneur dans ces Alpes, équipiers au sein de la formation Decathlon-AG2R basée à Chambéry : Bastien Tronchon et Aurélien Paret-Peintre.
Reblochon, bière, fumigène
Le premier était attendu sur les pentes du col de la Loze, à 3 km de l’arrivée de la 18e étape. Tous ses proches étaient là pour mettre une ambiance de folie sur la route, que ce soit sa famille ou ses potes de son club de La Motte-Servolex. On ne pouvait pas les louper dans le virage qu’ils s’étaient appropriés, avec une bâche large de près de plusieurs mètres que les parents Valérie et Laurent ont fabriqué en quelques jours. Plusieurs heures avant son passage déjà, ils paradaient avec t-shirts et pancartes à l’effigie du natif de Chambéry, surnommé « le gorille », lançant des chants à sa gloire entre des invitations à croquer dans un reblochon et du ski sur le bitume.
Fumi craqué et cul sec : Bastien Tronchon a retrouvé son fan club dans le col de la Loze, à l'issue de la 18e étape du Tour de France.
(Aucune amende pour dommages à l'image du sport donc). #TDF2025 pic.twitter.com/JdqmJoOWwk
— Le Gruppetto (@LeGruppetto) July 24, 2025
Et l’attente a été récompensée. Après son passage en 50e position au sommet du Tour, « Tronch' » est redescendu auprès de ses plus fidèles supporters pour une fête de quelques minutes. « Vous êtes des fous », lâchait le Savoyard après avoir brandi un fumigène et fini une bière cul-sec.
Victor Lafay en Spiderman
De quoi lui mettre du baume au cœur, comme pour son coéquipier Aurélien Paret-Peintre qui a connu encore plus fort au virage n°1 de La Plagne. À 3 kilomètres de l’arrivée d’une étape où il a tout donné pour son leader Felix Gall, le Haut-Savoyard était attendu en grandes pompes par ses proches. Notamment sa copine et ses potes du Four Cycling Club (FCC), un groupe de potes qui s’est formé pendant ses études à Chambéry, dont fait partie Benoît Cosnefroy. Le Normand était à La Plagne depuis quatre jours pour organiser une fête d’ampleur avec le FCC. « On voulait passer une super journée autour du Tour et soutenir Aurélien. J’aurais préféré être sur la route, mais on passe des moments importants ici avec les potes », confiait-il.
Et à en croire l’ambiance, ça a été réussi. Musique à fond à se croire dans une boîte de nuit en pleine journée, fumée de barbecue et litres de bières tirés par le FCC ont chauffé à blanc le public amassé, qui a accueilli le peloton avec une marée de rose, couleur de ce Four de France (le nom de l’évènement). On a même aperçu Victor Lafay faire la fête déguisé en Spiderman.
Une récidive pour le FCC après l’étape de Morzine en 2023 où Cosnefroy, sur le vélo cette fois, s’était arrêté pour un bain de foule de folie dans le col de Joux-Plane. Mais en 2025, les coureurs ne s’arrêtent plus pour ces regroupements de supporters au cours de l’étape. La jurisprudence de Julien Bernard, sanctionné pour « dommages à l’image du sport » sur le Tour 2024 fait sans doute peur. Le Bourguignon de la Lidl-Trek s’était arrêté pendant le chrono de Gevrey-Chambertin avec ses proches et avait embrassé sa femme et son fils, ce qui lui avait valu 200 francs suisses d’amende. Les coureurs font maintenant la fête après avoir franchi la ligne. Car le Tour reste une fête, même quand on y pédale plus de 3 000 km.
Par Titouan P.
