Écrit le par dans la catégorie Histoire, Les forçats de la route.

En ce début d’année 2020, LeGruppetto vous propose un nouveau classement pour connaître le meilleur coureur des années 2000, à l’aide de notre propre barème. L’accent a été mis sur les victoires pour classer les coureurs sur les plus grandes courses, avec un système dégressif où une deuxième place apporte par exemple 50% des points de la première place. Seuls plusieurs grands succès peuvent permettre aux coureurs de figurer en haut de ce top 30. En voici la partie finale de la 10e place jusqu’au grand vainqueur.

10e : Danilo Di Luca, 59 pts

Jeune espoir prometteur, vainqueur du Girobio et 2e du Tour de Lombardie à la fin de la décennie précédente, il confirme dès le début des années 2000 en remportant des étapes du Giro à Peschici et Montevergine. Il remporte même le Lombardia dans les rues de Bergame en 2001. Vainqueur de nombreuses semi-classiques Italiennes, il gagne également sur la Vuelta au début de années 2000, mais se contente de places d’honneur dans de nombreuses courses (deux fois 2e de Tirreno-Adriatico, 2e de la Flèche, 3e de l’Amstel et à San Sebastian). Un changement a lieu en 2005. Pour les débuts du « ProTour », il remporte le Tour du Pays Basque, puis s’impose dans un Amstel Gold Race envahi par un épais brouillard, avant de s’imposer sur la Flèche Wallonne. Ce bel avril s’arrête là, mais il y découvre le tout nouveau maillot blanc de numéro 1 mondial (qui n’existera que jusqu’à l’année suivante), une tunique qu’il ne laissera que pour les maillots de leader sur le Giro, s’échangeant le maillot rose avec Paolo Bettini dans la première semaine. Il termine au pied du podium alors qu’il n’avait jusqu’alors terminé que deux Grands Tours sur huit participations, pour au mieux une 20e place sur la Vuelta 3 ans plus tôt. Un cap est alors franchi et si la confirmation est difficile l’année suivante, il revient bien plus fort en 2007, remportant coup sur coup les deux courses lui ayant manqué deux ans plus tôt : Liège-Bastogne-Liège et le Giro. Passé au second niveau, chez LPR, l’année suivante, il remporte cette année-là la Coupe d’Italie. La décennie s’achève sur un Giro qu’il semblait parti pour gagner, mais duquel il est exclu en raison de deux contrôles positifs à l’EPO. Il reviendra quelques années plus tard pour être de nouveau contrôlé positif et être suspendu à vie par la fédération Italienne. Il ne semble cependant pas regretter s’être dopé, déclarant même que les contrôles anti-dopages sont truqués et servent aux différentes fédérations pour truquer les résultats sportifs et choisir ainsi les vainqueurs qu’ils souhaitent.

9e : Robbie McEwen, 60 pts

Robbie McEwen au début de l’année 2006 avec le maillot de champion d’Australie.

Vainqueur au sprint sur les Champs Élysées en 1999, l’Australien confirme ses qualités de sprinteur la décennie suivante, montant son total de victoires sur la Grande Boucle à 12, un nombre qu’il obtient également sur le Giro (24 étapes sur les Grands Tours, seuls Alessandro Petacchi et Mark Cavendish ont fait mieux dans sa génération et depuis). Il a même l’occasion de porter le maillot rose et le maillot jaune pendant une journée. Sur le Tour 2002, il met fin au règne de 6 ans d’Erik Zabel sur le maillot vert, dans un début de décennie où la lutte pour le classement par points était très disputée avec le dit Allemand, ses compatriotes Stuart O’Grady et Baden Cooke ainsi que Thor Hushovd. Exception faite de son troisième classement par points en 2006, portant le maillot vert de la 2e étape à Paris. En Angleterre, après un prologue disputé en touriste dans les rues de Londres, il remporte sa dernière étape dans un Grand Tour dans les rues de Canterbury en début de Tour de France. À côté de cela, il aura su gagner des semi-classiques comme le GP de l’Escaut ou À travers les Flandres. Il a aussi remporté la classique des sprinteurs à Hambourg en 2008, son dernier succès majeur, quelques semaines avant d’achever sa domination dans Paris-Bruxelles, qu’il remportait cette année-là pour la 5ème occasion (un record absolu dans ce qui fut jadis une des grandes classiques du calendrier). C’était même sa 4e victoire consécutive dans les rues de la capitale Belge, une série qui s’était lancée en 2005, à la veille d’un Grand Prix de Fourmies victorieux, pour lequel le podium était similaire le samedi et le dimanche des deux côtés de la frontière.

8e : Fabian Cancellara, 60 pts

Débutant dans la Mapei Espoirs, de premiers résultats sont déjà là grâce au contre-la-montre, avec des victoires dans le GP Eddy Merckx (un contre-la-montre à deux dans les rues de Bruxelles) avec Michael Rogers puis Laszlo Bodrogi. Champion de Suisse de la spécialité, il remporte le prologue des Tours de Suisse et de Romandie en 2003, avant de monter d’un cran en 2004, remportant celui du Tour de France et goûtant pour la première fois au maillot jaune, quelques jours après un nouveau sacre. Entretemps, il n’a pas encore le droit de porter le maillot rouge à la croix blanche, la règlementation attendant encore une année pour cela. Juste avant ce Tour entamé de fort belle manière, il a terminé au pied du podium sur Paris-Roubaix. La victoire finale arrivera deux ans plus tard. En plus de tops 10 dans le Ronde, à Welvelgem, à Harelbeke et à Zürich, un autre succès arrive dans les classiques en 2008 avec Milan-Sanremo. Seulement quelques semaines après avoir remporté son premier succès sur les Strade Bianche italiennes, alors parties intégrantes du « Monte Paschi Eroica ». Il ne s’est pas détourné des contre-la-montre pour autant. Les prologues commencent à se raréfier, mais il en prend deux de plus sur le Tour. Il gagne même (après déclassement) un contre-la-montre de longue distance sur le Tour 2008. Il porte quelques jours le maillot or sur la Vuelta, là aussi après des victoires dans son exercice de prédilection. Mais dans les Grands Tours, il a aussi su gagner lors d’une étape en ligne : sorti au kilomètre dans les rues de Compiègne à l’issue d’un secteur pavé, il résiste aux sprinteurs dans une interminable ligne droite pour lever les bras avec le maillot jaune sur le dos. Dans des courses par étapes plus brèves, il a su remporter Tirreno-Adriatico et le Tour de Suisse. Champion du monde de l’exercice solitaire en 2006, 2007 et 2009 et il le sera encore en 2010. L’intermède 2008 ne l’a pas vu devenir champion du monde dans la discipline reine, mais il a compensé cela par deux médailles Olympiques à Pékin, dont l’or sur le contre-la-montre.

7e : Tom Boonen, 69 pts

Vainqueur de Paris-Tours et du championnat de Belgique chez les espoirs (en plus de podiums dans le Het Volk, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège), il passe pro chez US Postal en 2002 et se révèle en montant sur le podium de Paris-Roubaix, loin derrière un intouchable Johan Museeuw. Il passe dans les rangs de la Quick-Step et devient coéquipier du « Lion des Flandres », ce qui lui vaut quelques années le surnom de « Lionceau ». Après un premier succès sur son tour national en 2003 (réglant une échappée au sprint), il monte d’un cran l’année suivante, s’imposant à Harelbeke, à Welvelgem et dans le Scheldepris, lançant sa collection de Flandriennes. Parmi les meilleurs sprinteurs du peloton, il cumule même deux étapes sur le Tour de France, dont la prestigieuse étape des Champs Élysées. L’année suivante, il cumule deux étapes consécutives en première semaine, dont une en s’imposant sur l’Avenue de Grammont. Celle d’après encore, il porte quelques jours le maillot jaune. Puis deux nouvelles étapes et le classement par points se rajoutent à sa besace en 2007. Entretemps, il a continué de briller sur les classiques, réalisant un doublé Ronde-Roubaix en 2005 et devenant champion du monde la même année. Il va finir par triompher dans le Tour des Flandres avec le maillot arc-en-ciel sur le dos quelques mois plus tard, après une impressionnante montée du Koppenberg, de retour sur la course. D’autres semi-classiques sont acquises, dont un quadruplé dans l’E3, s’imposant tous les ans de 2004 à 2007. Il gagne également à Kuurne et à Waregem dans À travers les Flandres, mais aussi sur le Het Volk/Nieuwsblad. Il lève aussi les bras dans Milan-Sanremo, mais pour savourer la victoire d’un coéquipier. Deux nouveaux succès dans Paris-Roubaix arrivent en fin de décennie. Il est alors à une longueur des records dans les deux grandes classiques pavées, qu’il égalera lors de son incroyable année 2012.

6e : Oscar Freire, 73 pts

Oscar Freire avec le maillot vert sur le Tour de France 2008.

Champion du monde surprise en 1999, vêtu de l’arc-en-ciel, il attaque la décennie par quelques succès en Espagne, deux étapes de Tirreno-Adriatico, un podium sur Milan-Sanremo et deux étapes de la Vuelta. Mais il n’est pas que sprinteur, prenant également des places dans le top 10 en Coupe du Monde sur l’Amstel Gold Race, à Zürich et à San Sebastian. L’année suivante est plus difficile et le mondial de Lisbonne n’était pas considéré comme favorable aux sprinteurs, mais il y règle le sprint du peloton pour retrouver l’arc-en-ciel, une semaine après avoir réglé celui de Paris-Tours derrière le surprenant Richard Virenque. Il découvre ainsi le Tour de France en tant que champion du monde et il y remporte une étape, avant de devoir abandonner sur chute. Passant de la Mapei à la Rabobank l’année suivante, les résultats sont en léger déclin, mais il remonte d’un cran en 2004, en étant 3e de la Coupe du Monde après une victoire de justesse dans Milan-Sanremo, alors qu’Erik Zabel levait les bras un peu trop tôt pour être freiné par un fort vent de face. Il conclut la saison par un nouveau titre de champion du monde, à Vérone, comme lors de son premier sacre 5 ans plus tôt. Vainqueur de Tirreno-Adriatico au printemps suivant, on lui interdit de porter le maillot arc-en-ciel dans la Classicissima, au profit du nouveau maillot de leader du « ProTour » (le règlement changera à ce sujet dès l’année suivante). Les succès resteront réguliers sur le reste de la décennie, avec la Cyclassics de Hambourg, de nouvelles étapes sur le Tour de France (et un maillot vert en 2008), des étapes de la Vuelta, un Gent-Wevelgem et surtout un nouveau succès dans Milan-Sanremo en 2007. Un troisième arrivera en 2010.

5e : Davide Rebellin, 75 pts

Déjà professionnel depuis 7 ans et demi, il entame la décennie dans la petite équipe Liquigas (rien à voir avec l’équipe au même sponsor quelques années plus tard) et il y gagne assez peu au plus haut niveau (il a tout de même gagné Tirreno-Adriatico, mais a surtout cumulé les places d’honneur, comme deux podiums sur la doyenne des classiques). Il va continuer d’enchaîner les tops 10 sur les classiques et au général de la Coupe du Monde à son arrivée chez Gerolsteiner, mais l’année 2004 marque un changement important. Alors que l’Amstel, la Flèche et Liège s’enchaînent dans cet ordre en 8 jours pour la deuxième année consécutive, il y réalise le tout premier triplé Ardennais de l’histoire, levant les bras en haut du Cauberg, en haut du Mur de Huy et en haut de la côte d’Ans. Seule une incroyable régularité de Paolo Bettini l’empêchera de prendre la tête de la coupe du monde en octobre, l’Italien remportant le dernier challenge des classiques pour seulement 13 points. Pour Davide Rebellin, l’année 2005 voit le retour des nombreuses places d’honneur, tant sur les classiques que dans les courses d’une semaine. Cette fois, il n’est plus sur le podium final de la Coupe du Monde, mais de celui du ProTour. L’impressionnant lot de places d’honneurs s’interrompt en fin de décennie, avec une grande victoire annuelle depuis 2007. Avec cette année-là et en 2009 des victoires dans la Flèche Wallonne et une victoire finale dans Paris-Nice intercalée entre elles. Il est suspendu au printemps 2009 pour un contrôle positif datant des derniers Jeux Olympiques. Cela n’arrête cependant pas sa carrière, puisqu’il court encore en 2020, année où il aura 49 ans.

4e : Alejandro Valverde, 76 pts

Champion d’Espagne espoirs en 2001, sa première année pro chez Kelme l’année suivante est assez discrète. Il se révèle en 2003, commençant à cumuler les victoires (dont une étape du Tour du Pays Basque) en début de saison et son année se retrouve même brillante à l’automne, puisque qu’il termine 3ème de la Vuelta en en remportant 2 étapes et le classement du combiné, puis en obtenant la même place aux mondiaux. Il confirme l’année suivante, avec toujours des victoires en Espagne, une nouvelle étape de la Vuelta, mais il termine au pied du podium au classement général. L’année suivante, il passe dans l’équipe Îles Baléares, qui deviendra Caisse d’Épargne puis Movistar la décennie suivante, une formation qu’il n’a plus quittée. Alors considéré comme un des coureurs les plus complets du peloton, sachant briller en montagne, comme puncheur, mais aussi au sprint dans des petits pelotons, il se met à courir un peu plus hors d’Espagne et termine 2e de Paris-Nice, à 10 secondes’ de Bobby Julich, malgré une victoire sur la Promenade des Anglais. Cette année-là, il découvre le Tour de France et s’impose à Courchevel, dans la première arrivée en altitude, devançant Lance Armstrong au sommet malgré une blessure au genou qui le contraindra à l’abandon alors qu’il portait le maillot blanc de meilleur jeune. L’année suivante, il abandonne encore en blanc sur le Tour, en raison d’une fracture de la clavicule, mais il avait 26 ans et c’était le maillot de leader du ProTour qu’il portait et qu’il remportera. En effet, il était monté sur le podium au Pays Basque et en Romandie en ayant gagné des étapes et surtout, il venait de réaliser le doublé Ardennais en s’imposant en haut du Mur de Huy et dans la doyenne des classiques. Quelques mois plus tard, il sera 2ème de la Vuelta après l’avoir longuement menée. L’année 2008 est surtout celle des places d’honneur, 2e de la Flèche et à Liège, 3e à San Sebastian ou encore 5e du Tour. Il n’est cependant plus sur le podium des mondiaux, contrairement aux années précédentes. Les succès reviennent en 2008, avec une nouvelle victoire dans le ProTour, mais celui-ci est très réduit en raison du retrait des épreuves ASO et RCS. Champion d’Espagne, il porte le maillot jaune sur la Grande Boucle en ayant gagné 2 étapes après avoir dompté Liège-Bastogne-Liège et le Critérium du Dauphiné Libéré. Il gagnera ensuite à San Sebastian puis une étape de la Vuelta, qu’il termine en 5ème position. La décennie s’achève avec le Tour de Catalogne, le Critérium du Dauphiné Libéré, mais surtout la Vuelta en fin de saison, sa seule victoire dans un Grand Tour en 26 participations, pour 22 terminés, dont 19 tops 10, parmi lesquels 9 podiums. Cependant, pas de Tour de France, suspendu par le CONI et la course passant cette année-là par l’Italie. Les longueurs de la justice sportive à traiter l’affaire Puerto (à défaut que la justice Espagnole le fasse) amèneront sa suspension en 2010 et 2011.

3e : Erik Zabel, 78 pts

Erik Zabel à l’époque Milram, en 2007.

Commençant par courir chez les amateurs dans sa RDA natale une décennie plus tôt, Erik Zabel se montre comme un des meilleurs coureurs à la fin des années 1990, tant sur les sprints massifs (qu’ils soient sur le plat ou en bosse), que dans les classiques. Il confirme ce statut en 2000, remportant la Coupe du Monde en étant sacré sur Milan-Sanremo pour la troisième fois (il la gagnera encore en 2001 et lèvera à tort les bras en 2004, un vent de face le freinant et offrant la victoire à Oscar Freire), puis l’Amstel Gold Race, tout en ayant terminé 4e du Tour des Flandres et 3ème de Paris-Roubaix. Au pied du podium de la Cyclassics, il la remportera l’année suivante, troquant le maillot de leader de la Coupe du Monde pour un titre de numéro 1 mondial. Dans le même temps, il remporte ses 5e et 6e maillots verts consécutifs en retrouvant des succès sur le Tour, qui lui manquaient en 1998 et 1999. Le 6e étant obtenu à l’issue une lutte magnifique face à Stuart O’Grady tout au long de l’épreuve. En 2001, il est même sur la Vuelta et il y remporte les 3 premières étapes en ligne consécutivement (mais contrairement à son compatriote Marcel Wüst 2 ans plus tôt, il ne porte pas le maillot or). Les succès continuent d’être là en 2002, avec principalement des étapes. En juillet, il lève une fois les bras après avoir porté le maillot jaune lors du contre-la-montre par équipes (qu’il a couru sans casque, malgré la perte aérodynamique), mais il laisse le maillot vert à Robbie McEwen. Il se rattrape en septembre en repartant de la Vuelta avec le maillot bleu. Aux mondiaux de Zolder, idéal pour les sprinteurs, il ne repart qu’avec le bronze. Un peu vieillissant, il laisse ensuite son titre de numéro 1 mondial, mais continue de briller. Les deux années suivantes, il remporte le classement par points de la Vuelta. En 2003 et en 2005, il remporte Paris-Tours, récupérant au passage le « ruban jaune » pour avoir remporté la course de plus de 200 kilomètres la plus rapide alors. En 2004 et en 2006, il décroche deux médailles d’argent aux mondiaux. Il est même au pied au podium à Athènes lors des Jeux Olympiques, n’ayant pas su remporter un de ces grands titres. Il porte le maillot vert une dernière fois en 2007 et remporte une dernière étape de la Vuelta cette année-là. L’année 2008 est plus discrète, malgré des tops 10 dans Gent-Wavelgem et Paris-Tours. Sa carrière s’arrête l’hiver suivant, remportant chez lui les 6 Jours de Berlin (après avoir remporté dans sa carrière ceux de Munich, Dortmund et Brême à plusieurs reprises). Mais Erik Zabel, c’était surtout le coureur toujours placé et assez peu gagnant, que ce soit parce qu’il y avait quelques coureurs devant le groupe qu’il réglait au sprint ou parce qu’il y avait un sprinteur plus rapide que lui. Sur les années 2000, il cumule 50 victoires pour 49 places de deuxième et 29 de troisième.

2e : Alessandro Petacchi, 79 pts

Alors que les trains devenaient une habitude dans le cyclisme autour de l’an 2000, la Fassa Bortolo a poussé ce concept à son paroxysme avec la Fassa Bortolo d’Alessandro Petacchi au début de la décennie, construisant la quasi-totalité de son équipe autour du sprinteur. Comme beaucoup de sprinteurs, il gagne rapidement. Dans les grandes classiques, il est 2e de Paris-Tours en 2003, 4e de Milan-Sanremo l’année suivante et il domine le sprint dans la Primavera l’année suivante, n’étant battu que par un Filippo Pozzato qui était sorti plus tôt en 2006. En 2007, c’est dans Paris-Tours qu’il obtient la victoire, étant lancé par Erik Zabel, spécialiste de la classique de fin de saison. Descendu d’un cran en fin de décennie après une suspension et la perte rétroactive de certains résultats, il remporte le Scheldeprijs en 2009, autre course d’un jour favorable aux sprinteurs. Entretemps, il y a bien sur eu de nombreuses victoires en Italie, ainsi que d’innombrables victoires dans les courses d’une semaine. Mais c’est surtout dans les Grands Tours qu’Alessandro Petacchi a construit son palmarès. S’il y aura encore une étape du Giro, une de la Vuelta et deux du Tour (plus un maillot vert) en début de décennie suivant, il cumule 48 victoires d’étapes sur les 3 Grands Tours (seuls Eddy Merckx et Mario Cipollini ont fait mieux). Ce nombre serait même plus grand sans son contrôle « non-négatif » au Giro 2007, pour reprendre le terme officiel. Là-dedans, le summum a été atteint en 2003. Il n’a alors remporté que 3 étapes sur la Vuelta, mais gagne 6 étapes du Giro en portant le maillot rose quelques jours (et quitte l’épreuve hors délais en montagne), puis il gagne 4 fois sur le Tour de France (les 4 sprints massifs qu’il a disputé, avant d’abandonner, malade comme la quasi-intégralité de son équipe), pour finir la saison par 5 étapes d’une Vuelta achevée. Seul Miguel Poblet en 1956 et Pierino Baffi en 1958 avaient su gagner une étape de chaque Grand Tour la même année. Ils en avaient respectivement 8 et 6, là où Alessandro Petacchi en avait 15. Même sans gagner sur les trois, personne n’a atteint un tel cumul sur une saison. Les organisateurs du Giro, toujours là pour favoriser leurs coureurs, offrent l’occasion à l’Italien de briller au printemps suivant. 11 étapes s’achèvent au sprint. Il est devancé une fois par Fred Rodriguez, d’un rien. Il est délogé de son train une fois par l’opiniâtre Robbie McEwen, qui tentait cela quotidiennement. Partout ailleurs, il a gagné. 9 succès la même année. Jamais personne n’avait gagné autant sur le même Grand Tour depuis Alfredo Binda en 1927, les trois quarts d’un siècle plus tôt. Il faudra peut-être attendre encore autant avant de revoir une telle performance se réaliser.

1er : Paolo Bettini, 100 pts

Cela ne pouvait être que lui. Passé de disciple de Michele Bartoli dans ses jeunes années à meilleur coureur du monde jusqu’à sa retraite, il a gravi les échelons et se montre nettement comme le coureur numéro 1 de la décennie (un quart de points en plus que son dauphin !). 7e du Giro en 1998, il se détournera du classement général des Grands Tours rapidement, y gagnant surtout des étapes, notamment du Giro, remportant deux maillots cyclamens et portant le maillot rose quelques jours. Il gagne aussi annuellement sur la Vuelta dans la fin de sa carrière alors qu’il ne revient plus sur le Tour, même s’il avait gagné dès sa première participation en 2000 et passé la première semaine avec les pois lors de sa dernière en 2004. S’il a de résultats honorables sur les courses par étapes (notamment une victoire finale dans Tirreno-Adriatico), c’est surtout dans les classiques qu’il était le plus fort. Dès 2000, il remporte Liège-Bastogne-Liège pour la première fois, à encore 25 ans. Il réédite cela l’année suivante (pour un doublé Mapei), en s’étant imposé à Zurich entretemps. Il accumule au passage les places d’honneur, qui lui permettent ainsi de remporter sa première Coupe du Monde. Deux autres suivront les années suivantes, avec des victoires dans Milan-Sanremo, la HEW Cyclassics et la Clasica San Sebastian en 2003, puis aucune victoire pour la dernière de l’épreuve en 2004, mais 7 places dans le top 10 sur 10 épreuves (pour 9 participations), dont 4 podiums. Mais ce n’est pas le plus important, sa grande victoire de l’année étant le titre Olympique à Athènes. Il portera un maillot doré spécial lors du Championnat de Zürich quelques jours plus tard, mais se verra l’interdiction de le vêtir de nouveau. Il transforme cela en des parements dorés sur le casque, puis le vélo, ce qui deviendra une habitude pour les champions suivants. En 2005, il s’impose à Zürich, puis remporte une première fois le Tour de Lombardie. Un doublé est fait l’année suivante avec une tenue particulière, puisqu’il vient d’être sacré champion du monde, alors qu’il était déjà champion d’Italie. Il va porter pendant de nombreux mois son casque mythique mettant tous ces titres en avant. Cette seconde victoire Lombarde prend même une dimension particulière en raison de l’émotion du « grillon », son frère étant décédé quelques jours plus tôt. Suivent alors principalement des places d’honneur, durant ses deux dernières années professionnelles, dans les classiques, mais un seul succès est retentissant dans les courses d’un jour : un second titre consécutif de champion du monde en 2007, qui lui a donc permis de passer deux années consécutives avec le maillot arc-en-ciel sur le dos, ce que seul trois coureurs avaient fait avant lui (le dernier étant son compatriote Gianni Bugno 15 ans plus tôt) et un seul faisant mieux depuis, le numéro 1 de la décennie suivante, Peter Sagan.

Par Geoffrey L.

Crédit Photo: Nathalie05 / The Dublin Reeds / Kriztobal /

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