Écrit le par dans la catégorie Analyses, Coup de bordure.

Un long chemin s’est écoulé depuis la revue du mercato asiatique que nous avions effectué début 2018. Entre rapports de force similaires (recrutement de leaders européens) et totalement inversés (explosion des équipes malaisiennes), que penser de ce mercato 2019-2020 qui semble annoncer une saison des plus relevées ?

Le règne de la Malaisie

Nous avions quitté l’Asie début 2018 sous la domination de l’équipe japonaise Ukyo, alors meilleure équipe asiatique au classement UCI. Si la formation est restée parmi les meilleures du continent, force est de constater que les départs de Jon Aberasturi et de Nathan Earle vers la deuxième division mondiale n’ont été que partiellement comblés.

Les arrivées des Néerlandais Marc De Maar et Raymond Kreder, ainsi que celles des Australiens Robbie Hucker et Sam Crome, ont permis de bons résultats mais sans révélation particulière. Sans manquer de talents, l’équipe a vu sa voilure se réduire tant par son calendrier (seulement 9 courses disputées en 2019, aucune incursion en Europe) que par ses coureurs (passage de 16 à 10 coureurs entre 2018 et 2019), malgré une présence assurée sur le calendrier Japonais grâce à Benjamin Prades (2e du Tour du Japon 2019). 2020 pourrait cependant être un renouveau. L’occasion notamment de se battre à armes égales avec les deux plus grosses formations du continent grâce au retour de Nathan Earle, non conservé par Israel Start-up Nation à la suite d’une fracture du fémur, et ce malgré une bonne fin de saison (20e du Tour de Croatie).

On ne peut en effet passer outre la domination progressive établie depuis deux ans par les formations Terengganu et Sapura, les deux équipes malaisiennes devançant désormais de très loin leurs concurrentes au classement UCI. La première s’était principalement appuyée sur le baroudeur russe Artem Ovechkin en 2018, qui, s’il a été moins brillant en 2019, n’en reste pas moins un coureur d’expérience à côté duquel ses coéquipiers semblent arriver à maturité. Le Mongol Maral-Erdene Batmunkh, le Singapourien Choon Huat Goh et l’Australien Drew Morey semblent désormais capables de jouer les premiers rôles sur les courses secondaires du calendrier, comme d’être de bons équipiers sur les courses les plus relevées du circuit. De plus, l’équipe a pu compter sur ses solides sprinteurs Youcef Reguigui, meilleur scoreur du circuit asiatico-africain en 2019, et Mohd Hariff Saleh, vainqueur d’étape sur le Tour du Langkawi, tout au long de la saison. La venue du puncheur panaméen Cristopher Rujado en fin d’année, 2e d’une arrivée au sommet sur le Tour de Selangor derrière Marcus Culey il y a seulement deux mois, sonne également comme une bonne pioche pour la formation malaisienne.

Enfin, n’oublions pas la progression constante de l’Erythréen Metkel Eyob, qui entamera sa 3e saison avec l’équipe. Sans forcément parler de stabilité, l’équipe s’est ainsi étoffée petit à petit, et a pêché un nouveau gros poisson pour la saison 2020 en la personne du Colombien Carlos Quintero. Ex-Manzana Postobon et seule recrue étrangère de la Terengganu pour ce mercato, il a terminé 26e du Tour du Pays-Basque et 24e du Tour des Alpes avant de rebondir en Chine avec une 12e place au Qinghai Lake et un podium sur le Tour du Fuzhou en 2019. Plus en retrait que la Sapura sur les classements généraux l’an passé, la Terengganu pourrait ainsi obtenir le leader qu’il lui manquait après la folle saison d’Ovechkin restée sans suite.

A 33 ans, Carlos Quintero est une recrue de choix pour la formation Terengganu.

La Sapura quant à elle, après avoir essayé le sprinteur suisse Dylan Page en 2018, s’est recentrée sur le coureur phare du circuit, l’Australien Benjamin Dyball. Vainqueur du Tour du Langkawi et 3e du Tour du Qinghai Lake en 2019, il a pu compter sur ses compatriotes Jesse Ewart et Marcus Culey pour l’épauler. Autre passe-partout de qualité, le Moldave Cristian Raileanu a également réalisé une saison pleine, en sus d’un double titre national enlevé sans difficulté.

Avec 26 victoires en 2019, la Team Sapura a bel et bien été la formation à suivre côté asiatique. Toutes les bonnes choses ayant cependant une fin, l’équipe a enregistré le départ de Dyball, appelé par les sirènes du World Tour et de l’équipe NTT, ainsi que la retraite du baroudeur-rouleur allemand Mario Vogt. Qu’à cela ne tienne, la formation semble ressortir grandie de ce mercato, affichant une densité encore plus impressionnante que la saison passée. Pour un leader parti, trois de retrouvés ! La Team Sapura a mis les petits plats dans les grands et affiche désormais un redoutable duo de grimpeurs italiens dans son effectif. Venus de l’équipe lettone Amore & Vita, Danilo Celano (3e du Tour d’Almaty) et Pierpaolo Ficara (2e du Tour de Savoie-Mont-Blanc, 7e du Sibiu Tour) seront désormais les fers de lance de cet effectif. Pour les accompagner, un coureur bien connu du circuit américain : le rouleur-grimpeur roumain Serghei Tvetcov, venu de la formation Floyd’s Pro, vainqueur du Tour de Corée et 2e de la Colorado Classic en 2018, 11e du Tour du Langkawi et 5e du Sibiu Tour en 2019.

Pour autant, sans renier son effectif pour les classements généraux, la Sapura s’est également diversifiée lors de l’intersaison, en faisant venir le sprinteur turque Ahmet Örken depuis la Salcano Sakarya et son équivalent néerlandais Roy Eefting de l’équipe suédoise Memil-CCN. L’un a écumé le circuit est-européen, l’autre possède déjà de solides références sur le circuit chinois… Deux compartiments remplis, mais qui laissent tout de même certaines interrogations sur le rôle des Malaisiens au sein de l’équipe : seront-ils de simples équipiers ou pourrait-on laisser plus de libertés à certains, à l’image de  Muhammad Mohd Zariff sur la fin de saison 2019 (6e du Tour de Peninsular, 6e du Tour de Selangor) ?

 

Statu quo dans l’archipel nippon

Le vétéran Francisco Mancebo (43 ans) au milieu de Sepp Kuss et Koen Bouwman lors de la Japan Cup 2019.

Comme l’an passé, la formation Interpro aura été la principale source d’agitation du côté Japonais. Dans le mauvais sens du terme cependant, puisque la formation a baissé son pavillon fin 2019 pour réaliser une fusion officieuse avec l’équipe américaine Arapahoe – Hincapie p/b BMC, renommée Hincapie / LEOMO p/b BMC pour 2020. L’Espagnol Pablo Torres, l’Américain Simon Jones et les Japonais Ishihara et Koyama ont en effet suivi dans les bagages de cette nouvelle formation américano-japonaise. En revanche, les grimpeurs Hernan Aguirre, Adrien Guillonnet et Charles-Etienne Chrétien sont respectivement retournés en Colombie, en France et aux Etats-Unis. Même mouvement de fuite du côté des Lettons de l’équipe, puisque Bogdanovics a retrouvé son ancienne formation Amore & Vita, alors que Saramotins a pris sa retraite. Seul Florian Hudry a ainsi trouvé preneur dans une équipe continentale asiatique…

Car hormis ce mouvement d’envergure, on retrouve dans l’ensemble peu de transferts importants, et surtout, un mercato à l’image de ce que l’on pouvait retrouver en France il y a quelques années entre les équipes Continental Pro : une certaine rotation des effectifs au niveau des coureurs Japonais, entre montées depuis le circuit national et descentes chez les amateurs, le tout entrecoupé d’échanges au sein de la 3e division mondiale, sans pour autant modifier radicalement les rapports de force.

La formation Utsunomiya Blitzen a ainsi recruté le sprinteur Jin Ōkubo depuis l’équipe Kinan, et récupéré Kaito Nakamura chez Nasu Blasen en 2019. Elle a cependant perdu Atsushi Oka, le meilleur rouleur du pays, au profit de la Nippo-Delko One Provence, tout en clôturant son effectif avec Hiroki Nishimura, revenu au pays du soleil levant à la suite de l’arrêt de la Nippo Vini Fantini-Faizenè. Chez Aisan, on devrait toujours miser sur le grimpeur français Damien Monier (bien que l’âge commence à le rattraper), le sprinteur Hayato Okamoto, et le puncheur Jason Christie. L’équipe a tout de même recruté Masakazu Ito, lui aussi redescendu de l’ex formation italo-japonaise, l’un des meilleurs grimpeurs japonais !

Du côté de la Kinan, l’effectif s’articulera toujours autour de Thomas Lebas. Le Français, figure emblématique du circuit, devrait encore être un sérieux concurrent aux généraux, accompagné des Espagnols Marcos Garcia et Salvador Guardiola, un trio inchangé depuis deux ans. A ces leaders européens va venir se rajouter le sprinteur japonais Shinpei Fukuda, ex-Aisan entre 2010 et 2016, pour concurrencer Yasuharu Nakajima. Si l’on s’intéresse maintenant à l’équipe Matrix Powertag, 5e meilleure équipe asiatique au classement UCI sur la saison 2019, nous avons sûrement l’une des formations ayant à la fois le plus perdu et le plus gagné lors de ce mercato nippon. L’équipe de Francisco Mancebo – qui sera toujours présent à 43 ans – a enregistré la perte d’Orluis Aular pour Caja Rural après 29 podiums (dont 12 victoires) la saison dernière. Sa perte est palliée par un compatriote au profil similaire, Leonel Quintero, venu de l’équipe bolivienne Start. A ce profil de sprinteur-puncheur se rajoute un autre ex-Nippo, le Japonais Hayato Yoshida. Sprinteur, déjà passé chez Matrix, il pourrait servir de poisson-pilote au jeune Vénézuélien.

On ne peut pas vraiment citer d’autres transferts d’envergure, que ce soit chez Nasu Blasen (montée de plusieurs amateurs), Shimano (départ du champion du Japon Shotaro Iribe chez NTT) ou Bridgestone (aucun transfert, l’équipe devrait à nouveau miser sur son sprinteur-puncheur Kazushige Kuboki sur le calendrier Japonais). En revanche, au vide laissé par le départ de la formation Interpro, on peut opposer la venue de deux nouvelles équipes japonaises en Continental : la Saitama Dreve et la Victoire Hiroshima. La première est une équipe montée de toute pièce à partir de jeunes pistards (Kodai Abe, Michinari Takagi, Keita Watanabe), de jeunes espoirs du circuit national, et de coureurs expérimentés déjà passés par la case de la 3e division (notamment Yoshimitsu Tsuji, passé chez Matrix à la fin des années 2000 et chez Utsunomiya Blitzen au début des années 2010). La seconde est la continuité d’une équipe amateure présente depuis 2015 sur le circuit nippon. En son sein, des jeunes coureurs parmi lesquels Daichi Tomio, mais également le vétéran Satoshi Nakagawa, 40 ans bien plantés, et lui aussi déjà passé par Matrix Powertag !

 

La petite valse des régimes chinois

Non-conservé par la formation Bahrain, le Chinois Meiyin Wang retourne au pays.

Avec 11 équipes -12 cette année désormais avec l’arrivée de la formation Docs-, soit à peine trois de plus qu’au Japon, le mercato chinois a été cependant des plus mouvementés. La petite nouvelle, Docs donc, a réalisé son mercato en recrutant Zhi Hui Jiang, rouleur de la formation Mitchelton-Bike Exchange, ainsi que plusieurs jeunes de la formation Gansu Bank. Cette dernière a d’ailleurs sérieusement dégraissé son effectif, passant de 16 à 10 coureurs, et en disant adieu aux Russes Nikolay Trusov, Sergey Nikolaev et Matvey Mamykin ainsi qu’au Colombien Alvaro Duarte, pourtant ses principaux éléments l’an dernier. Seulement deux recrues en provenance de la Giant comme maigre palliatif, un patch guère plus visible chez celle-ci, avec une seule recrue, issue des rangs juniors. A contrario, la formation Hengxiang s’est attachée les services d’un coureur expérimenté passé en World Tour, le Chinois Meiyin Wang. Non conservé par la Bahrain-McLaren, il sera, avec Andris Vosekalns, une belle pièce pour conseiller le jeune Xianjing Lyu. 4e du Tour du Fuzhou et vainqueur du Tour de Chine I l’année dernière, il est pour l’instant le meilleur -et de loin- espoir chinois sorti du pays le plus peuplé au monde. Il a notamment tenu la dragée haute à Fausto Masnada lors du Tour du Hainan il y a un an et demi. Sans oublier la « révélation » chinoise de l’année côté sprint, Junyong Wang (vainqueur d’étape sur le Tour de Iskandar Johor) et son collègue Zhang Zheng, moins rapide mais plus régulier, et qui constitueront le pôle rapide de l’effectif.

Parmi les transferts importants de l’intersaison, on retrouve également le sprinteur grec Georgios Bouglas (vainqueur d’étape au Qinghai Lake), passé de la Ningxia à la SSIOS Miogee, tout comme l’Ukrainien Oleksandr Polivoda (9e du Qinghai Lake). Carlos Quintero, domicilié pendant une demi-saison dans les rangs de la première, a également été une perte importante associé à la retraite du sprinteur néerlandais Raymond Kreder et du retour au pays du Colombien Edwin Parra. La Ningxia est cependant parvenue à limiter la casse en pillant la Shenzhen Xidesheng de ses Kazakhs Artur Fedosseyev et Ilya Davidenok (1e et 2e du Tour du Fuzhou). Et à leurs côtés, deux coureurs bien connus du circuit asiatique : les Iraniens Hamid Pourhasemi (3e du Tour du Japon 2017) et surtout Amir Kolahdozagh (multiples résultats sur les généraux) depuis la Taiyuan Miogee ! Shenzhen a donc répliqué en signant l’Ukrainien Vitaliy Buts, passé chez Lampre-Merida dans sa jeunesse et lui aussi fiché sur le circuit continental. 3e du Qinghai Lake en 2016, il a également réalisé de nombreux résultats sur les épreuves est-européennes en 2019. Pour boucler le trio, parlons maintenant de la formation SSIOS Miogee (ex-Taiyuan Miogee). Bouglas et Polivoda n’ont pas été les seuls à rejoindre l’équipe. Ils ont été accompagnés par l’Uruguayen Fabricio Ferrari (21e du Tour de Turquie 2018), ex-Caja Rural, venu du Portugal, et le sprinteur philippin Dominic Perez depuis la 7 Eleven. Un quatuor venant rejoindre le sprinteur André Looij et les polyvalents Jeroen Meijers et Edgar Nieto, trois valeurs sûres de l’effectif. L’équipe a cependant effectué de larges changements du côté chinois, avec 6 départs pour 2 arrivées seulement, qui viennent s’ajouter à ceux de Kolahdozagh, du Néerlandais Tim Ariesen et du Slovène Matej Drinovec.

De son côté, alors qu’elle avait beaucoup misé sur les Vénézuéliens Yonathan et Ralph Monsalve en 2018, la formation Tianyoude se passera finalement de leurs services en 2020…le premier suspendu pour 4 ans par l’UCI. L’équipe va donc miser sur son tout nouveau duo de sprinteurs italiens : à Nicolas Marini arrivé en 2019 va venir s’ajouter Paolo Simion, ex-Bardiani-CSF pour qui le terrain n’est pas inconnu (5e du Tour of Xingtai 2019). Cette doublette va venir en compléter une autre, taillée pour les généraux. Venus en 2019 dans l’équipe, le Colombien Yecid Sierra (5e du Qinghai Lake 2019) et l’expérimenté iranien Saeeid Safarzadeh, constitueront, en 2020, un autre duo duquel il faudra se méfier. Au contraire, la formation Yunnan Lvshan a dit au revoir aux siens (Pourhashemi et Khorshid) afin de miser sur un expérimenté contingent d’Ukrainiens. Les passe-partout Oleksandr Polivoda, Oleksandr Prevar et Andriy Vasylyuk vont ainsi débarquer depuis le circuit est-européen pour encadrer une jeune garde fortement remaniée (5 départs contre 6 arrivées côté chinois). Cerise sur le gâteau, l’Erythréen Amanuel Million (10e du Tour du Fuzhou 2017) va venir rejoindre son jeune compatriote Hanibal Tesfay (5e du Tour du Fuzhou 2018). Pour en terminer avec ce mercato agité, l’on peut citer l’arrivée du Hongkongais Wan Hei Victor Lau chez Jilun et la séparation entre Giant et ses deux meilleurs coureurs, le champion national du contre-la-montre Hang Shi et le sprinteur Zhiwen Chen. Dernier élément notable de cette folle danse, l’arrêt de la formation australo-chinoise Mitchelton-Bike Exchange, qui ne tenait guère plus que par ses éléments les moins prometteurs, et remplacée par une petite nouvelle, l’équipe Wunvhu, elle aussi constituée de jeunes cycliste chinois.

 

Petit tour d’horizon supplémentaire

Ancien de la Katusha, Matvey Mamykin tentera de se relancer en 2020 avec la formation Cambodia Cycling Academy .

Au-delà des trois principaux pays pourvoyeurs d’épreuves et d’équipes sur le circuit Asia Tour, on peut également s’intéresser au microcosme sud-coréen. A l’image des équipes japonaises, très peu de changements ici aussi, pour des équipes très fermées aux étrangers. Un seul viendra empiéter sur la péninsule coréenne en 2020, le junior mongol Amartuvshin Battsengel (10e du Tour de DMZ, principale épreuve sud-coréenne chez les juniors). Du côté des Iraniens, la principale annonce est à mettre au crédit d’une nouvelle formation, la Tabriz Cycling -sans lien avec l’ancienne Tabriz Petrochemical-, constituée de coureurs expérimentés (Mohammad Pouresmaeil notamment) et de jeunes espoirs nationaux. Chez Foolad, on peut noter l’arrivée d’une des légendes du circuit asiatique, Mirsamad Pourseyedi (vainqueur du Tour du Japon, du Qinghai Lake, du Langkawi entre 2013 et 2015…), qui va venir en rejoindre une autre, Hossein Alizadeh (vainqueur du Qinghai Lake 2012). Les deux anciennes gloires dominatrices du circuit vont cohabiter avec le sprinteur Mahdi Nateghi. Au contraire, son prometteur collègue Mohammad Ganjkhanlou n’a lui, pas été conservé…Privée de ses principaux éléments, la formation Omidnia, troisième et dernière équipe iranienne, aura bien plus de mal à exister.

Aux Philippines, la formation 7 Eleven est surtout frappée par la perte de Dominic Perez, l’un de ses meilleurs éléments, ainsi que par les départs des Erythréens Daniel Habtemichael (4e du Tour de Filipinas 2019) et Natnael Mebrathom (2e du Tour de l’Espoir 2019). A ces départs s’est également ajouté un turnover important entre coureurs locaux. Même constat chez la Team Go For Gold, avec 4 départs pour seulement 2 arrivées, dont le recrutement du jeune sprinteur philippin Marc Ryan Lago. Les terres kazakhes sont elles privées de la formation Astana City pour la saison 2020. La formation Apple en a profité pour récupérer Maxim Gridchin (5e du CCC Tour 2019) et Sergey Luschenko (vainqueur d’une étape sur le Tour de Bretagne 2019).

C’est cependant la Vino-Astana Motors qui a effectué les meilleurs coups en s’emparant de Dinmukhammed Ulysbayev, 14e du dernier Baby Giro, et Daniil Marukhin, 22e du Tour d’Almaty 2019, afin de remplacer le départ de Vadim Pronskiy chez Astana. Ils cohabiteront avec Gleb Brussenskiy, Igor Chzhan, Yevgeniy Fedorov ou encore Daniil Pronskiy parmi les espoirs les plus prometteurs du Kazakhstan. Hormis cet intermède au pays d’Alexandre Vinokourov, peu de changements sont à dénoter du côté des Thailandais de la formation Thailand Continental, qui devrait toujours miser sur le Laosien Ariya Phounsavath et le jeune grimpeur Thanakhan Chaiyasombat (6e du Tour de Singkarak 2019). Constat similaire chez les Hongkongais de la HKSI avec l’expérimenté King Lok Cheunk et leur spécialiste de la course de côte, Ka Hoo Fung.

Enfin, si l’on peut citer l’émergence de la Bahrain Cycling Academy, guère plus qu’une reprise de l’ancienne VIB Sports (mais comportant tout de même le grimpeur marocain Anass Ait El Abdia), on peut également s’attarder sur une nouvelle formation atypique, la Cambodia Cycling Academy. Equipe franco-cambodgienne, la nouvelle écurie a fait l’acquisition du grimpeur Florian Hudry (équipier d’Adrien Guillonnet l’an passé chez Interpro), de Samy Aurignac (ex-coéquipier de Davide Rebellin), et des vétérans François Bousquet et Gabriel Muller, mais surtout du sprinteur russe Romain Maikin (passé chez Gazprom). Celui-ci est d’ailleurs venu accompagné d’un ancien Katusha, son compatriote Matvey Mamykin, toutefois handicapé à vie par une blessure au pelvis lors de la Vuelta 2017, et l’ayant laissé avec une jambe plus courte que l’autre. A ces vieux briscards va se rajouter la jeune garde cambodgienne pour ses premiers pas en Continental, tout un défi !

Deux questions principales se dégagent à la suite de cette large revue d’effectif : les coureurs asiatiques pourront-ils (enfin) se mettre plus en avant face aux européens en 2020, mais surtout, les formations Sapura et Terengganu pourront-elles être battues, ou bien leur hégémonie ne fait-elle que commencer, annonçant une « course à l’armement » sur le circuit Asia Tour ? Pour les plus avares de patience, des enseignements semblent déjà se dégager des premières courses disputées…

 

Par Hugo Dru.

Crédit Photo : Georges Ménager / Fukumoto / Tour of China

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