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Présentation des coureuses et coureurs qui porteront le maillot bleu lors des championnats du monde de Pruszkow, en quête de maillots arc-en-ciel ou simplement de qualification aux JO de Tokyo.

Comme en 2016, l’équipe de France est repartie sans le moindre titre des mondiaux l’an passé. Ce vide contraste fortement avec le reste de l’ère open (suppression de la distinction entre amateurs et professionnels fin 1992), puisque la seule autre année sur ces presque trois décennies où la France n’avait aucun titre mondial était 2011, du fait des deux maillots arc-en-ciel retirés en raison de non-respect du code antidopage de Grégory Baugé. Pire, à Apeldoorn, la France était même repartie sans médaille d’argent et les deux médailles de bronze avaient été là en gagnant des petites finales, comme le symbole de l’impossibilité d’aller jouer un titre mondial, pour le pire bilan tricolore depuis 1978. D’ailleurs, si aucune Marseillaise ne retentit à Pruszkow dans les prochains jours, une autre statistique peu brillante nous ramènera à 1978, puisque cela serait la première paire d’années consécutives sans titre mondial pour la France sur piste depuis cette année là, il y a donc plus de 40 ans.

Même s’il y a de quoi être alarmiste, tout espoir n’est pas perdu. Nos chances de médailles sont bien réelles et nos chances de titres mondiaux (oui, au pluriel) ne sont pas que de simples rêves. Nous avons dans nos rangs d’anciens champions du monde et d’Europe, ainsi que des anciens médaillés Olympiques. Détail coureur par coureur, catégorie par catégorie.

Le sprint

Mathilde Gros est championne d’Europe du keirin, ce qui en fait une favorite naturelle au titre mondial. Triple championne du monde chez les juniors en 2017, elle avait été gênée par une blessure à l’épaule aux mondiaux l’an passé, ce qui ne l’avait pas empêché d’écraser sa manche de repêchage au keirin, même si elle a été déclassée pour une faute de trajectoire. Une erreur de jeunesse pour cette coureuse qui n’a pas encore 20 ans.

Elle sera également notre représentante dans la vitesse individuelle, où elle a terminé quatrième de la manche de Coupe du Monde Parisienne et deux fois quart de finaliste. Au fur et à mesure des compétitions, elle gagne en expérience dans cette discipline, mais elle a déjà les jambes, étant systématiquement dans les meilleures coureuses lors des qualifications en 200 mètres lancés. Atteindre les quarts semble le minimum, le dernier carré est jouable et donc le podium envisageable.

Sandie Clair l’accompagnera en vitesse par équipes. Elle aurait également pu participer au keirin (où elle était en finale aux derniers championnats d’Europe), mais ne disputera aucune épreuve individuelle. Elles ont atteint la finale de la manche de Coupe du Monde de Cambridge ensemble, mais le plateau n’y était pas le plus relevé.

Côté masculin, la vitesse par équipes a été pendant deux décennies notre très grande spécialité, avant un léger déclin, même si les médailles persistent (une de nos deux médailles l’an passé et notre seule médaille olympique). François Pervis ayant laissé la place de démarreur, c’est Grégory Baugé qui retrouve ce poste, pour être relayé par Sébastien Vigier, avant un rôle de finisseur qui sera partagé entre Quentin Lafargue et Michael D’Almeida. Cette année encore, le podium sera un grand objectif, même si l’armada Néerlandaise paraît toujours imbattable.

Côté individuel, on attendra toujours beaucoup de Sébastien Vigier. Seul médaillé solo aux derniers mondiaux, il a perdu son titre Européen en vitesse individuelle, mais restera très compétitif dans cette épreuve qui reste sa spécialité. Il participera également au keirin (où il sera notre seul représentant). Cela sera son tout premier championnat du monde élites dans cette épreuve, mais il en est le vice-champion d’Europe et il était monté sur le podium dans ce même vélodrome de Pruszkow lors d’une manche de la Coupe du Monde l’an dernier.

Alors que Rayan Helal devait l’accompagner pour la vitesse individuelle, une blessure le prive d’un second mondial et il est remplacé à la dernière minute par Quentin Caleyron, ancien représentant de l’équipe de France aux JO en BMX et qui disputera ses premiers championnats du monde de cycliste sur piste. Il progresse à vive allure et ses chronos sont déjà très forts. Cependant, il manque d’expérience pour cette discipline, mais il pourrait devenir le nouveau démarreur de l’équipe de vitesse, poste qu’il pourrait occuper aux Jeux de Tokyo.

Enfin, alors qu’aucune Française ne disputera le 500 mètres, nous aurons deux Français pour le kilomètre : Quentin Lafargue et Michael D’Almeida. Sans surprise, ce sont nos deux finisseurs de la vitesse par équipes qui vont disputer cet interminable sprint. Respectivement quatrième et sixième l’an passé, ils cumulent 5 médailles à eux deux. L’absence cette année dans cette discipline de 2 des 3 coureurs qui avaient su descendre sous la minute l’an dernier peut leur permettre de monter tous les deux sur le podium et de penser légitimement à la plus haute marche.

La poursuite

Côté féminin, notre collectif est assez jeune et progresse de façon constante, améliorant régulièrement le record de France. Coralie Demay, Marion Borras et Marie Le Net seront accompagnées cette année de Clara Copponi (qui découvre les mondiaux élites) et ensemble, elles auront à cœur de faire mieux que la 7ème place de l’an passé. On ne visera pas le podium, mais l’important est de prendre des points pour participer aux prochains JO et de bâtir une équipe pour Paris.

Chez les hommes, on avait connu la blessure de Corentin Ermenault l’an dernier, puis Thomas Denis était tombé malade juste avant les mondiaux, donnant un quatuor très remanié par rapport à l’équipe qui était alors double championne d’Europe. Dans les qualifications, le groupe avait explosé sous les relais appuyés de Benjamin Thomas dans le dernier tour de piste. On attend donc plus de ce collectif, assez remanié. Benjamin Thomas et Florian Maître en sont toujours. Avec eux, on aura le retour aux mondiaux de Bryan Coquard et la première présence d’Aurélien Costeplane, dont cette épreuve sera la seule qu’il disputera. Là aussi, on est surtout dans la visée d’une qualification Olympique.

En solo, il sera difficile d’aller chercher une médaille, les meilleurs temps de nos représentants n’étant a priori pas suffisamment bons pour cela. Néanmoins, on suivra les progressions attendus de nos jeunes représentants Clément Davy, Marrion Borras et Marie Le Net.

En peloton

Adrien Garel, champion d’Europe de scratch en 2017, sera l’une des meilleures chances de médaille françaises aux mondiaux 2019.

Adrien Garel était champion d’Europe de la course scratch en 2017 et a obtenu l’argent à Glasgow en août dernier après une impressionnante résistance dans un duo d’échappée qui a marqué les esprits de ceux ayant vu la course. S’il dispose des mêmes jambes, il peut espérer la médaille, même si cette épreuve est souvent très aléatoire chez les hommes, comme l’a montré le trio prenant rapidement un tour l’an passé pour cadenasser ensuite le peloton, s’étant assurés les médailles.

Laurie Berthon reviendra au scratch chez les femmes. Au pied du podium lors de ses premiers mondiaux il y a 6 ans, elle s’était un peu plus spécialisée dans l’omnium, où elle sera encore une fois notre représentante. Sa médaille d’argent dans l’ancienne formule à Londres en 2016 avait été notamment obtenu grâce à sa pointe de vitesse. Elle a obtenu son premier podium en Coupe du Monde dans l’omnium nouvelle formule cette saison, ce qui laisse espérer un bon résultat. Sa pointe de vitesse sera un atout, notamment dans la course scratch de l’omnium. C’est ainsi sans surprise qu’on l’a aussi dans l’épreuve propre du scratch, plus courte chez les femmes que chez les hommes et s’achevant régulièrement au sprint.

Dans la course aux points, Coralie Demay et Florian Maître seront nos représentants. Ils ne font pas partie des grands favoris, mais cette discipline a souvent vu quelques surprises. Les deux coureurs ont l’expérience des mondiaux, mais ce sera la première participation dans cette épreuve pour le coureur de Vendée U. Pour celle de la FDJ, 8 fois championne de France sur les deux dernières années, ce sera une seconde participation consécutive.

Pour le madison, on innovera avec deux paires inédites au haut niveau international. Chez les femmes, Clara Copponi, associée plus habituellement à sa coéquipière Laurie Berthon, fera équipe avec Pascale Jeuland, pour son retour aux mondiaux trois ans après sa dernière participation, après une coupure sportive pour avoir un enfant.

Côté masculin, Bryan Coquard a profité d’une erreur de l’UCI pour être aligné. Il n’avait pas les points UCI requis pour participer à la manche de la Coupe du Monde et le règlement n’avait pas mis la même clause pour les mondiaux. Chose corrigée pour la saison prochaine, mais trop tard pour le faire dès cette année. Tant mieux pour lui, car le médaillé olympique de l’omnium à Londres n’avait pas le quota nécessaire.

Il sera associée pour la première fois dans un évènement majeur à Benjamin Thomas, qui n’a que 23 ans, mais qui est déjà le maître de la piste Française pour ce type d’épreuve, étant toutes disciplines confondues double champion du monde et quadruple champion d’Europe chez les élites. Il avait participé ces trois dernières années au madison avec Morgan Kneisky, pour une médaille d’argent à Londres derrière l’intouchable paire Wiggins-Cavendish, puis l’or à Hong-Kong, avant une décevante septième place à Apeldoorn, où le duo n’avait quasiment pas eu de liberté de mouvement, étant très marqué.

Quoiqu’il en soit, une petite page est tournée avec l’absence de Morgan Kneisky et cette paire inédite semble prometteuse. En solo, Benjamin Thomas visera aussi le titre dans l’omnium, discipline dans laquelle il a participé à trois manches de la Coupe du Monde, systématiquement terminées sur le podium, dont une victoire à Milton. Il est une de nos plus grandes chances de maillot arc-en-ciel dans la semaine à venir, mais aussi de médaille Olympique dans un an et demi.

Crédit Photo : Ronan Caroff / Matthieu Sirvent
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