Écrit le par dans la catégorie Interviews, Les forçats de la route.

Après des années à traverser la France de part en part, lors du Tour de France mais aussi, lors de ses pérégrinations personnelles, à force de fréquenter les hautes cimes, via les cols les plus prestigieux, à force d’être tant ébloui par leur beauté ou leur rudesse, Nicolas Geay a eu l’idée de nous les raconter dans un ouvrage intitulé « Cols de légendes ». L’occasion pour nous d’échanger avec le journaliste et sur son amour de ces hautes pentes qui firent la légende du cyclisme.

« C’est devenu un besoin, je ne me sens pas bien quand je ne roule pas »

 

D’où vient votre passion pour le cyclisme ?

Je regardais le Tour de France quand j’étais gamin, je me souviens de Fignon, ou de LeMond par exemple. Mais c’est vraiment venu, quand j’étais ado, avec le Tour de France et Richard Virenque. C’est lui qui m’a fait vibrer. Même si j’ai toujours eu la fibre pour ce sport, ça a vraiment pris à ce moment-là.

Vouliez-vous déjà en faire votre métier à ce moment-là ?

J’ai toujours regardé beaucoup de sports, à la télé, Stade 2, le Tour, Roland Garros… oui j’avais envie de ça depuis longtemps. J’ai eu une petite hésitation à Sciences Po Grenoble où j’ai fait un stage au ministère des sports, mais j’ai tout de suite vu que ce n’était pas ma voie. Je voulais être journaliste sportif et ça s’est fait naturellement, car quand je suis sorti de l’école de journalisme, j’ai eu la chance d’aller à Stade 2, puis de faire un peu de France 3 Régions pour enfin, retourner sur France 2.

Pratiquiez-vous le vélo, pendant votre enfance ?

J’en faisais comme un gamin, chez moi, on faisait parfois des courses avec des copains. Mais sans plus car je faisais du foot ou du tennis à côté, également. Ça a vraiment commencé par hasard, quand j’ai passé mon bac, il y avait le vélo dans l’option “sport”. C’était un contre-la-montre de 40 kilomètres. Moi, à l’époque, je ne roulais pas, je ne faisais pas du tout de vélo et je l’ai tout de même fait. Je n’ai pas eu une super note, mais je me suis pris au jeu et j’ai pris goût à ça. L’année d’après, j’étais en prépa Science-Po et je suis retourné le faire. Je me suis mis au duathlon comme ça.

Puis au triathlon plus tard ?

Oui, car après, je me suis mis à nager. Je savais à peine le faire, en tout cas, pas pour de la compétition. Je me suis également mis au vélo à Grenoble, où je faisais ma prépa et j’ai fait deux ou trois courses UFOLEP. Mais je n’avais pas trop aimé l’ambiance, un peu trop agressive, trop d’insultes. Du coup c’était mieux avec le triathlon que j’ai pratiqué à haute dose et où ce n’était pas du tout la même atmosphère. En plus, ça m’aurait ennuyé de ne faire que du vélo.

Auriez-vous pu avoir des velléités d’en faire votre métier ?

Non, je m’y suis mis trop tard. En plus, je ne pense pas que je serais passé pro, parce que je n’ai pas tout simplement pas les capacités physiologiques. Mais je regrette tout de même de ne pas avoir commencé plus tôt. De plus, je ne suis pas un compétiteur dans l’âme. Si je me suis inscrit dans les compétitions de triathlon ce n’était pas pour battre les autres mais c’était plus un défi personnel. J’aurais peut-être pu être un bon petit coureur amateur mais guère plus. C’est la quête personnelle dans le triathlon qui m’intéressait le plus.

Que représente pour vous la pratique du vélo ?

C’est la liberté ! C’est de partir pendant 2, 3, 4 ou 5 heures tout seul, voir de beaux paysages, avoir l’esprit qui s’évade, se dépasser et prendre soin de son corps. Le vélo, c’est aussi le partage avec les copains, un prétexte pour voir de belles choses. Ça dépend aussi de l’endroit où va se dérouler ta sortie, si tu es en région parisienne ou dans un col, ce n’est pas la même démarche. Après, ça dépend aussi de si l’on est en phase d’entraînement ou pas pour une compétition. Mais quoiqu’il en soit, c’est devenu un besoin, je ne me sens pas bien quand je ne roule pas pendant une semaine ou 15 jours.

On vous a vu partager des photos de sorties à l’hippodrome de Longchamp. L’amoureux des grands espaces que vous êtes apprécie-t-il ce type de route d’entraînement ?

Je ne roule quasiment plus jamais à Longchamp, mais je l’ai beaucoup fait quand je faisais du triathlon, pour faire de l’interval training. Ce n’est pas intéressant, je n’y vais vraiment que lorsque je n’ai pas le temps, juste une heure et demie devant moi maximum. En plus, c’est souvent dangereux parce que pas mal de gens ne savent pas rouler en groupe, c’est parfois la course de leur vie et ils font un peu n’importe quoi. Sinon je pars plutôt dans les Yvelines ou en vallée de Chevreuse pour voir du pays et des bosses.

« Je me suis dit que ça pourrait être sympa de raconter les plus beaux parcours »

Dans son livre « Cols de légende », Nicolas Geay donne la parole aux sportifs, de Thibaut Pinot à Romain Bardet … en passant même par Martin Fourcade.

En parlant de bosses : vous rappelez-vous de votre tout premier col ?

C’est dur à dire. Je me demande si ce n’est pas l’Izoard ou peut-être le col de Vence. Est-ce que c’est ça ? Je pense que oui. Ou alors en 2004, j’avais fait l’Alpe d’Huez pour Henri Sannier. Était-ce mon premier col ? Non j’ai dû le faire après. En fait, j’ai vraiment du mal à me souvenir de mon premier col (ndlr : quelques jours plus tard, Nicolas Geay nous précisera que ses premiers cols furent en fait la montée de Villard de Lans puis celle du col de Porte lorsqu’il était étudiant à Grenoble).

Depuis quand date cette envie d’écrire un ouvrage parlant de ces grands cols ?

Ça faisait longtemps que j’avais en tête ce projet. Avec ma pratique sportive, c’est d’abord venu de mes courses à pied à travers le monde car, un jour, je me suis dit que ça pourrait être sympa de raconter les plus beaux parcours que j’ai pu faire. Puis, avec la télé, est venue l’idée, il y a deux ans, de faire la reconnaissance des cols, cette année avec Marion Rousse et Thomas Voeckler, où l’année précédente, avec Cédric Vasseur. Ça a beaucoup plu, que ce soit en interne ou à l’extérieur avec le public qui a trouvé ça manifestement très sympa. Puis, l’an dernier, à peu près au mois de septembre, j’ai eu un contact avec un éditeur et je leur ai proposé ce projet. Et Renaud Dubois, patron des éditions Amphora, m’a dit “banco j’adore le projet”.

La structure du livre était-elle précise dans votre esprit ?

Je voulais parler du col, en faire la présentation et en décrire la montée et le profil. L’éditeur m’a demandé aussi de rajouter l’histoire des cols dans le Tour de France ainsi que le regard et l’interview d’un coureur.

Comment avez-vous choisi les différents intervenants ?

La maison d’édition ne s’attendait pas forcément avoir des noms comme ça. Certains étaient peut-être moins évidents que d’autres, comme celui de Bruno Armirail ou bien Samuel Dumoulin. Pour ce dernier, ce n’était pas si évident, comme choix, du fait de son profil de non grimpeur, alors que finalement, il apporte sa connaissance du Mont du Chat qu’il connaît super bien.

On ne retrouve que très peu de coureurs acteurs du début des années 2000. Pourquoi donc ?

J’aurais aimé. Je regrette de ne pas avoir mis Jean-Cyril Robin, David Moncoutié ou Sandy Casar qui sont des coureurs que j’admire, mais ils n’avaient pas forcément de liens avec les cols que j’évoquais. De plus je voulais un ton assez moderne. D’ailleurs, au début, je n’avais pas mis Virenque dans ma sélection mais comme Romain Bardet m’a dit qu’il voulait l’Iseran, je me suis adapté. Il y a eu des jeux de chaises musicales entre différents coureurs et leurs histoires personnelles avec les cols. C’est parfois dommage, car ça aurait été intéressant d’avoir un Pierre Rolland également, mais l’Alpe d’Huez était destiné à Thibaut Pinot.

On ne retrouve qu’un seul “non cycliste”, avec la présence de Martin Fourcade. Pourquoi l’avoir sélectionné ?

Assez tôt, quand j’ai fait ce livre, j’ai consulté quelques coureurs et sportifs amis qui pouvaient me conseiller. Notamment Amaël Moinard mais également Martin. Il m’a conseillé Pailhères mais aussi le Cirque de Troumouse dont je n’avais jamais entendu parler. Je lui ai dit OK, mais dans ce cas-là c’est toi qui m’en parle.

Parmi tous ces noms, un seul étranger, Alberto Contador. Pourquoi ce choix ?

C’est le seul nom que m’a glissé la maison d’édition. Il n’était pas forcément dans les coureurs que j’avais présélectionné. J’étais plus franco-français mais c’était quand même chouette d’avoir ce coureur qui sent la montagne et qui incarne le grimpeur des 15 dernières années.

D’autres noms comme Floyd Landis, avec qui vous avez une histoire professionnelle particulière, n’aurait-il pas pu être contacté ?

Ça aurait pu être très intéressant de le prendre sur Joux Plane, mais ce n’était pas forcément le sens que je voulais donner à mon livre. Je parle assez clairement du dopage dans l’histoire avec le Tour et j’ai toujours su affronter ces problèmes. D’ailleurs, j’aurais aussi pu prendre Armstrong sur cette même montée, ça aurait été super intéressant. Mais, de toute façon ça fait tellement longtemps que Cédric Vasseur m’en parle avec une telle passion que son choix était évident…

« Le héros du livre c’est le col, et non le Tour »

A l’image du Port de Pailheres, Nicolas Geay raconte avec « Cols de légende » l’histoire de 20 cols mythiques français.

 

En filigrane du livre et de sa partie histoire, traîne ainsi l’ombre du dopage. Était-ce volontaire de votre part ?

Contador a eu à faire face à des affaires, tout comme Virenque et j’ai réfléchi à ces aspects-là. J’évoque sans doute plus la période où j’ai commencé à m’intéresser au vélo en tant que passionné et en tant que journaliste. C’est vrai que les années Armstrong et Rasmussen sont plus mes années. L’Alpe d’Huez, pour beaucoup de gens, c’est Pantani, c’est Armstrong avec sa fréquence de pédalage hallucinante. C’est difficile quand tu parles de l’Alpe d’Huez de ne pas parler de la domination d’Armstrong, tout comme l’Aubisque avec Rasmussen. Ce sont des années qui m’ont marqué d’autant plus que je les ai vécues de l’intérieur. Ces cols-là ont aussi été le théâtre de triches qui ne sont pas des performances. Moncoutié et Casar se sont fait voler tant de choses pendant leur carrière… Après, ce n’est pas non plus le propos du livre.

Pourquoi avoir lié ces cols principalement à l’histoire du Tour de France ?

Finalement sur ces cols, comme l’Izoard ou le Galibier, tu as peut-être quelques passages du Giro, ou d’autres courses comme le Dauphiné, mais leur histoire vient avant tout du Tour. Si ces cols sont mythiques, c’est grâce au Tour de France. L’Alpe d’Huez, c’est le Tour de France qui l’a faite. À l’inverse, ces cols ont rendu le Tour de France mythique également, tout est lié. Et puis, c’est mon histoire personnelle également, car certaines de ces montées, je les ai découvertes pendant le Tour de France. Mais le héros du livre c’est le col, et non le Tour.

Et pourquoi être resté dans le cercle restreint de la France, hormis le Jaizkibel et la Lombarde ?

On a voulu rester en France. Même s’il y a le Jaizkibel et la Lombarde, ces deux cols restent à moins de dix kilomètres de la France. Je les ai choisis personnellement et je voulais vraiment mettre de beaux endroits que j’avais repéré pour ma pratique sportive ou lors des reconnaissances et du suivi des coureurs. Les cols étrangers, comme le Stelvio, ça viendra peut-être un jour dans un deuxième tome. J’ai déjà une liste de prête, il y en a de tellement beaux !

Quels ont été les critères de sélection des cols ?

Ce qui m’épate à chaque fois, c’est la beauté de ces endroits. Certains placent le Tour de France sur un piédestal par rapport à ça, mais moi, je trouve que ce sont ces lieux qui sont plus forts que le Tour. Par exemple, le col de Pailhères, je l’avais fait sur la moto lors du Tour de France et je n’avais pas vu que c’était un endroit aussi beau que ça. C’est quand je l’ai fait en vélo, que j’ai redécouvert cet endroit absolument sublime. C’est vraiment une sélection subjective.

Pourtant vous évoquez aussi certains cols, comme le Tourmalet, que vous ne semblez pas apprécier outre mesure ?

Le Tourmalet, j’ai vraiment réfléchi à le mettre, parce que je ne l’aime pas. Quand tu viens de Sainte-Marie de Campan, ce n’est pas intéressant et ça ne le devient qu’une fois là-haut. Ça n’est pas à faire mais ça reste mon avis. Malgré tout, c’était une figure imposée, car il fait partie de la légende. Tout comme l’Alpe d’Huez.

A côté des géants bien connus, vous nous présentez des cols bien moins prestigieux, comme la Lombarde ou l’Ospédale. Étonnant, pour un livre pour un livre évoquant des “cols de légende”, non ?

En effet, il n’y a pas la Colombière, la Madeleine, la Croix de Fer, Hautacam ou le Port de Balès. J’essaye de lier mon histoire avec celle des cols, avant tout. La Lombarde, je l’ai faite avec Christophe Moreau ou bien Geoffroy Lequatre de l’équipe Agritubel. J’avais trouvé cette ascension sublime alors que personne ne la connaissait. C’est du même niveau que l’Izoard, voire même plus beau. Le Mont du Chat, on l’a monté l’année dernière et j’avais été marqué par la difficulté, c’est quatre kilomètres à 12 %, où tu restes collé à la route. Ça ressemble au Zoncolan. Jaizkibel je l’ai fait plusieurs fois en vacances et je suis désolé, ce n’est peut-être pas le Galibier ni l’Alpe d’Huez, mais quand tu le montes à sept ou huit heures du matin, tu as l’horizon avec la mer c’est magnifique, il y a une âme. C’est pour ça que je me suis dit que je n’étais pas obligé de ne mettre que des cols hors catégorie. C’est aussi mon but, ne pas parler que des cols les plus durs, mais aussi de beaux endroits ou des endroits atypiques. J’espère que des gens, en lisant ce livre, auront envie d’y aller et se diront en les faisant “tiens j’ai eu raison de l’écouter. J’ai bien fait de lui faire confiance.”

«Quand on est honnête on ne peut pas tricher dans un col »

 

Parmi tous ces cols, quels sont vos coups de cœur ?

Je n’avais jamais fait la Bonette et je trouve que c’est un géant oublié. C’est à la hauteur d’un Iseran ou même d’un Galibier. C’est sauvage, farouche, inamical par moment. En plus, 25 kilomètres d’ascension, je ne l’avais jamais fait. Le barrage de Cap de Long, j’y vais plusieurs fois quand je suis en vacances dans la région et à chaque fois je me dit “waouh !” C’est une merveille que personne ne connaît. On est à 2100 mètres d’altitude donc je peux te dire que ce n’est pas un petit col. La Hourquette d’Ancizan, c’est le premier col que j’ai mis dans mon livre. Ce n’est pas vraiment dur, mais c’est tout ce que tu aimes quand tu fais du vélo. C’est un endroit absolument sublime, ce sont ces ascensions qui me parlent le plus. Je n’ai pas une vision encyclopédique du sport, j’en ai plutôt une sentimentale et ce qui m’intéresse, c’est de parler de la beauté de l’endroit. À chaque col, j’étais scotché devant ces lieux magnifiques que je grimpais.

Et s’il ne devait en rester qu’un seul à choisir ?

Je dirais le Cirque de Troumouse. J’ai été conquis par cet endroit. Ensuite l’Hourquette d’Ancizan et enfin, Pailhères.

Faire connaître des joyaux méconnus, souhaiter les voir sur le Tour, c’est aussi prendre le risque de contribuer à leur détérioration, comme l’évoque Martin Fourcade. Ne le craignez-vous pas ?

Je suis d’accord avec Martin mais après ça dépend… oui et non en fait, parce que les organisateurs font quand même attention, ils nettoient après le passage des caravanes et en général les gens ne font pas n’importe quoi. Le Tour, c’est aussi une façon de mettre en valeur les paysages de ces petits bijoux et que les cyclistes du monde entier aient envie de les grimper, comme pour le col du Portet cette année. C’est aussi le rôle du Tour de rendre cet endroit accessible et mythique. Mon avis est contrasté là-dessus. En revanche, Troumouse, c’est un site tellement beau et tellement privilégié qu’il faut le préserver.

On sent à la lecture et à vous entendre, une préférence de votre part pour les cols pyrénéens. Est-ce bien le cas ?

Oui bien sûr, encore plus après avoir fait le livre. Je vais souvent chez Pascal Coic le photographe qui a fait les clichés sur les Pyrénées, à Saint-Lary où il a une maison. Même si j’adore la Lombarde ou bien l’Izoard, les Pyrénées maintenant, pour moi, ce sont les plus beaux endroits. Ils sont plus natures, plus sauvages et plus préservés que les Alpes.

Comment vous êtes-vous préparé pour ce challenge ?

J’ai roulé depuis janvier. Je faisais entre deux et trois sorties par semaine, entre février et mars, des sorties d’une heure et demi à quatre heures, tout en essayant de placer beaucoup de bosses. J’ai vraiment senti un changement par rapport à l’année d’avant, où j’avais fait les reconnaissances avec Cédric Vasseur. Je me rappelle que dans le Galibier, j’avais souffert alors que là, je sentais bien que ça allait beaucoup mieux. Puis avec l’enchaînement de plusieurs cols hors catégorie, on prend de la force et on va de mieux en mieux même si je ne suis pas grimpeur. Dans l’affaire j’ai dû perdre six à sept kilos.

Vous avez monté les cols la plupart du temps en solitaire. Était-ce volontaire ?

Romain Bardet dit qu’un col, ça se monte seul et moi je suis assez d’accord. J’ai monté le Portet avec Thomas (Voeckler), L’Alpe d’Huez derrière Marion (Rousse) et la Bonette avec mon cousin. Malgré tout, je trouve qu’un col se monte seul. C’est un peu une introspection, tu te retrouves tout seul face à toi même, tu souffres ou tu es euphorique, tu te bats, tu t’encourages… c’est tout ça un col. Marion, elle fait 48 kilos, moi j’en fais 85. Tu imagines bien que le rapport poids-puissance n’est pas le même et que je me mets dans rouge si j’essaye de la suivre. Je préfère être tout seul même si on commence avec un pote, on va chacun à notre rythme. Un col, c’est vraiment se retrouver face à soi-même. Quand on est honnête, on ne peut pas tricher pas dans un col.

Tout de même, quelle compagnie est la plus agréable, entre celle de Voekler, Vasseur ou bien encore Rousse ?

(Rires) Je dirais Cédric Vasseur. Pas Marion, parce que c’est dur, elle est vraiment forte et a du mal à se mettre à mon rythme. Elle me disait que si elle m’attendait, elle tomberait. Bon je faisais du 13 à l’heure, ça va encore ! J’ai fait cette aventure sans me prendre pour un champion mais j’ai monté des cols à, je pense, une bonne allure. Cédric était un peu moins efficace quant à lui. Il faut dire qu’il avait pris un peu de poids et avait un peu de mal au début des cols. Même si, petit à petit, tu sentais que la forme revenait. Avec Cédric, on en a chié (sic) car dans le Galibier ou dans l’Izoard c’était très très dur.

Pour conclure, qu’avez-vous appris au terme de ces montées ?

Faire ces montées en voiture, c’est bien, mais on ne se rend pas compte de leur beauté ou de leur difficulté. La seule et la meilleure façon d’en parler, c’est de les monter soi-même. Comme le dit Thomas Voeckler, je n’ai pas grimpé ces géants en me prenant pour un coureur professionnel, car je suis tout sauf un coureur professionnel, j’ai trop de respect pour eux pour dire cela. Et je voulais sentir les cols, bien les connaître, pour pouvoir en parler. Il faut les faire, il faut les vivre, il faut les souffrir pour pouvoir bien les raconter et les comprendre un peu mieux.

Propos recueillis par Bertrand Guyot (@bguyot1982) pour Le Gruppetto

 

Crédit Photo : Stéphane Delecluse 
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Re: Nicolas Geay : « J'étais scotché devant ces lieux magnif

Messagepar Beobachter » 03 Déc 2018, 20:02

Superbe interview :ok:
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Re: Nicolas Geay : « J'étais scotché devant ces lieux magnif

Messagepar Warren Barguil » 03 Déc 2018, 20:27

Sympa Mania :)
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Re: Nicolas Geay : « J'étais scotché devant ces lieux magnif

Messagepar Geraldinho » 03 Déc 2018, 20:44

Belle pub pour le bouquin :niais:

Belle interview :ok:
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Re: Nicolas Geay : « J'étais scotché devant ces lieux magnif

Messagepar Nico32 » 03 Déc 2018, 21:06

Ça donne envie de l'acheter :mrgreen:
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Re: Nicolas Geay : « J'étais scotché devant ces lieux magnif

Messagepar Cyro » 05 Déc 2018, 10:12

Sympa :heureux:

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