Écrit le par dans la catégorie Analyses, Coup de bordure.

Depuis 2014, les forumeurs du Gruppetto votent pour remettre plusieurs récompenses aux acteurs du milieu cycliste. Meilleur coureur, meilleure équipe ou meilleure classique – entre autres – ce sont 31 prix qui seront attribués en 2018. En voici la seconde partie.

Retraité de l’année :

Comme chaque année les départs à la retraite sont nombreux. En 2018, c’est une figure du cyclisme français qui s’en va. Sylvain Chavanel quitte le peloton professionnel. Il repart avec l’award du « retraité de l’année ». Durant sa carrière démarrée en 2000, il a réussi à devenir champion de France en ligne à une reprise et six fois sur l’épreuve du contre-la-montre. Porteur du maillot jaune durant deux jours en 2010, il a également remporté trois étapes sur la Grande Boucle. Il y détient par ailleurs le record de participations, 18 en 19 saisons dans le monde pro. A ce palmarès s’ajoute un GP de Plouay, trois étapes de Paris-Nice ou encore quatre Tour du Poitou-Charentes. Il n’était pas passé loin d’une victoire sur Milan San Remo 2013 en finissant quatrième, mais c’est surtout sur le Tour des Flandres 2011, deuxième, battu d’un rien par Nick Nuyens, qu’il a perdu une course qui lui tendait les bras.

Damiano Cunego a remporté le Tour d’Italie 2004 à seulement 22 ans. Mais le petit prince d’Italie, n’aura jamais eu la carrière qu’on lui prédisait. En 2004 il s’impose aussi sur le Tour de Lombardie. Une course qu’il a remporté à trois reprises au cours de sa carrière. Parmi ses autres principaux résultats, on retrouve une victoire sur Amstel Gold Race, deux étapes de la Vuelta, une sixième place sur le Tour de France, ou encore trois Tour du Trentin, mais il n’est jamais parvenu à confirmer son année 2004, et dès 2010 les victoires ont été rares, seulement 6 succès sur ses huit dernières années.

Le sympathique Jérémy Roy a lui aussi mis fin à sa carrière. Celui qui n’a connu qu’une seule équipe, la FDJ, aura levé les bras à quatre reprises. Il a notamment remporté un Tro Bro Léon et une étape de Paris-Nice. Il est aussi arrivé second d’une étape du Tour de France 2011 derrière Thor Hushvod, c’est par ailleurs sur ce même Tour qu’il est élu coureur le plus combatif.

Rouleur de l’année :

Avec 7 succès sur les contre-la-montre en 2018 dont le titre mondial, Rohan Dennis s’est imposé comme la nouvelle référence de la discipline.

Il avait du mal sur les chronos longs. Mais cette année il a passé ce cap et c’est incontestablement que Rohan Dennis soulève pour la première fois l’award du « rouleur de l’année ». Il débute la saison avec un troisième titre de champion national consécutif, et gagne par la suite les chronos d’Abu Dhabi et du Tirreno. Sur le Tour d’Italie, il échoue à deux secondes d’un maillot rose sur l’épreuve chronométrée inaugurale. Mais se rattrape en fin de Tour en gagnant le CLM de 34 kilomètres. Changement de pays et de grand tour. En Espagne il remporte la première étape, parvenant ainsi à s’imposer au moins une fois sur les trois grands tours. Il enchaîne avec le gain de la 16e étape avant d’abandonner pour se consacrer aux championnats du Monde. A Innsbrück il relègue Tom Dumoulin et Victor Campenaerts à plus d’une minute vingt. Il ramène ainsi son premier maillot arc-en-ciel.

Le Néerlandais perd son titre, mais n’a pas démérité pour autant. Vainqueur du chrono du Tour d’Italie à Jérusalem, il s’est imposé aussi sur le chrono au Pays-Basque sur la Grande Boucle.

Le troisième larron, est encore un cran en dessous. Troisième en Italie et en Autriche, il a tout de même réussi à conserver son titre de champion d’Europe de la discipline.

Directeur sportif de l’année :

Grâce aux différentes tactiques payantes sur le Giro ou encore sur le Tour de France, Nicolas Portal remporte l’award du « manager/DS de l’année ». Le directeur sportif français de la Team Sky remporte cette première édition à la photo finish devant Cedric Vasseur.

L’ancien consultant a réussi son pari. Placé à la tête d’une équipe Cofidis en difficulté, le néo manager a remis les pendules à l’heure avec son leader Nacer Bouhanni, qui semble revenir à son meilleur niveau.

En troisième position se classe Wilfrid Peeters, l’un des principaux directeurs sportifs de la Quickstep. Avec une saison presque parfaite, il paraissait difficile de ne pas retrouver l’un des artisans des 73 victoires de l’équipe belge dans ce classement.

Grimpeur de l’année :

C’est l’un des awards les plus convoités. Celui du « meilleur grimpeur de l’année », et cette saison c’est Simon Yates qui s’impose. Le vainqueur du Tour d’Espagne a réalisé une saison exceptionnelle. Leader incontestable du Giro pendant deux semaines durant lequel il a remporté trois étapes, en plus d’une démonstration sur l’Etna, une étape laissée à son coéquipier Esteban Chaves. Plus tôt dans la saison, le meilleur jeune du Tour de France 2017 s’est imposé sur Paris Nice au sommet de La Colmiane. En fin de saison, il triomphe sur le Tour d’Espagne grâce à sa régularité et son niveau en montagne. Il repart de la Vuelta avec une étape en prime, à Les Praeres.

Deuxième, Thibaut Pinot a remporté lui le montagneux Tour des Alpes cette année. Au mois de mai, il n’a pas été loin d’un podium sur le Giro ni même d’une victoire d’étape. Revanchard pour son retour à la compétition, il réalise un excellent Tour d’Espagne en étant victorieux de deux des plus prestigieuses étapes de montagne à la pédale, au nez et à la barbe des leaders du classement général. Au final, le Franc-Comtois termine 6e de la Vuelta. Il boucle sa saison avec un doublé « Milan-Turin – Tour de Lombardie ».

Tom Dumoulin est désormais très loin d’être juste un rouleur. Deuxième du Tour d’Italie de la seconde étape jusqu’à la dernière, deuxième du Tour de France et quatrième des championnats du monde. Il lui manque la grosse victoire, comme sur les étapes de montagne, mais il n’est pas passé loin comme à l’Alpe d’Huez, juste second derrière le maillot Jaune Geraint Thomas.

Sprinteur de l’année :

Parce que les chiffres suffisent parfois à démontrer par A+B qu’un coureur réalise une grande saison, voici quelques statistiques qui devraient facilement expliquer ce podium.
– Elia Viviani : 18 victoires, dont 10 World Tour. (1 étape en Australie, 2 à Dubai, 1 à Abu Dhabi, De Panne, 4 étapes sur le Giro, 4 sur l’Adriatica Race, champion d’Italie, EuroEyes Cyclassic, 3 étapes sur le Tour d’Espagne).
– Dylan Groenewegen : 14 victoires, dont 4 World Tour. (1 étape à Dubai, 2 en Algarve, Kuurne Brussel Kuurne, 1 étape sur Paris-Nice, 3 sur le Tour de Norvège, 1 sur le Tour de Slovénie, 2 sur le Tour de France, Veenendaal Classic-Kampioenschap, 1 étape en Chine).
– Pascal Ackermann : 9 victoires, dont 6 World Tour. (1 étape en Romandie, 1 sur le Dauphiné, champion d’Allemagne, Ride London Classic, 2 étapes sur le Tour de Pologne, Brussels-Fourmies, 1 étape en Chine).

L’équipe féminine de l’année :

Dans la roue d’Anna Van der Breggen, la formation Boels-Dolmans a dominé la saison 2018.

La formation néerlandaise Boels – Dolmans remporte l’award de l’équipe « féminine de l’année ». La leader, Anna Van der Breggen a porté son équipe tout au long de la saison avec des victoires sur les Strade Bianche, le Tour des Flandres, la Flèche ou encore Liège-Bastogne-Liège. Sa compatriote Chantal Blaak a maîtrisé son sujet sur l’Amstel. Elle remporte également une étape de l’Healthy Ageing Tour. Une course-par-étape largement dominée par la championne du monde et ses coéquipières, elles terminent aux quatre premières places du classement général. Un classement enlevé par Amy Pieters. La coureuse de 27 ans a levé les bras en France, sur le GP de Plouay. L’américaine, Megan Guarnier a remporté quant à elle le Tour du Yorkshire.

L’autre formation néerlandaise, Sunweb réalise aussi une superbe saison. Grâce notamment à Coryn Rivera et Ellen van Dijk qui ont ramené la moitié des victoires de l’équipe, dont le Tour de Grande Bretagne et le Madrid Challenge.

Victorieuse du Giro, Annemiek van Vleuten a aussi remporté le Boels Ladies Tour. Sa coéquipière chez Mitchelton-Scott, Amanda Spratt, troisième du Giro s’est imposée sur le Emakumeen XXXI.

L’équipe masculine de l’année :

Habituée à exploser les compteurs de victoires depuis 2012, la Quick-Step Floors a fait encore plus fort cette année. 73 victoires, dont bon nombre sur les plus grandes courses, en plus d’une forte présence collective. C’est logiquement qu’elle remporte l’award de « l’équipe de l’année ». Avec leurs sprinteurs, Elia Viviani (18 victoires dont quatre sur le Giro et trois sur la Vuelta), Fernando Gaviria (9 victoires dont deux sur le Tour de France en plus du port du maillot jaune) et les pépites Jakobsen (7 victoires), Hodeg (5 victoires), la formation belge s’est assurée une présence régulière sur les sprints tout au long de l’année. Durant la campagne flandrienne, Terpstra et ses coéquipiers ont largement dominé les différentes classiques avec des victoires sur le Tour des Flandres, l’E3, A travers la Flandre, le Samyn notamment et des podiums sur Paris-Roubaix, Gent Wevelgem, etC… La campagne suivante, celle des Ardennaises, a été tout aussi brillante, en remportant la Flèche-Wallonne avec Julian Alaphilippe et Liège Bastogne Liège avec Bob Jungels. La suite de la saison a été également une réussite : six victoires et le classement par points sur le Tour d’Italie, cinq victoires et le maillot à pois sur le Tour de France, quatre victoires et une deuxième place au classement général sur le Tour d’Espagne. Il faut rajouter également à cela quelques victoires comme la Clasica San Sebastian, le Tour de Grande Bretagne et le Tour de Slovaquie pour Alaphilippe, la Cyclassics pour Viviani ou encore le titre de champion du monde du contre-la-montre par équipes.

La Team Sky, victorieuse du Tour d’Italie avec Froome et du Tour de France avec Thomas, a comme à son habitude brillé sur les Grands Tours, mais pas que. 43 victoires cette saison dont un Tour de Pologne grâce à Kwiatkowski, un Dauphiné avec Thomas, le Tour de Guangxi en clôture de la saison pour Moscon. Il faut saluer aussi la belle saison du Colombien Egan Bernal. Le jeune coureur sous contrat jusqu’en 2023 a remporté le Tour de Californie et le Colombia Oro y Paz en plus d’une seconde place sur le Tour de Romandie et d’un top 15 pour sa première participation au Tour de France. Les points noirs de l’année sont ceux du cas Froome et des campagnes de classiques flandriennes et ardennaises. Ils n’auront pas fait mieux qu’une seconde place sur l’Het Nieuwsblad avec Wisniowski et un fond de top 10 sur Liège avec Henao.

La Lotto NL Jumbo se présente désormais comme une formation majeure pour les années à venir. Dylan Groenewegen, 14 victoires en 2018 dont deux sur la Grande Boucle, confirme qu’il est à présent l’un des tout meilleurs de sa discipline. Du côté des courses-par-étapes, c’est l’ancien sauteur à ski, Primoz Roglic qui s’est révélé comme le leader. Vainqueur du Tour du Pays-Basque, puis du Tour de Romandie avant de triompher chez lui en Slovénie et de finir sa belle série avec une quatrième place sur le Tour de France. Très remuant en troisième semaine, il aura craqué sur le chrono final. Son coéquipier Steven Kruijswijk semble avoir retrouvé son niveau de 2016. Cinquième du Tour et quatrième de la Vuelta, son sens tactique a certainement privé son équipe d’un podium sur un Grand Tour.

Consultant de l’année :

Le néo-retraité des pelotons cyclistes, Thomas Voeckler a réussi les débuts de sa nouvelle carrière. Consultant sur la moto pour France TV lors du dernier Tour de France, il a amené de la justesse et de la folie dans une équipe qui en manquait. C’est pourquoi il remporte l’award du « consultant de l’année ». Le « Vendéen d’adoption » s’impose devant sa collègue, Marion Rousse. Après des débuts encourageants sur France TV en 2017, elle a confirmé, cette année, son potentiel. Avec de fines analyses et de la pertinence dans ses propos, cette seconde place est méritée. Jacky Durand, toujours efficace, s’incline face à ses confrères du service public et termine troisième.

Commentateur de l’année :

Nouvelle victoire pour France TV ! Arrivé comme Marion Rousse, d’Eurosport en 2017, Alexandre Pasteur s’est affirmé comme une valeur sûre. Il remporte l’award du « commentateur de l’année ». Dans une nouvelle équipe compétente et dynamique, il a participé à balayer l’image d’une équipe maladroite et vieillissante. Derrière lui, on retrouve Guillaume Di Grazia pour Eurosport et Patrick Chassé pour la chaîne l’équipe.

Par la rédaction du Gruppetto.

 

Crédit Photo : Awen Le Gall / Granada via wikimédia commons
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