Écrit le par dans la catégorie Analyses, Coup de bordure.

Depuis 2014, les forumeurs du Gruppetto votent pour remettre plusieurs récompenses aux acteurs du milieu cycliste. Meilleur coureur, meilleure équipe ou meilleure classique – entre autres – ce sont 31 prix qui seront attribués en 2018. En voici la dernière partie.

Classique de l’année :

Deuxième en 2017, les Strade Bianche s’offrent cette année l’award de la « classique de l’année ». Tout était réuni pour avoir un vrai chantier en Toscane. De la pluie, de la boue, du froid, des chemins et des gaziers gonflés à bloc ! Rapidement dans la course le peloton se scinde en plusieurs groupes, on ne compte plus que 70 coureurs présents à l’avant. Après plusieurs tentatives vaines, c’est un certain Romain Bardet, venant tout juste d’opérer la jonction avec le groupe de tête, qui décide d’accélérer à plus de 45 kilomètres de la ligne d’arrivée. Il est suivi par un Wout Van Aert très remuant depuis le départ de la course. Finalement c’est un troisième homme, assurément le plus fort ce jour-là, Tiesj Benoot, parvenant à boucher 40 secondes seul en 5 kilomètres, qui s’imposera. Il rejoint le duo de tête à 15 kilomètres de l’arrivée avant de les lâcher dans la foulée dans le dernier chemin. Le Belge s’impose en solitaire devant le leader d’AG2R La Mondiale et un Van Aert au sol au sommet de l’ultime montée, pris de crampes.

Sur le podium on retrouve le Tour de Lombardie, remporté magistralement par Thibaut Pinot. Une course qui s’est décantée à près de 50 kilomètres de l’arrivée grâce à Roglic, Nibali et le Franc-Comtois. Mais après plusieurs accélérations, le coureur de la Groupama FDJ parvient à être seul à 14 kilomètres du but, il s’en va alors chercher son premier monument.

Enfin, sur la dernière marche, on retrouve évidemment Paris-Roubaix. L’Enfer du Nord, cette course unique et inégalable, a sacré le champion du monde, Peter Sagan. Le Slovaque a lutté jusqu’au bout face à un Silvan Dillier, présent à l’avant pendant plus de 200 kilomètres. Malheureusement cette édition a été ternie par le décès tragique de Michael Goolaerts.

Course par étape de l’année :

Après avoir été détrôné en 2017 par la Course au Soleil, le Giro d’Italia vient réclamer, pour la 3e fois, son award de « meilleure course-par-étape de l’année » ! Alors, pourquoi le Giro, dirons certains, avec un départ d’Israel, et plusieurs étapes parfois longues ou fades, à l’image de la montée du Montevergine di Mercogliano. Difficile sur un Grand Tour de maintenir chaque jour l’intérêt, mais citons tout de même l’impressionnante montée de Gran Sasso, la défaillance de Chaves sur une étape de transition, la domination de Simon Yates durant deux semaines avant de sombrer dans le Finestre, lui-même passé une nouvelle fois dans la légende sous l’impulsion de Chris Froome, pourtant à la peine les jours précédents, mis à part sur les pentes rudes du Monte Zoncolan. Il ne faut pas oublier cependant ce final orageux sur la route d’Imola ou d’autres instants, qu’ils soient dramatiques, ou dithyrambiques.

Malgré une fin d’édition pluvieuse complètement dantesque entre Valdeblore et Eze, à slalomer entre les coureurs cumulant un tour de retard, Paris-Nice aura bataillé jusqu’au bout avant de rendre les armes sur la toute fin, tout comme le Tour des Alpes, remporté par Thibaut Pinot, que Kenny Elissonde n’aura pas su tracter jusqu’au sommet.

Coureuse mondiale de l’année, autres disciplines :

Hommage à Kristina Vogel, victorieuse de 9 manches de Coupe du Monde et de deux titres mondiaux avant de voir son destin brisé par une chute à l’entraînement en juin …

Le titre de « coureuse de l’année autres disciplines » revient inévitablement à Kristina Vogel. L’Allemande, considérée comme l’une des meilleures pistardes de l’histoire a malheureusement, en juin dernier, été victime d’un grave accident à l’entrainement, elle y est devenue paraplégique… Mettant évidemment fin à sa carrière à seulement 27 ans. Cependant, au-delà de ce tragique événement qui a marqué la planète vélo, l’Allemande s’est imposée à 9 reprises en Coupe du Monde cette saison, elle n’avait jamais fait mieux que 6 victoires (saison 2013/2014). Elle a enlevé un dixième et onzième titre de championne du monde, en vitesse individuelle et par équipe.

La double championne du monde de cyclocross, Sanne Cant termine sur la seconde marche du podium malgré une saison parfaite : championne de Belgique, d’Europe et du Monde. Victorieuse de 19 courses la saison dernière, elle a également remporté la Coupe du Monde et le Superprestige.

La Néerlandaise Laura Smulders est devenue en 2018 championne du monde de BMX, elle a remporté pour la troisième fois de suite la Coupe du Monde, avec 5 manches. Ajoutons à cela un troisième titre de championne d’Europe.

Coureur français, autres disciplines :

Le BMX à l’honneur pour cette première édition de l’award du « coureur français de l’année, autres disciplines ». Sylvain André, s’impose après une saison 2018 marquée par un titre de champion du monde remporté à Baku en juin dernier, après une seconde place acquise en 2017. Pour la troisième année consécutive, le Vauclusiens est médaillé de bronze aux championnats d’Europe. Troisième c’est également son classement cette saison en Coupe du Monde, où il a enlevé la quatrième manche à Papendal.

Second de ce classement, le pistard Sébastien Vigier n’aura pas réussi à conserver ses titres de champion d’Europe en vitesse individuelle et par équipe, acquis l’an passé à Berlin. A 21 ans, le jeune francilien a tout de même rivalisé à l’international en accrochant deux médailles d’argent aux championnats d’Europe et deux médailles de bronze aux championnats du monde. Joris Daudet termine sur la dernière marche du podium, mais il n’était pas loin de s’imposer.

Second de la Coupe du Monde et des championnats du Monde de BMX derrière Sylvain André, il nous permet cependant de souligner l’excellent niveau mondial de la France dans cette discipline peu médiatisée.

Panache de l’année :

Le français Thibaut Pinot remporte la seconde édition de l’award du « panache de l’année ». Tout au long de l’année, le leader de la Groupama FDJ n’a pas manqué de faire preuve de panache. Très en vue sur le Tour d’Italie, où il est passé à l’attaque sur la plupart des étapes montagneuses, il n’obtient pas de podium contraint à l’abandon, malade. A son retour il s’est montré offensif sur un Tour de Pologne qui n’était qu’une mise en bouche de sa fin de saison. Vainqueur de Milan Turin et du Tour de Lombardie, second de Tre Valli Varesine en fin d’année, après un Tour d’Espagne durant lequel il a été de nombreuses fois acteur. Victorieux à deux reprises devant les favoris du classement général, la première au Lac de Covadonga et la seconde à Andorre.

Notamment grâce à son coup d’éclair dans le Finestre sur le Tour d’Italie, Christopher Froome a marqué l’année 2018. Le Britannique, souvent remuant termine second de ce classement.

Vincenzo Nibali, comme à son habitude n’hésite pas à surprendre ses adversaires. Attaquant victorieux sur Milan San Remo, également à l’avant pour son premier Tour des Flandres. Le requin de Messine a bougé jusqu’au Tour de Lombardie, où il a échoué face à Thibaut Pinot.

Equipe française de l’année :

A l’image du championnat de France remporté par Anthony Roux, la FDJ a connu une saison 2018 réussie : 33 victoires dont 8 en World-Tour avec comme point d’orgue le Tour de Lombardie.

En 2018, la formation Groupama FDJ a réalisé une superbe saison. Peut-être l’une des plus belles de son histoire. C’est pourquoi elle remporte l’award de « l’équipe française de l’année ». Avec 33 victoires, record de 2013 égalé, les hommes de Marc Madiot confirment une fois de plus qu’ils peuvent jouer au plus haut niveau, même si un écart avec les principales formations World Tour subsiste. Dans tous les cas les « bleu-blanc-rouge » ont pu compter sur Arnaud Démare, vainqueur sur Paris-Nice, le Tour de France, le Tour de Suisse et auteur d’un historique 5/5 avec le classement général sur le Tour du Poitou-Charentes. L’autre leader de la formation française, Thibaut Pinot a lui aussi réalisé l’une de ses meilleures saisons. Vainqueur du Tour des Alpes, de Milan Turin, du Tour de Lombardie, de 2 étapes sur le Tour d’Espagne. Il a loupé une nouvelle fois le podium du Tour d’Italie, cette fois-ci, à bout de force et contraint à l’abandon à l’issue de l’avant dernière étape. Parmi les bons points de l’équipe on retrouve Sarreau avec 5 victoires, Roux à 3 victoires dont le titre de champion de France. Mais aussi Rudy Molard, vainqueur sur Paris-Nice et porteur du maillot rouge sur la Vuelta.

La seconde équipe World Tour, AG2R La Mondiale termine deuxième de cet award. Avec un Romain Bardet surprenant sur les Strade Bianche en accrochant le podium, tout comme sur Liège Bastogne Liège. Le Français n’a cependant pas été au niveau pour la gagne sur le Tour de France. Le transfuge en provenance de la Lotto Soudal, Tony Gallopin a réussi son intégration chez les « terre & ciel » en s’imposant sur l’Etoile de Bessèges et sur le Tour d’Espagne. Le Belge, Oliver Naesen n’a pas réussi sa campagne de classique, mais il a su rebondir en fin de saison avec une victoire magistrale lors de la Bretagne Classic.

Malgré des soucis avec son leader, Cédric Vasseur a réussi à redresser l’équipe Cofidis, Solutions Crédits. Victorieuse de la Coupe de France avec Hofstetter en plus de 21 victoires en 2018. Six bouquets pour Christophe Laporte, même score pour son rival Bouhanni. Mais le Vosgien a permis aux Nordistes de s’imposer en World Tour, sur le Tour d’Espagne, comme les deux premières équipes.

Coureuse française de l’année :

L’award de « coureuse française de l’année » revient à la Bretonne Audrey Cordon-Ragot. Championne de France du contre-la-montre pour la quatrième année consécutive, la future coureuse de Trek Segafredo a réalisé une solide saison 2018. Elle a collecté de nombreuses places d’honneur; sixième de l’Amstel Gold Race et du tour de Guangxi, quatrième de la Cadel Evans et des championnats d’Europe de contre-la-montre, troisième du Madrid Challenge…

Partie chez Movistar, la nouvelle championne de France, Aude Biannic termine second de ce classement. L’autre bretonne sur le podium, a terminé second du Tour de Belgique avec une victoire sur le prologue. Elle a aussi pris la sixième place du Tour de Norvège.

Pauline Ferrand-Prévot complète le podium. Très peu présente sur route cette année, elle a tout de même réussi à accrocher le top dix sur le Trofeo Alfredo Binda, Liège Bastogne Liège, la Setmana Valenciana et sur le Tour de Grande Bretagne.

Etape de l’année :

Au-delà de la stupeur et du dégoût que cela a pu engendrer, il faut se l’avouer le scénario était totalement fou ! C’est pourquoi la 19e étape du Tour d’Italie remporte l’award de « l’étape de l’année ». Qui aurait pu imaginer un instant que Christopher Froome renverserait le Giro de cette manière ? Nibali avait réussi en 2016, mais sur deux étapes. Ici, Simon Yates était leader depuis 15 jours, rien ne laissait transparaître un signe de faiblesse, hormis la veille. Trente secondes de perdues dans la dernière montée, une petite alerte juste avant le Finestre et le bouquet final de ce 101e Giro. Le leader de l’épreuve craque complètement et très tôt dans l’étape, à bout de force il lâchera 30 minutes. La formation Sky fait tout exploser et propulse Christopher Froome pour 80 kilomètres d’échappée solitaire, il finit l’étape avec plus de trois minutes d’avance sur ses poursuivants désorganisés, Carapaz, Pinot, Lopez et Dumoulin. Le Néerlandais reste second du classement général derrière un nouveau britannique, Chris Froome. Domenico Pozzovivo, troisième avant le départ ne pouvant pas suivre le rythme termine à huit minutes et est relégué à la sixième position du classement général.

La huitième étape de Paris-Nice n’aura pas fait le poids. Pourtant elle avait des arguments. Du suspense, de la pluie, des attaques et une entente espagnole qui a permis à Marc Soler, pourtant sixième du général à plus de 37 secondes du leader au départ, de remporter Paris-Nice devant Simon Yates. Le vainqueur de la course au soleil se détermine souvent à coup de secondes, cette année ce fut pour quatre petites secondes que l’Espagnol s’est imposé au terme d’une étape remportée par David De La Cruz.

La 19e étape de la Grande Boucle complète le podium de l’étape de l’année. Une course qui n’était pas loin de tout remettre à zéro, mais au final à part l’explosion de Nairo Quintana, terminant à sept minutes, peu de changement et une grande désillusion pour bon nombre de suiveurs. Entre les attaques de Bardet, Landa et Zakarin à 100 kilomètres de l’arrivée dans le Tourmalet, puis la craquante de Froome dans le Soulor, et les multiples attaques des Lotto NL Jumbo… Seul Primoz Roglic, qui remporte l’étape avec une ultime attaque dans la descente de l’Aubisque sous un brouillard épais, parvient à reprendre du temps à Geraint Thomas, 23 secondes avec les bonifications. Le Slovène monte par la même occasion sur le podium, plaçant provisoirement Froome à la quatrième place.

Moment WTF de l’année :

La saison cycliste est souvent rythmée par des évènements des plus surprenants. Après Froome à pied dans le Ventoux en 2016, les problèmes gastriques de Tom Dumoulin sur le Tour d’Italie l’an passé. C’est Pierre Esquer filmant l’écran géant sur le Tour d’Italie lors de l’étape du Gran Sasso après la perte du signal international qui remporte l’award du « moment WTF de l’année » et accessoirement de l’intitulé le plus long. La réalisation italienne toujours au top n’a, encore une fois, pas déçu cette année. Alors que Pinot luttait pour la victoire, finalement deuxième derrière Yates, tout le monde a cru revivre un second Bergen. Mais c’était sans compter sur ce diable de Pierre Esquer qui décida de filmer l’écran géant de l’arrivée pour sauver un million de téléspectateurs.

Le blanchiment de Chris Froome se classe en deuxième position. Tout le monde connaît l’histoire, alors qu’il subit un contrôle anormal, il parvient à courir le Giro en faisant traîner l’affaire. Au final il remporte la course et souhaite s’attaquer au Tour de France, mais ASO met la pression et décide à quelques jours du départ d’interdire le coureur britannique, l’organisateur se trouve alors dans ses droits vu que Froome était soumis à une procédure judiciaire. Cependant, le lendemain, a à peine cinq jours du départ de la Grande Boucle, l’UCI abandonne les poursuites après que l’AMA ait jugée que ce n’était pas un contrôle positif.

En troisième position, une autre situation totalement surréaliste avec des agriculteurs venus sur la 16e étape du Tour de France pour se faire entendre, bloquent la route avec des bottes de pailles. Les policiers se déploient pour disperser les manifestants à coup de gaz lacrymo. Sauf que les principales victimes ont été les coureurs…

Coureur français de l’année :

Thibaut Pinot, remporte pour la troisième fois l’award du « coureur français de l’année ». Avec dans la musette un Tour des Alpes, un podium en Pologne, deux étapes de la Vuelta accompagnées d’une sixième place au général, un enchaînement Milan Turin – Tour de Lombardie, un top 10 sur les championnats du Monde et un gros Giro malgré son abandon. L’aigle de Mélisey a placé la barre très haute cette saison ! Il a su rebondir malgré son échec sur le Tour d’Italie.

Superbe année 2018 pour Julian Alaphilippe ! Douze victoires, dont le Tour de Grande-Bretagne, deux étapes du Tour du Pays-Basque, la Flèche Wallonne où il détrône Valverde, la Clasica San Sébastian qui intervient après un Tour de France magistral. Comme Barguil en 2017, Julian remporte deux étapes et le maillot à pois !

Sixième du Tour de France. Troisième de Liège-Bastogne-Liège, du Dauphiné. Deuxième des championnats du Monde, du Tour du Finistère, Giro della Toscana et des Strade Bianche. Vainqueur de la Classique d’Ardèche. Voilà la saison de Romain Bardet, le leader d’AG2R La Mondiale, impuissant sur le Tour de France, qui s’est rattrapé en accrochant le podium sur d’autres grandes épreuves.

Moment de l’année :

Mamamia ! Mais quel moment, des frissons, de la joie, de l’excitation, puis de la détresse… 21 ans que la France le successeur de Laurent Brochard. Alors quand sur la dernière ascension des championnats du monde, les français font tout exploser, difficile de tenir en place. L’award du « moment de l’année » revient à l’équipe de France et son train sur les championnats du monde. Déjà en 2017, c’était Alaphilippe et sa double attaque dans Salmon Hill qui avait récolté le plus de voix pour cet award, cela en dit long sur l’attente autour d’un titre de champion du monde. Pinot-Bardet-Alaphilippe, voilà l’ordre du train au pied de Holl. Rapidement il ne reste plus que Valverde, Woods et Dumoulin dans la roue des Français. Mais voilà qu’Alaphilippe n’est pas dans sa meilleure forme et ne parvient pas à prendre le relais de Bardet pour asséner le coup final. C’est alors une tout autre course qui commence… Et la suite, tout le monde la connait.

En seconde position, c’est un événement qui restera dans l’Histoire de la petite reine. L’étape de l’année, a scotché les téléspectateurs. Mais pas forcément pour les meilleures raisons. Un coureur ne devant pas participer à l’épreuve qui explose la concurrence avec une échappée solitaire de 80 kilomètres, ça a le pouvoir de nourrir un sentiment de dégoût, d’impuissance devant ce superbe coup tactique.

Enfin, une bonne note pour finir, le Tour de Lombardie. L’award de la classique de l’année s’est déjà épanché sur le résumé de la course. Mais le duel Pinot-Nibali, deux coureurs très appréciés, a procuré de vraies et bonnes émotions pour clôturer la saison.

Exploit de l’année :

Silvan Dillier, issu de l’échappée matinale, a longtemps résisté pour finir 2e de Paris-Roubaix derrière Peter Sagan.

L’award de « l’exploit de l’année » revient à Silvan Dillier pour son Paris-Roubaix. Dans un premier temps il ne devait pas faire les flandriennes à cause d’une fracture du doigt après une chute lors des Strade Bianche. Finalement, victorieux de la Route Adélie de Vitré lors de sa reprise à dix jours de Roubaix, Silvan Dillier s’élance sur l’Enfer du Nord en remplacement de Rudy Bardier, forfait. Le champion de Suisse parvient à prendre l’échappée matinale. A 40 kilomètres de la ligne il est rejoint par le champion du monde, Peter Sagan. Résistant aux multiples attaques et ne se résignant pas à collaborer avec son compagnon de luxe, il parvient à rentrer sur le vélodrome en premier, rêvant d’un destin à la Matthew Hayman. Finalement il s’incline au sprint mais, pas s’en démériter loin de là.

L’échappée solitaire de plus de 80 kilomètres pour renverser le Tour d’Italie de Christopher Froome, termine en seconde position de cet award. Déjà plébiscitée pour l’étape de l’année, cet exploit, reste en travers de la gorge de nombreux fans.

Pour finir, la saison d’Alejandro Valverde monte sur la troisième marche du podium. Victime d’une grave blessure survenue sur la première étape du Tour de France 2017, qui avait mis prématurément un terme à sa saison. On pensait un temps qu’il ne pourrait pas remonter sur son vélo. Au final il est revenu très fort dès les premières courses de la saison. Avec une longue saison où il n’a que très peu faibli, comme à son habitude. Sauf que cette fois, il a enfin réussi à monter sur la première marche des championnats du Monde.

Coureur de l’année :

Voici le dernier award, le plus prestigieux et le plus contesté. Celui de « coureur de l’année ». La bataille fut rude et indécise jusqu’au bout. Le Slovaque, Peter Sagan, contraint à l’abandon laisse partir le groupe de tête, celui des coureurs qui ont marqué la saison. Un peu plus loin, Geraint Thomas, vainqueur du Tour de France, paie le fait qu’il était au top deux mois dans l’année. Le Britannique est contraint de laisser Dumounlin, Valverde et Yates en tête. Et c’est le Néerlandais, Tom Dumoulin, qui s’impose sur le fil. Souvent second, il lui manquait une victoire majeure en 2018 et il l’a enfin. Malchanceux en début de saison sur le Tour d’Abu Dhabi ou encore sur Tirreno-Adriatico, le papillon de Maastricht prendra son envol sur le Giro. En remportant le chrono inaugural il porte directement le maillot rose. Cependant le lendemain il laisse sa tunique de leader au profit de Rohan Dennis, une tunique qu’il ne reverra plus jamais. Il traverse les trois semaines de course à la seconde position du classement général. Solide, mais pas dominateur en montagne et en contre-la-montre il ne profitera pas de la craquante de Yates, surpris par un Froome réalisant un des exploits de l’année. Le coureur de la formation Sunweb, rééditera sa seconde position sur le Tour de France, derrière un autre coureur de la formation Sky, Geraint Thomas. Pour clôturer sa saison il termine une ultime fois second sur les championnats du monde du chrono, avant de prendre la quatrième place de l’épreuve en ligne.

Battu à la photo finish, Alejandro Valverde termine second de cet award. Vainqueur du Tour de la Communauté de Valence en plus de deux étapes, puis du Tour d’Abu Dhabi ou encore du Tour de Catalogne avec là aussi deux étapes, l’Espagnol est revenu comme un boulet de canon en 2018. Certainement trop en forme en début de saison, il ne dominera pas les ardennaises et s’inclinera sur la Flèche face à Alaphilippe. Au final il continuera son bonhomme de chemin avec des victoires sur la Route d’Occitanie, sur la Vuelta et bien évidemment sur les Championnats du Monde ! Il termine l’année à la première place au classement UCI.

Il a manqué de fraîcheur dans le final, Simon Yates s’incline et termine sur la troisième marche du podium. Deuxième de Paris Nice après avoir pris le maillot jaune lors de sa victoire sur l’avant dernière étape, il perd sa tunique de leader pour quatre secondes le lendemain. Dix jours plus tard, il termine quatrième du Tour de Catalogne, en gagnant la dernière étape. En avril il décide de ne pas accrocher de dossard pour se préparer au mieux au Tour d’Italie. Le premier grand rendez-vous pour l’ancien maillot blanc du Tour de France. Après deux semaines en tête du classement général et trois victoires d’étapes, il semble si proche d’un triomphe à Rome, malheureusement il craque complètement sur les dernières étapes et termine à plus d’une heure et quart. Il se rattrape par la suite en prenant la seconde place du Tour de Pologne avec une victoire d’étape, il enchaîne ensuite avec sa victoire sur la Vuelta ! En ne commettant pas les mêmes erreurs qu’en Italie, il remporte là son premier Grand Tour.

Par la rédaction du Gruppetto.

 

Crédit Photo : wikimédia commons / Flore Buquet / Awen Le Gall
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Modérateur: Animateurs cyclisme pro

Re: Gruppetto Season Awards 2018 : dernière partie

Messagepar PCMilan » 20 Déc 2018, 20:51

Pinot panache de l'année, merci pour la rigolade les amis.
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Re: Gruppetto Season Awards 2018 : dernière partie

Messagepar Coxo » 21 Déc 2018, 17:49

Je crois qu'il y a un oubli : pas vu la coureuse mondiale de l'année dans un des 3 articles :oops:
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Re: Gruppetto Season Awards 2018 : dernière partie

Messagepar Guame » 21 Déc 2018, 18:07

Exact, l'award est bien dans la 2e vidéo mais n'apparaît pas dans l'article. Ce sera corrigé ce week-end, merci à toi de l'avoir remarqué. :ok:
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