Écrit le par dans la catégorie Interviews, Les forçats de la route.

Voilà désormais près de deux saisons qu’Alexandre Pasteur a posé ses valises chez France Télévisions. Deux années d’actualités sportives, entre sports alpins, JO et cyclisme. En cyclisme, l’année 2018 a été particulièrement dense avec son lot d’émotions, drames et polémiques, l’occasion de faire un bilan. Il y sera question d’affaire Froome, de Tour de France, de Voeckler ou bien encore de parapet. Entretien.

« Amener un peu plus de déconne dans le direct, ça nous a fait beaucoup de bien » 

Alexandre, quel bilan tirez-vous de ces deux dernières années chez France Télévisions ? 

Je m’y sens très bien désormais. La première année n’a pas été simple surtout les premiers mois parce que j’étais un peu attendu, je suis arrivé dans un contexte un peu tendu, avec des personnes, qui, en interne, voulaient occuper le poste que j’occupe et qui n’avaient pas très bien compris pourquoi on avait fait appel à quelqu’un d’extérieur. Au départ du Tour 2017, c’était un peu tendu. C’était normal, parce que les trois quarts de l’équipe avaient été changés également, avec mon arrivée, celle de Franck Ferrand, de Marion Rousse et des changements sur la moto avec Nicolas Geay, remplacé par Thierry Adam.   

Quelle analyse faites-vous du Tour 2017, a posteriori ?  

Le Tour de France 2017 m’a fait beaucoup de bien, parce que les gens ont pu voir qui j’étais. Ça leur a permis d’appréhender ma personnalité, de voir que je n’étais pas “casse-couille” (sic). De voir que j’arrivais à me fondre dans un collectif et que je venais apporter ma contribution sans forcément vouloir me mettre à l’avant de la scène, car ça n’est pas ma personnalité. Ça s’est plutôt bien fini et ça a jeté les bases de 2018 qui a été une année beaucoup plus sereine. J’ai l’impression qu’on a tous trouvé nos marques et je me suis senti vraiment mieux cette année, à tous les niveaux. Moralement, c’était beaucoup plus simple. Le bilan est bon, je suis content, tout va bien à France Télévisions et je me projette déjà sur 2019. 

Y-a-t-il une volonté de France Télévisions d’agrandir son catalogue de courses ? 

Il y a la Vuelta qui sera sur le marché l’année prochaine. Ce serait un beau produit, alors pourquoi pas ? Après, on est plutôt en période de disette à France Télévisions. La priorité, c’est déjà de conserver nos courses, plutôt que d’en acheter des nouvelles. On réfléchit aussi sur le Tour du Pays Basque et la Clasica San Sebastian, mais plutôt à horizon 2020-2021. Ce sont juste des prises de renseignements, pour le moment. 

Et quid des courses féminines ? 

Dès qu’une course sera produite, elle sera diffusée sur France Télé. Je pense à Liège-Bastogne-Liège qui ne dispose pas d’une production féminine, contrairement au Tour des Flandres ou à l’Amstel. Mais si Liège-Bastogne-Liège venait à avoir une production pour sa déclinaison féminine, on la diffuserait bien évidemment. On a fait un choix courageux, cette année, sur le Tour des Flandres, de diffuser les 30 derniers kilomètres de la course des filles alors que la course masculine était en cours. C’était courageux d’autant que la course a été pliée très vite. Mais c’est une initiative qui a plutôt été bien perçue. Mais voilà ça dépend de la volonté d’ASO de produire ou non les courses féminines et le jour où ils le feront, on sera au rendez-vous, ça c’est sûr ! 

Si l’on revient sur le Tour 2018, on a senti un changement notoire. Comme une volonté d’être plus “fun” à l’antenne. 

Complètement ! Aujourd’hui, on ne peut pas faire 6 heures de direct dans la journée si on n’a pas un peu de “fun” comme vous le dites. Ce ton, c’est quelque chose que j’appréciais quand j’étais à Eurosport et si l’idée n’est pas de recréer ce que j’ai connu là-bas, il fallait plus de légèreté, tout en restant dans le respect des coureurs. Amener un peu plus de déconne (sic) dans le direct, ça nous a fait beaucoup de bien. 

C’était volontaire ? Vous vous étiez préparés en amont ? 

Oui et non. C’était mon objectif mais après, ça dépend des personnes qui sont avec toi. Si tu veux déconner (sic) tout seul, c’est un peu compliqué. Tandis que là, je sentais qu’il y avait la volonté de tout le monde de participer à cet élan. Même Laurent, qui est plutôt quelqu’un de sérieux à l’antenne, pas forcément toujours très rigolo, s’est lâché. Il a même fait une imitation de Bourvil à un moment. Même Franck Ferrand s’est pris au jeu. Dans l’étape de Carcassonne, à Mazamet, il fait une description de la ville totalement ubuesque, la boucherie Laurent Jalabert, la place de la Vuelta… C’était important pour les gens qui nous écoutaient, car on avait été beaucoup trop sérieux l’année précédente et j’entends bien continuer sur ce mode-là, en restant compétent mais en lâchant prise de temps en temps. Et il y a eu également l’apport de Thomas Voeckler qui a contribué à détendre l’atmosphère. Il nous a vraiment porté.  

Son apport à l’antenne a été salué par tous. Vous vous attendiez à une telle réussite de sa part ? 

Il a été exceptionnel ! Thomas, c’est quelqu’un d’instinctif mais sur ses premières prestations chez nous, sur la moto à Paris Nice, il avait une voix rentrée. Il jouait au commentateur et il n’était pas lui-même. Le fond était très bon, mais sur la forme, on avait l’impression qu’il se forçait. On a débriefé avec lui et on lui a dit : ”sur la forme, putain (sic) lâche-toi ! Sois toi-même, monte dans les aigus si tu veux y aller, sois naturel et spontané”. Il a compris tout de suite, car dès Paris-Roubaix, où on a fait 6 heures d’antenne, je l’ai retrouvé tel que je le voulais : gouailleur, déconneur, chambreur, tout en restant super pro, plein d’infos techniques hyper intéressantes. Dès ce moment, j’ai su que c’était gagné et qu’on allait passer un bon Tour de France. Je ne me suis pas trompé. 

« Le Tour, c’est une machine qui te happe » 

Alexandre Pasteur, tout sourire, au matin de Paris-Tours 2018, dernière épreuve de la saison commentée par France Télévisions.

Vous avez partagé des moments avec lui et le reste de l’équipe, en dehors des directs ? 

Non, Thomas et Thierry Adam, je ne les ai presque pas vus du Tour. Ils dormaient au départ, tandis que nous, on dormait déjà à l’arrivée ou à proximité de celle-ci. On s’est peut-être croisé seulement deux ou trois fois durant le Tour. C’est ça le paradoxe, on peut établir une complicité alors qu’on ne partage aucun moment à l’extérieur du direct. Je n’ai même pas pu boire une bière avec lui, le Tour, c’est une machine qui te happe. Et une fois que tu as ta feuille de route, tu ne peux pas en sortir, parce que sinon, tout de suite, tu vas te retrouver en décalage et tu vas courir après le temps. Cette complicité, on l’a bâti grâce aux premières courses de l’année et aux premières étapes du Tour. Il fallait que l’alchimie prenne tout de suite sinon on allait devoir courir après. Je suis content que ça se soit fait de manière naturelle.   

On imagine que vous souhaitez que Thomas Voeckler reparte pour une nouvelle année sur la moto ? 

Sincèrement, je ne sais même pas s’il a un contrat d’un an ou deux ans. Mais j’imagine qu’il a sans doute envie de continuer sur la moto. Ça lui va tellement bien que je n’ai pas beaucoup de doute là-dessus. On s’est revu au mois d’octobre sur Paris-Tours et par rapport à ce qu’il m’a dit et vu qu’il y a la volonté de France Télévisions de reconduire le dispositif, il devrait être là en 2019. 

Pour en revenir à ce que vous disiez précédemment, la solitude, pendant le Tour, en dehors des heures de courses, n’est-elle pas trop pénible à vivre ? 

C’est inhérent au Tour de France. J’ai gardé la même équipe, avec Franck Ferrand et mon meilleur ami Stéphane en tant que chauffeur. On est resté tous les trois dans la voiture avec toujours le même rituel, faire les 80 derniers kilomètres afin de connaître le final de l’étape. On était donc toujours avec un temps de décalage avec le reste des équipes. C’est un regret, mais de toute façon, c’est comme ça et avec le direct des étapes en intégralité, ça a pas mal changé le rythme pour les commentateurs et même les techniciens. Une journée ne dure que 24 heures et parfois on a l’impression de ne jamais avoir le temps de souffler. Je commence à avoir un peu l’habitude depuis l’époque Eurosport, je sais qu’il reste peu de temps en dehors du Tour pour ne serait-ce que se poser ou prendre un café le matin. Ce n’est pas un problème, je m’entends très bien avec Franck Ferrand et j’ai la chance d’avoir mon pote. Je suis en bonne compagnie. 

Avez-vous un retour, via des enquêtes d’opinion, sur le dispositif de commentaire cette année sur le Tour du France ?

Mon patron Laurent-Éric Le Lay, avec qui j’ai déjeuné la semaine passée, m’a dit qu’il y avait eu l’unanimité pour une fois. Alors qu’est-ce que ça veut dire, “l’unanimité” ? Est-ce que c’est aux yeux de la presse ou du grand public ? Je ne sais pas. En tout cas le Tour a plu sur les réseaux sociaux et il y a eu beaucoup moins de commentaires négatifs que l’année précédente. Je me nourris des retours pour progresser. Bien évidemment, je ne vous parle pas des réactions trash ou des insultes, ça, ça me fait rigoler, il faut prendre beaucoup de recul par rapport à ça, mais des remarques négatives qui ont été bien moins nombreuses que l’an passé. J’ai vu, en revanche, beaucoup de retours positifs sur l’apport de Thomas, le nouveau Jalabert, sur Marion Rousse qu’on pourrait exploiter sans doute encore mieux à l’antenne. Je n’ai pas vu trop de choses négatives. Après, il y a des personnes en interne à France Télé qui trouvent que Franck Ferrand prend trop de place.

Que leur répondez-vous ? 

Je n’en ai pas l’impression. Pour moi, le Tour de France, c’est un spectacle global. Et la partie patrimoniale a vraiment de l’importance et ça je le mesure vraiment depuis que je suis à France 2. Sur Eurosport ça faisait partie des sujets dont on ne s’occupait pas vraiment. Sur France Télévisions, les gens ne sont pas là que pour regarder la course, mais aussi pour voyager par procuration. On a donc besoin de donner du temps de parole à Franck. Et en plus, ça c’est mon avis, c’est une pointure exceptionnelle. Alors c’est vrai qu’il nous fait sortir de la course, mais c’est une partie qu’il faut développer afin de livrer un produit qui puisse satisfaire tout le monde. Et je vous avoue que sur une étape de plaine de 230 bornes où il ne se passe rien, les interventions de Frank sur les châteaux ou les églises, ça me va très bien (rires). 

Certaines critiques sont peut-être exacerbées, car le personnage est clivant, pour certains ? 

Oui, il énerve des personnes, d’autres l’apprécient. Alors, évidemment, ce n’est pas un historien du vélo, ce n’est pas lui qui va te raconter les guerres entre Bartali et Coppi ou Anquetil et Poulidor. Mais il y a tellement d’autres choses à dire sur le parcours du Tour, et je trouve que c’est assez équilibré. D’ailleurs, j’essaie d’équilibrer le temps de parole entre chacun, pour que tous puissent s’exprimer. Parfois, Thierry, je n’ai pas grand-chose à lui demander parce qu’il ne se passe rien, mais je me dis qu’il a peut-être des choses à nous dire ou des choses à nous faire ressentir de l’intérieur de la course. 

« Je suis là pour vendre un spectacle » 

Le Tour de France, bien plus qu’un simple évènement sportif.

Place à la course, comment avez-vous jugé ce Tour de France 2018 ? 

Je n’ai pas trouvé que c’était un Tour délirant. C’était un Tour moderne, un Tour qui a cristallisé toutes les contraintes et les défauts du cyclisme moderne, les oreillettes, la puissance d’une seule équipe, qui impose un tel tempo dans la montagne qu’il n’y a rien à faire. On s’est emballé pour Julian Alaphilippe, mais il gagne des étapes parce qu’il joue en marge du général. Pour ce dernier, il n’y a jamais eu de suspense, si ce n’est au début de la fin de la dernière semaine, pour savoir qui de Froome ou de Thomas gagnerait le Tour et on a vite compris lors des étapes pyrénéennes, que Thomas était le plus fort. 

Avez-vous tout de même apprécié le scénario de la course ?

Il y a bien eu quelques grands moments mais ce n’était globalement pas emballant. Si je reprends la première semaine, Il y avait des étapes de plaine mais il y avait aussi les étapes bretonnes qu’on nous avait un peu survendues. Et pourtant, j’y croyais, j’avais fait la reconnaissance des parcours, je me disais que sur ces routes, ça exploserait de partout. Je ne pensais pas du tout qu’on aurait 80 mecs au bout qui se joueraient la victoire au sprint à Quimper. Pour moi, ce jour-là, on aurait dû être sur un petit Liège-Bastogne-Liège, c’est décevant mais c’est le cyclisme moderne. Cette année je vais prendre beaucoup plus de recul par rapport au futur parcours et je vais éviter de survendre la course (ndlr : l’entretien a été réalisé avant la présentation du Tour 2019). 

Comment gérez-vous la déception, aux commentaires ? 

Je suis là pour vendre un spectacle. Je ne vais pas dire que c’est une étape de merde (sic). Pour en revenir à l’étape de Quimper, à un moment, je dis qu’on n’a pas eu le scénario escompté. C’était très décevant, comme déroulé de course, mais il vaut mieux ne pas trop l’exprimer, ça n’a rien à voir avec l’organisateur, ni même les coureurs. Moi je suis juste là pour vendre et promouvoir un spectacle. Il faut conserver le respect des coureurs, c’est une dimension qui doit être hyper présente dans les commentaires. Faire le Tour, ça reste un truc hors norme, on ne peut pas les critiquer gratuitement s’ils n’ont pas décidé de se faire la guerre sur une étape qui, pourtant, le leur permettait. J’essaie d’éviter de tomber sur les commentaires un peu extrêmes que je peux le lire parfois sur les réseaux sociaux. 

N’êtes-vous pas frustré par l’hégémonie de l’équipe Sky, en tant que commentateur ? 

Sky, c’est devenu inéluctable. Sur chaque étape de montagne, tu as un groupe de 10 mecs avec 4 ou 5 Sky dedans. Qu’est-ce que tu veux faire ? Ils ont les meilleurs coureurs. On ne peut pas dire que la Sky soit éblouissante sur les classiques ou même sur les autres tours, mais sur le Tour, ils savent préparer leur affaire. Il n’y a pas un seul grain de sable qui vient les perturber, c’est chiant pour nous, malheureusement. 

Le Tour s’est déroulé dans un climat pesant. Il y a eu des signes d’hostilité manifestes vis-à-vis de Sky et de Froome. Craigniez-vous des débordements, pendant la course ? 

Je pensais qu’il y aurait un ou deux gestes comme ceux auxquels on a pu assister. Après, il ne faut pas non plus stigmatiser ce qui s’est passé notamment à l’Alpe d’Huez. Cette montée a toujours généré une ambiance un peu électrique propice aux débordements ou aux comportements déplacés. En dehors de ça, je n’ai rien vu de scandaleux. J’imaginais bien les sifflets, mais pas Froome se faire agresser ou molester par un mec. Quand même, le public du Tour, ça reste un public familial, ce ne sont pas des hooligans. A part un ou deux mecs qui ont trop forcé sur le rosé en attendant les coureurs, ce qui s’est passé dans l’Alpe ce n’est pas non plus dramatique.  

« Froome devait-il faire le Tour ? Je n’ai pas d’avis » 

Non-invité par ASO dans un premier temps, Chris Froome a pu participer au Tour de France 2018 après avoir été blanchi par l’UCI dans l’affaire du salbutamol.

Concernant Christopher Froome, ne trouvez-vous pas que France Télévisions a pu faire preuve de complaisance à son encontre, à certains moments ? 

Non, je n’ai pas l’impression qu’on l’ait absous. On n’allait pas rappeler tous les jours, à l’antenne, quand on voyait Froome, qu’il y avait sa procédure qui n’avait pas abouti, le salbutamol…  Je n’allais pas le rappeler 10 fois par jour, ça aurait été contre-productif. On est allé le rencontrer la veille du départ du Tour, Nicolas Geay a fait une longue interview et j’estime qu’il a posé les questions qu’il fallait lui poser. On a diffusé cette interview plusieurs fois sur le premier weekend du Tour et après : place à la course. Froome devait-il faire le Tour ? Je n’ai pas d’avis. Il était au départ du Tour, point. Ça a jeté un climat malsain sur l’environnement du Tour de France, les gens étaient tendus, je le regrette en tant que commentateur et en tant que suiveur, parce que le Tour doit être une fête.  

Et votre avis personnel, sur l’affaire Froome ? 

Sur le fond de l’affaire en elle-même, est-ce que Froome est coupable ? On sait que Sky est à la pointe de l’innovation dans tous les domaines. Mais on sait aussi qu’ils sont à la frontière de tout ce qui est légal ou de ce qui ne l’est pas. Je n’ai pas fait d’enquête en profondeur sur les méthodes de Froome ou Sky, je ne peux pas en dire grand-chose de plus. J’ai un rapport au dopage assez sensible et en tant que commentateur du Tour de France, je ne peux pas me permettre de dire tout et n’importe quoi. Il faudrait éviter des cas comme le cas Froome et que ce type de dossier ne soit pas tranché qu’à 5 jours du départ. En juillet, c’était un peu du grand guignol, entre l’annonce d’ASO qui interdit à Froome de prendre le départ et puis deux jours après, l’UCI qui le blanchit. C’est du foutage de gueule (sic). Sur le fond de l’affaire, je n’ai pas de commentaire à faire, mais le timing lui était désastreux. 

Vous comprenez que le public ait du mal à accepter ce genre de cas ? 

Oui, mais ce qui me gêne toujours, c’est qu’on criminalise à mort les cyclistes. Alors, ok, il y en a qui trichent, qui jouent avec leur santé, mais on les diabolise et à un moment, il faut rapporter ça aux maux de la société actuelle. Ça va, ce ne sont pas des violeurs d’enfants, ce ne sont pas des assassins. Ça me dérange profondément, parce qu’à chaque fois que je croise des gens qui ne sont pas trop au fait du vélo, j’ai le droit à du “qu’est-ce qu’ils ont trouvé maintenant comme nouveaux produits ? Alors, les vélos électriques ?“… Je vous promets, pour certaines personnes, le vélo, désormais c’est ça. C’est dramatique que le vélo véhicule encore cette image car c’est quand même un sport qui s’est énormément assaini ces dernières années.  

Quittons Froome. Quel serait LE moment fort que vous retiendriez de ces 3 semaines ? 

C’est évidemment la chute de Gilbert dans la descente du Portet-d’Aspet. C’est vraiment le truc qui m’a marqué, là, j’ai une réaction épidermique. Ça incarne tellement de choses, le courage, les valeurs du cyclisme. C’est pour ça, que c’est difficile de taper sur les coureurs, car il faut voir comme ils morflent parfois. Quand tu penses qu’il termine l’étape avec une fracture de la rotule, c’est un truc de dingue ! 

Et comment vit-on ce moment d’incertitude, quand le coureur bascule et que l’on ne sait pas ce qui a pu lui arriver ? 

Très mal ! Sur le moment, j’ai la voix qui devient blanche et je ne dis plus rien pendant quelques secondes. Parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière le parapet. Et on n’a pas d’images. C’est Thomas Voeckler qui, avec la moto son, s’arrête et nous rassure en nous disant tout de suite qu’il le voit, que c’est bon, qu’il bouge et qu’il est vivant. Mais il a fallu attendre 2 à 3 minutes pour que Thomas arrive ! Et jusque-là, on était dans l’incertitude et c’était douloureux à vivre. J’ai vécu des moments similaires quand je commentais le ski sur Eurosport. J’ai commenté des énormes cartons qui se sont parfois très mal terminés, avec des amputations, heureusement jamais d’accident mortel. On sait que ça peut être très grave. Tant que j’étais dans l’incertitude, je n’en menais pas large, c’était très angoissant. 

Vous avez malheureusement vécu, en direct, un accident similairement tragique, avec le décès de Michael Goolaerts sur Paris-Roubaix. Étiez-vous au courant de l’évolution de son état, pendant la course ? 

On a eu des infos très alarmistes pendant le direct. Quand il tombe dans l’un des premiers secteurs pavés, le deuxième il me semble, je me suis dit “tiens ça fait un équipier en moins pour Van Aert”. Je ne sais pas si je le dis à l’antenne mais en tout cas je le pense. Puis, deux ou trois heures après, on apprend que son état est sérieux, que c’est très grave. Là, ça plombe un peu l’ambiance, mais il y a quand même une course. En plus, un final de Paris-Roubaix c’est toujours de la folie furieuse comme avec ce duel magnifique entre Sagan et Dillier. On ne pouvait pas trop s’appesantir, j’avais ces infos, mais j’ai essayé de ne pas trop les répercuter sur la course. J’ai juste indiqué qu’il était à l’hôpital et qu’on donnerait des nouvelles dès qu’on en aurait des plus précises. Et c’est après l’arrivée de Paris-Roubaix, dans la zone technique qu’on a appris que son état était désespéré. On n’en menait pas large, finalement, tout ce qu’on venait de vivre était bien dérisoire. Cette hécatombe chez les jeunes coureurs belges, c’est incroyable, c’est une malédiction…  

On imagine que ce genre d’événements doit vous faire relativiser ? 

C’est pour ça qu’il faut toujours qu’il y ait le respect du coureur, toujours ! Ils font quand même un de métier de chien. Tony Gallopin me le disait : une saison, c’est 95% de merdes (sic), de galères et 5% de joies. Nous, on ne retient que les bons moments comme sa victoire sur la Vuelta mais au-delà de ça il n’a eu que des merdes (sic) pendant toute sa saison. Respect total pour les coureurs. 

« J‘ai un peu les sens en éveil quand je commente une course » 

Alexandre Pasteur, au centre, en compagnie de son duo de consultants Laurent Jalabert et Marion Rousse, lors du dernier championnat du monde à Innsbruck en Autriche.

 

Pour revenir sur un registre plus joyeux, quelles sont les courses qui vous plaisent le plus en tant que spectateur, mais aussi commentateur ?

Il y en a plusieurs. Paris-Roubaix, bien évidemment, elle est archaïque mais en même temps ultra moderne. On nous vend une image un peu surannée de Paris-Roubaix, l’Enfer du Nord, la guerre des tranchées, alors que c’est la course la plus moderne qui soit, où il peut tout se passer, à n’importe quel moment. Et dont le scénario est impossible à écrire à l’avance. C’est vraiment ce que j’aime. C’est également ce qui m’a plu à Paris-Tours même si certains secteurs étaient sans doute trop durs et qu’il aurait peut-être fallu des chemins un peu plus softs. Mais j’aime bien ce type de courses, comme les Strade Bianche, ça instaure une incertitude, ce sont les plus belles.  

Et quelle serait la course en ligne que vous voudriez mais que vous ne pouvez pas commenter pour le moment ? 

Il y a le Tour de Lombardie. Je ne l’ai commenté qu’une seule fois dans ma carrière, avec Laurent Fignon. C’est la seule course que j’ai commenté avec Laurent et c’est un très bon souvenir, je remplaçais Patrick Chassé ce jour-là. Cette année je n’ai pas pu la regarder parce que j’avais décidé d’aller cueillir des champignons. Et en plus, il n’y en avait pas un seul (rires). C’est une course de fin de saison, les décors sont magnifiques avec les couleurs de l’automne. Je suis très attaché à cette notion de décor. Les villes, les forêts, les montagnes et les lacs, j’ai un peu les sens en éveil quand je commente une course. Et le Tour de Lombardie, ce sont les plus beaux décors possibles. En plus, c’est une course de fin de saison, les coureurs sont fatigués, la sélection se fait assez naturellement et c’est vraiment sympa d’avoir des courses comme ça ou ça se fait à la pédale à 50 kilomètres de l’arrivée. Ça manque un peu aujourd’hui, c’est pour ça que j’adore cette course. 

Et quid d’un autre grand Tour ? 

Une étape que j’aurais aimé commenter, c’était celle de Bardonnèche sur le Giro. Voir Froome attaquer à 85 km de l’arrivée, à vivre derrière un micro, cela doit être génial ! C’est une performance athlétique hors du commun, et le voir conserver 3 minutes d’avance tout le long des 85 kilomètres le séparant de l’arrivée, c’est un truc de dingue ! On se plaint souvent que l’on n’a pas assez de spectacle et quand on en a, on se dit c’est inhumain, qu’il se fout de notre gueule… Encore une fois on ne saura jamais le fin mot de l’histoire, à quoi carburait-il ce jour-là, je ne sais pas mais ça sortait des schémas établis chez Sky. Alors c’était peut-être gênant ou troublant, mais c’était génial ! 

Et on imagine que la Vuelta, niveau paysage, vous ne devez pas en être friand ? 

Complètement ! Quand tu es dans des 4 voies dans la Mancha, sur des routes interminables, c’est vrai que ce n’est pas top. Après, sportivement, la Vuelta est intéressante parce qu’elle est en fin de saison et les coureurs sont dans des états de forme très disparates. Tout le monde n’a pas le même objectif, il y a ceux qui sortent du Tour, ceux qui n’ont pas fait le Giro, ceux qui l’ont fait, ceux qui préparent les Mondiaux. On a un peloton assez hétéroclite et ça donne une épreuve généralement plus vivante que sur le Tour. 

S’il ne devait y avoir qu’un seul moment, positif, à retenir de cette saison sportive, lequel serait-ce ? 

Sagan qui gagne avec le maillot de champion du monde à Roubaix, ça m’a donné des frissons. J’aurais pu dire Thibaut Pinot, en plus c’est un Franc-Comtois (rires) mais je n’ai pas vu la course en direct.   

En parlant de champion du monde, vous avez  faire face cette année à une polémique sur vos commentaires sur Valverde devenant champion du monde. Comment l’avez-vous vécu ? 

Autant, au début de ma carrière, les réseaux sociaux, ça m’aurait peut-être démonté, mais ça fait 24 ans que je fais des commentaires en vélo, en athlé, ou en ski, j’ai du recul par rapport à ça. Je me suis certes fait un peu tancer sur Twitter mais ça n’était pas très méchant. Je me suis contenté de rappeler que Valverde avait eu un rapport toxique avec le vélo dans les années 2000, mais je me sentais également le droit de dire que c’est un mec qui est aimé dans le peloton. Ça fait peut-être mal au cul (sic) à certains, mais c’est la vérité. Je n’ai pas dit que c’est un mec exemplaire, ça c’est Jalabert qui l’a dit et qui n’aurait peut-être pas dû le dire si fortement.

« Je ne recherche pas la confrontation ou le clash » 

Après plus de vingt ans chez Eurosport, Alexandre Pasteur commente désormais sur France Télévisions. Il est arrivé en compagnie de Marion Rousse à partir de Paris-Roubaix 2017.

Que pensez-vous donc du nouveau champion du monde ? 

Il est très suivi avec tout ce qu’il incarne. Moi je dis : chapeau faire ça à 38 ans… Après, il y a l’éternel débat “oui, mais il se dopait”. Moi, je n’ai pas forcément envie de rentrer là-dedans. C’est un mec qui fait le job, qui est contrôlé, car il est dans le viseur et il le sera jusqu’à la fin de sa carrière. Quand j’en parle à Romain Bardet, Il me répond que c’est un super champion. Alaphilippe me dit la même chose, Tony également. Ils ne vont pas faire la gueule parce que Valverde est champion du monde. 

En parlant de cette polémique, quels sont vos rapports avec les réseaux sociaux ? 

Mon rapport à Twitter est très simple : n’étant pas leader d’opinion, je ne recherche pas la confrontation ou le clash et quand ça arrive, je prends ça de façon relaxe. C’est ce qui me protège, je ne tomberai jamais là-dedans, ce n’est pas ma personnalité. Je suis un peu navré par l’évolution des réseaux sociaux, car plus on exprime ses opinions plus on s’expose à des réactions et plus on devient clivant.  

Et votre “parapet” est devenu la star de Twitter, au mois d’octobre. Comment l’avez-vous pris ? 

Ça m’a fait marrer. J’aime bien les réseaux sociaux pour ça, j’adore les comptes parodiques comme La Grosse Boucle ou Dans La Musette. Pour moi, les réseaux sociaux, ça doit servir à ça, passer de bons moments plutôt que de se cracher dessus ou de s’envoyer des scuds en permanence. Les détournements qui ont été fait de cette phrase, ça m’a vachement amusé, je me suis amusé à retweeter tout ce que je voyais. J’aime bien rigoler, j’aime bien les vidéos décalées, il y a beaucoup d’humour sur Twitter et c’est ce que je recherche avant tout. 

Deux questions à l’amateur de sports d’hiver que vous êtes : le cyclocross, aux JO d’hiver, pour ou contre ? 

Contre ! Les JO d’hiver, c’est de la neige et de la glace et je suis désolé, mais en cyclo-cross, il n’y a ni l’un ni l’autre. Hormis le calendrier qui fait que ça coïncide avec les épreuves des JO, ça n’a rien à voir avec les disciplines hivernales. Archi-contre, ça serait débile. Comme le cyclisme sur piste qui avait été envisagé à un moment aux JO d’hiver pour des questions de calendrier. 

Streif ou Trouée d’Arenberg ? 

La Streif ! Parce que je suis allé 22 ans à Kitzbühel pour commenter le ski alpin alors que Paris-Roubaix, je ne l’ai fait que 6 ou 7 fois. En plus, la Streif, j’ai eu la chance de la descendre à ski tandis que je n’ai jamais eu la chance de rouler sur la Trouée d’Arenberg.

D’ailleurs, où en êtes-vous, niveau pratique du vélo ? 

J’essaie de rouler un peu. Je courrais beaucoup dans mes jeunes années. J’ai même été licencié cadet 1 et cadet 2 dans mon club. Jusqu’à 30 ans je roulais pas mal mais maintenant j’ai une organisation personnelle un peu compliquée, entre Paris et Grenoble où vivent ma femme et ma fille, puis les déplacements pour le taf et je n’ai plus beaucoup de temps pour moi. En plus j’habite dans Paris, et rouler là-bas, ce n’est pas simple. Je roule à Grenoble pendant les vacances mais je n’ai malheureusement que très peu de temps. Le vélo est un sport chronophage, quand tu roules tu ne pars pas une demi-heure mais plutôt 3 ou 4 heures et je n’ai vraiment pas le temps. À mon grand regret. 

Propos recueillis par Bertrand Guyot (@bguyot1982) pour Le Gruppetto

 

Crédit Photo : Cyrille Clément via Flickr / Awen Le Gall / Marion Rousse ( Instagram )

 

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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar jeje63 » 06 Nov 2018, 19:54

Interview sans faute jusqu'à cette énormité sur le CX, bon ok c'est pas un sport de glisse mais la neige en janvier sur les CdM ça arrive et ça rend la course plus passionante :)
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Horse » 06 Nov 2018, 20:24

Top :ok:
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Kornrat » 06 Nov 2018, 20:30

Bonne interview dans l'ensemble ! J'aime beaucoup le bonhomme.
Point négatif les questions sur Froome, la sky ect... Ça fait plusieurs années qu'elles sont partout et c'est très souvent les mêmes réponses, perso je sature et j'estime que ça n'a pas d’intérêt. Ça rajoute de la longueur a une interview déjà suffisamment longue.
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar cunego » 06 Nov 2018, 20:33

Très bon :ok:
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar bullomaniak » 06 Nov 2018, 20:55

jeje63 a écrit:Interview sans faute jusqu'à cette énormité sur le CX, bon ok c'est pas un sport de glisse mais la neige en janvier sur les CdM ça arrive et ça rend la course plus passionante :)

Ma question. :angel
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Mania » 06 Nov 2018, 21:00

Kornrat a écrit:Bonne interview dans l'ensemble ! J'aime beaucoup le bonhomme.
Point négatif les questions sur Froome, la sky ect... Ça fait plusieurs années qu'elles sont partout et c'est très souvent les mêmes réponses, perso je sature et j'estime que ça n'a pas d’intérêt. Ça rajoute de la longueur a une interview déjà suffisamment longue.


Comment ne pas poser la question, en évoquant 2018 (vois pas le rapport avec le "plusieurs années") )à propos de Froome ???? D'autant que je l'aborde sous l'angle d'une éventuelle complaisance de FTV le concernant. Au final J'ai posé ces questions sur Froome :

- Qu'a t 'il pensé du traitement de FTV à son égard
- Que pense-t-il du cas Froome (en off, j'ai rappelé le trouble de l'affaire, la gestion de l'AMA...etc) personnellement
- Que pense-t-il de la réaction du public. Question logique, vu le lourd climat qui pesait sur le Tour.

- Sur la Sky, je n'ai pas posé de question sur l'équipe, j'ai juste demandé ce qu'il pensait si hégémonie de 'équipe ne le frustrait pas en temps que commentateur. C'est un angle que j'estime pertinent et très adapté à ce Tour.

Les réponses ne te conviennent pas j'en conviens, mais mon "boulot", dans l'interview, est de poser les questions importantes. Celles là en faisaient partie et étaient nécessaires. Et à partir du moment où j'ai posé la question, je me dois d'en écrire la réponse. Après on aime ou pas la réponse ça, ça dépend de chacun.
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Beobachter » 06 Nov 2018, 21:10

Très belle interview :ok:
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Kornrat » 06 Nov 2018, 21:16

Je ne critique pas l'angle que tu as pris, ni les tournures des questions et encore moi ses réponses. Je ne fustige pas ton boulot qui est très bon sur cette interview, c'est plus un sentiment général.
Et c'est purement mon avis, mais on en parle tellement à toutes les sauces et dans énormément d'interviews de Froome et cie (d'où le "plusieurs années") que ça en devient lassant et ça m'a fait décrocher de l'interview, voilà le pourquoi de ma remarque. Je pense qu'on gagnerait en intérêt à ne pas parler de Froome et Sky, ou tout du moins brièvement, ça mettrait d'autres aspects en valeur (encore une fois c'est mon avis, chacun a sa vision).
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar thor_husvod » 06 Nov 2018, 21:17

Très belle interview, encore bravo Mania :up
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar CycloNico » 06 Nov 2018, 21:43

Super interview :love: Très intéressant de savoir son ressenti de commentateur :up
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Carrefour de l'Arbre » 06 Nov 2018, 22:22

Très bon entretien. Intéressant d'apprendre que France TV pense à agrandir son catalogue de droits.
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Max1304 » 06 Nov 2018, 22:25

Très bon interview :ok:
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Mania » 06 Nov 2018, 22:46

Kornrat a écrit:Je ne critique pas l'angle que tu as pris, ni les tournures des questions et encore moi ses réponses. Je ne fustige pas ton boulot qui est très bon sur cette interview, c'est plus un sentiment général.
Et c'est purement mon avis, mais on en parle tellement à toutes les sauces et dans énormément d'interviews de Froome et cie (d'où le "plusieurs années") que ça en devient lassant et ça m'a fait décrocher de l'interview, voilà le pourquoi de ma remarque. Je pense qu'on gagnerait en intérêt à ne pas parler de Froome et Sky, ou tout du moins brièvement, ça mettrait d'autres aspects en valeur (encore une fois c'est mon avis, chacun a sa vision).


Ah tu parles du thème Froome / Sky en général . Déjà tu noteras que j'ai fait "light" concernant Sky, une seule question orienté sur le commentateur. Quant à Froome, crois moi, j'aurai pu aller bien au delà :) . Aprés, Froome a fait l'actualité pendant 7 mois dans l'année. Meme si ça agace, ce que je peux comprendre, je ne regrette pas ce choix.

Mais je peux comprendre que ça agace
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Cyro » 07 Nov 2018, 08:52

Mania enchaîne les supers papiers :love:
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar Akitsuki » 07 Nov 2018, 09:14

Le genre d'ITW que tu dévores dans les transports en commun. Quel plaisir à lire !!
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Re: L’interview au long cours avec … Alexandre Pasteur

Messagepar paulok6 » 07 Nov 2018, 13:41

La référence ultime quand on est passionné de vélo et de SH. En + il est franc-comtois !! :love: :love:
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