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Les pavés oubliés : Introduction

Dès que sont évoqués conjointement le sport cycliste et les routes pavés, vient en tête la classique Paris-Roubaix, mettant en avant ces routes d’un ancien temps. A un tel point que l’expression « Enfer du Nord » est aujourd’hui utilisée pour ce que subissent les coureurs, étant secoués sur ces routes cabossées, remplies de poussière ou de boue, selon les conditions météorologique (alors que l’expression date de 1919 et est due à Eugène Christophe, évoquant les dégâts de la guerre dans les villages et la campagne traversés par la course).

Secteur pavé

Le pavé, tel qu’on le suppose dans le cyclisme moderne

Depuis peu, on peut également penser au Tour de France. Depuis le retour des pavés du Nord en 2004 et surtout 2010, avec une lutte entre les favoris à la victoire finale, avant d’être magnifiés en 2014 par la course en jaune de Vincenzo Nibali, futur vainqueur de l’épreuve. Nous attendons ainsi tous la version 2015 de cet épisode pavé de juillet.

Cependant, pour la Grande Boucle, les secteurs empruntés sont presque tous issus de la Reine des Classiques. Et si ce n’est pas le cas, nul ne sera surpris de voir un des secteurs estival emprunté au printemps dans l’année qui suit. Pourtant, ce choix n’est pas aussi restreint qu’il n’y parait. En effet, dans Nord, il est possible de trouver des pavés à de très nombreux endroits.

Il faut déjà ne pas limiter le secteur pavé à un chemin de campagne. En effet, il y a moins d’un siècle, les centres de nombreuses villes, pas seulement Nordistes, étaient recouverts de pavés similaires à ceux qui persistent aujourd’hui dans les anciennes routes reliant des villages dans le Cambrésis et le Valenciennois, où entre les champs de la plaine de la Pévèle, pour évoquer les exemples connus.

Pavé Lille

Entre ancien et nouveau pavé, sur la Grand’Place de Lille

Aujourd’hui, le pavé des villes n’a rien à voir à celui d’antan. Lorsqu’il n’a pas été remplacé par de l’asphalte, il ne secoue plus les cyclistes citadins. Par endroit, il en reste du plus ancien, comme ci-dessus, avec un reste laissé volontairement de l’ancien pavage de la Grand’Place de Lille, sur lequel passent nonchalamment les passants, sans forcément se rendre compte de l’héritage de ces blocs de pierre dans la région.

Car dans le Nord, plus qu’ailleurs, les pavés sont partout. On en trouve dans les cours d’anciennes fermes, sur le trottoir des villes. Et même là où le pavé n’est plus censé être, on le retrouve quand même, comme simple parements d’une route nationale par exemple, comme seul reste d’une large chaussée qui offrait des kilomètres de pavés en ligne droites il y a plusieurs décennies.

Route Nationale 2

Reste de pavé, au bord de la Route Nationale 2

Mais aussi et surtout, il en reste sur la route. Parfois du bon, parfois du moins bon. Certains parfaitement carrossables, d’autres où même les engins agricoles aurait des difficultés. Ils datent parfois d’un autre temps ou sont tout à fait récents. Eventuellement mal recouverts, ou toujours laissés à l’air libre. Et par ces routes (en tout cas, la plupart d’entre elles), les courses cyclistes peuvent passer…

par darth-minardi

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