Écrit le par dans la catégorie Analyses, Tours et détours.

Le plus ancien des monuments s’élance ce dimanche pour traverser les Ardennes et franchir des côtes que les nombreuses éditions de la classique ont rendu célébres. Voici un petit tour d’horizon des principales difficultés, actuelles ou passées, qui émaillent le parcours de Liège – Bastogne – Liège, surnommée la Doyenne.

1. Côte de Wanne (2,2 km à 7,6%, max 13%)

La Côte de Wanne marque traditionnellement l’entrée dans le final de Liège – Bastogne – Liège. Les choses sérieuses commencent ici et les difficultés s’enchainent alors quasiment sans répit. Située entre Vielsalm et Trois-Ponts, elle est actuellement abordée par son versant sud. Le parcours a varié au fil des années et selon le versant choisi, on peut aussi la retrouver sous le nom de Côte d’Aisomont ou Côte de Wanneranval.

 

2. Côte des Hézalles (1 km à 12%, max 23%)

La Côte des Hézalles est une petite rue de la ville de Trois-Ponts. Il s’agit d’une côte relativement courte, mais particulièrement raide. De plus, la route est étroite et exige un bon placement. Jusque dans les années 90, elle constituait un temps fort de la course pour opérer une première sélection. Elle a aujourd’hui disparu du parcours.

 

3. Mur de Stockeu (1,1 km à 11,6%, max 21%)

Stockeu est invariablement associé à Eddy Merckx. Le Cannibale s’était même permis de s’échapper en solitaire ici en 1971, alors qu’il restait encore 92 kilomètres à parcourir. La victoire était au bout de cet exploit, même si le champion avait frisé la correctionnelle en devant contenir le retour de Georges Pintens et le battre au sprint. Les coureurs passeront ainsi devant la stèle Eddy Merckx, qui marque le sommet du mur proprement dit, la partie la plus raide qui propose des pentes à 20%. Le Mur peut-être prolongé jusqu’au Col de Stockeu, dont le sommet est proche de celui de Wanne.

 

4. Côte de la Haute-Levée (3,6 km à 5,6%, max 12%)

La Côte de la Haute-Levée s’enchaine directement avec le Mur de Stockeu lorsque les coureurs redescendent celui-ci par le même versant. Elle complète alors une trilogie redoutée Wanne – Stockeu – Haute-Levée. La montée en elle-même se divise en deux parties, avec une forte pente au pied, suivie d’un long faux-plat montant. Elle avait temporairement disparu du parcours suite à des aménagements routiers qui ont conduit à réduire la largeur de la chaussée, pour refaire son apparition à partir de 2005.

 

5. Col du Rosier (4,4 km à 5,9%, max 10%)

Le Col du Rosier se distingue surtout par sa longueur. Il s’agit d’une difficulté plutôt roulante qui est utilisée dans la transition entre le secteur de Stavelot et la Côte de la Redoute, enchainée avec la Côte de la Vecquée ou la Côte de Lorcé selon les éditions. Il ne figure pas au programme de l’édition 2014.

 

6. Côte de la Redoute (2,1 km à 8,5%, max 21%)

La Côte de la Redoute est devenue indissociable de la Doyenne. Par sa difficulté et son placement stratégique à 40 km de l’arrivée environ, il s’agit d’un rendez-vous incontournable pour les favoris afin d’y faire la sélection, à défaut d’y porter une attaque décisive. La Côte de la Redoute démarre du village de Remouchamps, patrie du champion belge Philippe Gilbert. La côte longe d’abord l’autoroute sur des pourcentages abordables, avant de s’enfoncer dans les bois pour atteindre son pourcentage maximum, puis s’achever sur un léger faux-plat. Ceci est plus anecdotique, mais la route connait une légère déviation au plus fort de la pente. Suite à sa crevaison en 2012 dans cette difficulté, Alejandro Valverde s’était engagé dans cette portion au lieu de suivre la route principale, entrainant son déclassement à l’arrivée.

 

7. Côte des Forges (1,9 km à 5,9%, max 10%)

La Côte des Forges a longtemps constitué l’une des dernières difficultés avant Liège. Son placement tardif lui a permis d’être un tremplin pour la victoire de certains coureurs, même si elle ne présent pas une difficulté excessive. Le plus célèbre reste Stan Ockers, vainqueur en 1955 après une attaque décisive dans la Côte des Forges. Fauché en pleine gloire par une chute mortelle l’année suivante, il se voyait honoré d’une stèle érigée dans cette côte en 1957. En dehors de la Doyenne, la Côte des Forges a aussi acquis sa place dans la légende du Tour de France, après une attaque de Miguel Indurain en 1995. L’Espagnol asseyait un peu plus sa domination, partant à la conquête d’un cinquième Tour consécutif.

 

8. Côte de la Roche-aux-Faucons (1,5 km à 9,3%, max 16%)

Cette côte est apparue en 2008, en remplacement de la Côte de Sart-Tilman alors impraticable cette année. Elle s’est imposée d’emblée comme une difficulté majeure de la Doyenne. Hormis son absence en 2013, elle a toujours contribuée à dynamiter la course et permis aux meilleurs de creuser les écarts. Andy Schleck y a ainsi construit son succès en 2009. La côte en elle-même est déjà difficile, relativement avec des passages à plus de 15% à l’approche de son sommet. Cependant, la plus grande difficulté provient du long faux-plat qui la suit, empêchant toute récupération et permettant de creuser les écarts sur la relance. C’est ainsi que Vinokourov et Kolobnev ont pris le large en 2010, ou Vincenzo Nibali en 2012.

 

9. Côte de Sart-Tilman (2,4 km à 5%, max 8%)

La Côte de Sart-Tilman était l’antépénultième difficulté de la course jusqu’à son remplacement par la Roche aux Faucons. Il s’agit d’une côte assez roulante, présentant beaucoup moins de difficulté que sa remplaçante. Elle était très prisée par Michele Bartoli, double vainqueur de la Doyenne, qui adorait placer des attaques ici. Cette côte a progressivement perdu de son caractère décisif au fil des ans, en particulier à cause de sa descente. Au sommet, les coureurs débouchent sur une autoroute, ce qui facilite la poursuite du peloton au détriment des attaquants.

 

10. Côte de Saint-Nicolas (1,2 km à 8,6%, max 11%)

La Côte de Saint-Nicolas a fait son apparition en 1999, pour durcir le parcours entre Liège et Ans. Elle présente un profil raide mais régulier. La Côte de Saint-Nicolas est aussi surnommée Côte des Italiens, en hommage aux drapeaux italiens qui fleurissent le jour de la course, dans ce quartier très italophone. Elle a été inaugurée en grande pompe par Franck Vandenbroucke. Le Belge avait longuement reconnu la difficulté la veille de la course pour repérer à quel endroit il devait attaquer. Il déposa ainsi Michael Boogerd où il l’avait souhaité pour s’envoler vers la victoire de cette édition 1999.

 

11. Côte d’Ans

La Côte d’Ans ne présente pas de difficulté particulière, mais elle permet de pimenter le sprint final lorsque plusieurs coureurs doivent encore se départager à l’approche de l’arrivée. La côte se présente en une longue ligne droite favorable à un round d’observation, avant de tourner à gauche au sommet pour se présenter sur la ligne. Il est en tout cas beaucoup plus compliqué de tout miser sur cette arrivée, comme on pourrait le faire au Cauberg ou au Mur de Huy.

Par CSC_3187, crédits photos : Bel Adone, Wikipedia Commons

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