Écrit le par dans la catégorie Analyses, Coup de bordure.

Bilan du Tour de France #2

 

Après avoir débriefé les équipes qui ont raté leur Tour, poursuivons notre bilan du Tour de France en nous intéressant à celles qui ne sortent ni ravies, ni déçues du Tour. Au programme : Astana, Lotto, armin, Radioshack, Belkin, AG2R et Saxo-Tinkoff

 

Astana : 10/20

Confirmation. On l’attendait depuis longtemps cette confirmation. Celle de Jakob Fuglsang, le danois. Souvent présent au plus haut niveau dans les courses de préparation au Tour, on ne l’avait jamais vu à son avantage sur celui-ci. Et bien cette année ça y est, Jakob l’a fait. Décomplexé, il a tenu le rythme du Top 10 sans jamais faillir, et finalement accomplir l’objectif initial d’Astana. Bien évidemment il ne peut qu’amèrement regretté sa défaite à Bagnères-de-Bigorre face à Dan Martin, alors qu’il avait l’occasion de s’imposer pour la première fois sur une étape d’un grand tour en solitaire.

Quant au reste de l’équipe, que dire ? Les 4 autres coureurs qui accompagnent Fuglsang à Paris furent … transparents, ou presque. On passera brièvement les cas Bazayev et Muravyev, plus habitué à briller dans le classement à l’envers qu’à l’avant de la course. Gasparotto a lui traversé la course dans l’anonymat le plus total, alors que les étapes corses auraient pu lui convenir. Seul Francesco Gavazzi s’est illustré, terminant 3 fois dans les 10, mettant en valeur ses capacités à passer les bosses et à sprinter.

Et si vous avez bien suivi, il y a 4 abandons chez Astana ! Dont 3 qui ternissent fortement le bilan, en début de Tour. Janez Brajkovic n’a pas eu l’occasion de nous montrer s’il était au niveau. Pris dans une chute, il dut abandonner. Tout comme deux lieutenants en montagne, Andrey Kaschechkin et Fredrik Kessiakoff. Finalement le dernier à abandonné fut Alexey Lutsenko. En vue à Marseille, le champion du monde espoir n’avait pas la caisse pour tenir trois semaines.

Ces abandons n’ont bien évidemment pas aidé Astana à briller … Kessiakoff aurait peut être pu se mêler à la lutte pour le maillot à pois, comme il l’a fait par le passé, et on était curieux de savoir à quel niveau allait évoluer Brajkovic. Malgré cela, Fuglsang a bien réagi pour prendre le leadership de l’équipe, bien qu’esseulé en montagne et sauvé le bilan d’Astana sur ce Tour.

 

Lotto : 12/20

Jusqu’au bout. Avec la rage de celui qui ne veut pas s’avouer vaincu, André Greipel, le roi des sprints intermédiaires, s’est battu jusqu’à l’officialisation du titre de Peter Sagan pour le maillot vert. Son principal fait d’arme sur le Tour fut sa victoire à Montpellier. Mais il manque à Greipel la capacité à passer avec les meilleurs les bosses pour pouvoir prétendre au maillot vert. Pour le reste il a globalement répondu présent dans les sprints, même s’il peut sans doute regretter sa défaite face à Kittel à Saint-Malo, alors qu’il avait fait le trou sur l’allemand.

Pour le reste de l’équipe, que dire ? La plupart des coureurs étaient là pour encadrés Greipel. L’allemand n’avait malgré tout pas une équipe aussi solide qu’Argos ou Omega-Pharma autour de lui, se retrouvait un peu seul dans certains finals.

La malchance a aussi frappé Lotto, avec l’abandon sur chute de Jurgen van den Broeck dès le début de course. Seul Bart de Clercq, son lieutenant, restait en course pour aborder les difficultés. Il fit de son mieux, réussissant tant bien que mal à s’accrocher, comme au Ventoux où il termine 11ème.

Greipel s’alignait avec une magnifique tenue de champion d’Allemagne, mais ça n’est pas en montagne qu’on pouvait l’admirer.

 

Garmin : 12/20

Irréguliers. Ce que furent les coureurs de la Garmin. Pourtant sur le papier, l’équipe avait de quoi faire espérer. Ryder Hesjedal, Rohan Dennis, Andrew Talansky et Daniel Martin, bien épaulés par Thomas Danielson et Christian Vandevelde, sans oublier David Millar, Jack Bauer ou Ramunas Navardauskas. Sur le papier, une des équipes les plus fortes.

Sur le papier uniquement. Car dès le début, on compris que ça ne se passerait pas si bien. Dennis abandonne dès le début de la montagne, Hesjedal explose dès la première étape pyrénéenne, Talansky ne semble pas au niveau … seul Dan Martin répond présent, et décroche un magnifique succès à Bagnères-de-Bigorre. On croit alors avoir trouvé le nouveau leader de la formation américaine. Peine perdue … alors que Talansky profite de l’étape de Lyon pour se relancer, l’irlandais va commencer à craquer. Un peu au Ventoux, mais surtout complètement à côté de ses pompes à l’Alpe d’Huez. Inversement Talansky a retrouvé le coup de pédale dans les Alpes. Il se maintient aux portes du Top 10 jusqu’au Semnoz, où il lâche ses dernières forces. Son excellente montée le place en 6ème position, et lui permet d’entrer in extremis dans le Top 10. Objectif atteint pour Garmin, mais que ce fut dur … Martin finit d’exploser dans le même temps, et ne termine que 33ème.

Quant à Hesjedal, il a connu les pires difficultés. On croyait l’avoir retrouvé vers le Grand Bornand mais non, il explose en court de route … comme tout au long du Tour. Il termine à une anonyme 70ème place.

Pour les autres coureurs, le bilan est plutôt discret. David Millar a bien cru pouvoir porter le maillot jaune, mais la seconde prise par Bakelants l’en empêcha, alors que Navardauskas se mêla un peu aux sprints, décrochant quelques placettes, ou était échappé vers Gap.

 

Radioshack : 12/20

Typique. Cette équipe est typique du bilan en demi-teinte. Comment passer à côté du principal événement de ce Tour pour Radioshack, à savoir la victoire de Jan Bakelants et ses deux jours en jaune ? Sans parler de l’animation qu’il mit tout au long de la course, attaquant régulièrement, comme à Lyon ou au Grand Bornand. En pleine confiance, il finit même le Tour avec les purs grimpeurs, au Semnoz, et accrochant une honorable 18ème place au général.

Mais derrière, c’est beaucoup plus mitigé. L’équipe sur la papier était belle, alignant vieille gloire telles que Klöden et Zubeldia, un Schleck qui espérait retrouver des sensations, et Monfort qui pouvait tirer les marrons du feu … Au final, qu’ont fait les leaders ? On commencera par Schleck. Le revoir tenir le rythme aux avants postes de temps en temps à sans douter ravis la plupart des suiveurs. Mais ce ne fut pas non plus un grand retour, et les Alpes furent très difficiles pour lui. Klöden lui fut transparent en haute montagne … il s’en est alors remis aux échappées, et ça aurait bien pu payer, notamment au Grand-Bornand, où il est encore une fois devancé. Zubeldia est passé à travers aussi, mais blessé. Seul Monfort a tenu le coup, 14ème, mais jamais en vue.

Disons qu’en dehors de Bakelants, le fait principal du Tour fut l’excellente préparation de Gallopin pour San Sebastian … c’est dire ! Entre joie et déceptions, Radioshack a traversé le Tour, une dernière fois, avant de céder sa place à Trek.

 

Schleck fut en bonne jambe au début du Tour ... mais ça ne dura pas.

Schleck fut en bonne jambe au début du Tour … mais ça ne dura pas.

 

Belkin : 14/20

Fin de tour compliquée. Belkin a porté les espoirs de tout un pays. Deux de ses coureurs, à la sortie des Pyrénées, pouvaient prétendre au podium final à Paris. En l’occurrence, Laurens Ten Dam et Bauke Mollema. Mais les deux hommes étaient sans doute en forme trop tôt …  dès les premières rampes alpestres, Ten Dam commençait à sombrer au classement. A l’inverse Mollema s’accrochait, et arriva malgré tout à accrocher un Top 10, malgré sa faiblesse en fin de Tour. Le bilan est donc mitigé. Au début du Tour, on n’espérait sans doute pas autant de Belkin. Mais la début de course avait suscité de grands espoirs de podiums …

Le reste de l’équipe ne fut pas en verve, à commencer par Robert Gesink, décidément plus au niveau, ou Lars-Petter Nordhaug, totalement transparent. Les autres auront la satisfaction d’avoir terminé le Tour…

 

AG2R : 14/20

Sauvetage. AG2R a sauvé son Tour après l’abandon de Jean-Christophe Péraud. Car jusque là, tout était donné pour le leader de la formation française, qui réalisait son job parfaitement, étant dans les 10 après le Ventoux. Comment aurait-il tenu ? On ne le saura jamais. Mais à l’inverse la FDJ.fr, AG2R a réagit. Et de quelle manière ! Christophe Riblon a réussi un véritable exploit, celui de s’imposer au sommet de l’Alpe d’Huez. Magique. Première, et unique, victoire française sur ce Tour. Puis Christophe a continué sur sa lancée, terminant 12ème au Semnoz !

Les autres coureurs de la formation n’ont pas été en reste. John Gadret a retrouvé le bon coup de pédale dans les Alpes, marchant fort au Semnoz ou vers le Grand-Bornand. Romain Bardet s’est sorti les tripes aussi. S’il a semblé faiblir sur la route du Grand-Bornand, il signait dès le lendemain une superbe montée du Semnoz. Au classement général, il finit 15ème, une bonne performance pour son premier Tour. Toute l’équipe s’est mise en quatre pour tenter de concurrencer Saxo au classement par équipe, mais ils échoueront dans leur quête.

Cette fin de Tour offensive et animée tranche avec un début timide, même si Blel Kadri eut la chance de porter brièvement le maillot à pois.

Riblon, en route vers la Légende.

Riblon, en route vers la Légende.

 

Saxo – Tinkoff : 14/20

Offensifs. Tel était l’état d’esprit de la formation danoise. Alberto Contador ne voulait pas perdre sans tenter. Lui et sa formation ont dès lors tenter de piéger Froome. Avec réussite, à Saint-Amand-Montrond notamment, qui restera un haut lieu de ce Tour 2013. En échouant, comme vers l’Alpe d’Huez, où dans la descente de Sarenne, Contador tenta de piéger Froome. En vain … . Si l’équipe autour de lui était solide et lui permettait de viser la gagne, l’espagnol n’avait finalement pas les jambes et du laisser Quintana et Rodriguez lui chiper le podium.

Certains regretteront que Kreuziger n’ait pas eu sa chance. Dans les Pyrénées, il semblait être plus à l’aise que son leader. Mais il resta fidèle. Sur le premier contre-la-montre, il restait au contact de l’espagnol mais ne put prendre le leadership de la formation. Il donna alors tout pour aider Contador à rester sur le podium … Que serait-il arrivé s’il avait eu sa chance ? On ne le saura jamais. Mais il était tout de même trop faible pour battre Froome. En revanche le podium était  peut-être envisageable…

Le reste de l’équipe n’a pas démérité, à l’image de Jesus Hernandez, très en forme dans les Alpes, alors que Roche et Rogers furent de précieux lieutenants. Bennati fit l’un ou l’autre sprint, comme au bon vieux temps.

La bonne performance d’ensemble de l’équipe lui a valu de décrocher le classement par équipes. Une belle récompense au vu des efforts engagés. Mais au final, lorsque on aligne l’une des formations les plus solides, repartir sans podium est assurément une grande déception.

D’accord, pas d’accord sur ce bilan ? Réagissez sur le forum !

 

Par Vino_93 // Images : Vincent Lefèvre (reflexe.photo.free.fr) et Laurent Brun (www.flickr.com/photos/petitbrun/)

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