Dopage

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Re: Dopage

Messagepar bullomaniak » 02 Avr 2024, 07:54

Mathieu Lourdot a écrit:Je ne dis pas qu'il ne méritait pas son podium, loin de là, cette année là il est en forme et gère parfaitement sa course. Juste que son podium se fait dans des circonstances particulières et pas uniquement sur un critère purement physique. Ce qui fait qu'une comparaison sur un critère uniquement physique n'a pas trop de sens ici.

Oui enfin c'est au moins le même niveau que Valverde l'année d'après, Peraud 2014 il suit Nibali prime dans deux arrivées au sommet.

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Messagepar Panzer » 02 Avr 2024, 20:46

bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.

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Messagepar Buendia » 02 Avr 2024, 23:28

Sur YouTube Harry S. montre un peu comment il planifie son alimentation pendant les séances, notamment dans une vidéo sur un stage de 7 jours à Isola 2000.

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Messagepar Gringo » 03 Avr 2024, 10:08

Panzer a écrit:
bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.


Est-ce que c'est pour autant une bonne chose? Les années EPO ont vu l'avènnement des gros gabarits capables de rouler fort en montagne grace à celle-ci. La course à la perte de poids ne me semble avoir ét qu'une conséquence de la réduction de la marge de manoeuvre en terme de dopage sanguin. Mais avant l'EPO il était commun de voir les rouleurs polyvalents se faire dominer par les petits gabarits en montagne, ces mêmes grimpeurs se faisant de leur coté dominer sur le plat. Le coureur plyvalent qui domine les spécialistes sur le plat et en montagne avant 1990, c'est très rare.

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Re: Dopage

Messagepar Thomas69140 » 03 Avr 2024, 13:05

jack127 a écrit:
Hamadryas a écrit:
jack127 a écrit:Ils étaient cons les coureurs avant à oublier de s'alimenter...


Ils s'alimentaient. Mais juste beaucoup moins.
Je ne sais pas si on se rend compte, mais aujourd'hui, des gros gabarits comme Van der Poel vont tourner à plus de 120g de sucre par heure. Sur une course comme le tour des flandres ça fait ~720g de sucre soit 3000 kcal.
C'est énorme.
En termes d'énergie, c'est comme s'il bouffait deux paquets de chocapic complet pendant sa course.

Il y a eu une vraie évolution à ce niveau depuis quelques années, plusieurs raisons :
- On s'est aperçu qu'en mixant intelligemment les types de sucre, on arrivait à assimiler bien plus qu'en prenant un sucre unique car les récepteurs au sein de l'estomac sont différents
- De nouvelles études scientifiques ont montré que manger plus permettait d'augmenter la durabilité à l'effort, et que l'objectif de manger n'était pas simplement d'éviter la fringale.
- Gros travail à l'entrainement pour arriver à manger plus. Alors qu'avant la mode était à s'entrainer à jean pour maximiser l'utilisation du gras


Ok mais ça ne change pas le problème qu'un échappé ne bénéficie pas du phénomène d'aspiration et tenter de nous faire croire qu'il compense cette perte par un apport calorique supérieur, c'est un peu nous prendre pour des truffes sachant que chaque coureur peut en bénéficier.


C'est simple comme raisonnement mais au final ça résume bien la problématique. Sur des aspects de récupération, le changement de paradigme sur l'alimentation a effectivement probablement un grand rôle à jouer.
Mais sur la capacité à être meilleur que les autres qui vont suivre à peu près les mêmes concepts, ça n'explique rien.
Il n'y a aucune raison à ce qu'aujourd'hui des coureurs soient capables de compenser la traînée aérodynamique alors qu'ils n'en étaient pas capables avant. On ne parle pas de 3 ou 5% (ce qui serait déjà absolument énorme comme différence entre coureurs), mais de bien plus que cela.

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Re: Dopage

Messagepar Mathieu Lourdot » 03 Avr 2024, 13:48

Gringo a écrit:
Panzer a écrit:
bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.


Est-ce que c'est pour autant une bonne chose? Les années EPO ont vu l'avènnement des gros gabarits capables de rouler fort en montagne grace à celle-ci. La course à la perte de poids ne me semble avoir ét qu'une conséquence de la réduction de la marge de manoeuvre en terme de dopage sanguin. Mais avant l'EPO il était commun de voir les rouleurs polyvalents se faire dominer par les petits gabarits en montagne, ces mêmes grimpeurs se faisant de leur coté dominer sur le plat. Le coureur plyvalent qui domine les spécialistes sur le plat et en montagne avant 1990, c'est très rare.


C'est rare sans pour autant l'être tant que ça.

On a au premier rang les "monstres sacrés" qui étaient au dessus du lot en montagne et contre-la-montre (et sur bien d'autres exercices) même si c'était une époque où il y a avait une différence énorme entre les performances des leaders et du reste de la meute : les Coppi, Bobet, Anquetil, Hinault, Merckx étaient quasi imbattables en montage mais aussi contre-la-montre.

Il y a aussi Greg Lemond ou Laurent Fignon qui étaient très forts en montagne tout en ayant gagné quelques beaux contre-la-montre, Hennie Kuiper très bon grimpeur et très costaud sur les classiques (Ronde, Paris-Roubaix) ou encore Zoetemelk qui a un beau palmarès tant en montagne qu'en CLM.

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Messagepar Tekrunner » 03 Avr 2024, 14:30

Gringo a écrit:
Panzer a écrit:
bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.


Est-ce que c'est pour autant une bonne chose? Les années EPO ont vu l'avènnement des gros gabarits capables de rouler fort en montagne grace à celle-ci. La course à la perte de poids ne me semble avoir ét qu'une conséquence de la réduction de la marge de manoeuvre en terme de dopage sanguin. Mais avant l'EPO il était commun de voir les rouleurs polyvalents se faire dominer par les petits gabarits en montagne, ces mêmes grimpeurs se faisant de leur coté dominer sur le plat. Le coureur plyvalent qui domine les spécialistes sur le plat et en montagne avant 1990, c'est très rare.


La gestion actuelle de la nutrition devrait d'ailleurs plutôt favoriser les coureurs maigres. Moins on a de réserves de gras, moins le corps a envie d'aller taper dedans, et plus il va vouloir privilégier le glycogène... jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus (là où un coureur avec un peu plus de masse grasse aurait tendance à brûler un peu plus de lipides). Le but d'ingérer beaucoup de glucides est de prolonger ces réserves de glycogènes au moins jusqu'à la fin de la course. Donc faire en sorte que les coureurs brûlent beaucoup de glucides et très peu de lipides.

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Re: Dopage

Messagepar Breizh Arzh » 03 Avr 2024, 15:18

Mathieu Lourdot a écrit:On a au premier rang les "monstres sacrés" qui étaient au dessus du lot en montagne et contre-la-montre (et sur bien d'autres exercices) même si c'était une époque où il y a avait une différence énorme entre les performances des leaders et du reste de la meute : les Coppi, Bobet, Anquetil, Hinault, Merckx étaient quasi imbattables en montage mais aussi contre-la-montre
.


Anquetil moins que les autres que tu cites. Il n'a jamais creusé d'écart en montagne, il essayait de suivre le plus longtemps possible à son rythme à une époque où les arrivées au sommet étaient rares et où il savait pouvoir compter sur une bonne marge clm

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Re: Dopage

Messagepar kaplan » 03 Avr 2024, 18:32

Breizh Arzh a écrit:
Mathieu Lourdot a écrit:On a au premier rang les "monstres sacrés" qui étaient au dessus du lot en montagne et contre-la-montre (et sur bien d'autres exercices) même si c'était une époque où il y a avait une différence énorme entre les performances des leaders et du reste de la meute : les Coppi, Bobet, Anquetil, Hinault, Merckx étaient quasi imbattables en montage mais aussi contre-la-montre
.


Anquetil moins que les autres que tu cites. Il n'a jamais creusé d'écart en montagne, il essayait de suivre le plus longtemps possible à son rythme à une époque où les arrivées au sommet étaient rares et où il savait pouvoir compter sur une bonne marge clm

Tout à fait...
En ce qui concerne Hinault, j' ai connu ses débuts, son éclosion éblouissante de 1977 puis sa domination...et j' étais agacé par les commentateurs qui le comparaient à Anquetil et s inquietaient d éventuels débours en montagne face à Zoetemelk entre autres alors qu'il était largement au dessus du lot et même offensif dès que la route s élevait.

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Re: Dopage

Messagepar Lambot » 04 Avr 2024, 10:27

Mathieu Lourdot a écrit:
Gringo a écrit:
Panzer a écrit:
bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.


Est-ce que c'est pour autant une bonne chose? Les années EPO ont vu l'avènnement des gros gabarits capables de rouler fort en montagne grace à celle-ci. La course à la perte de poids ne me semble avoir ét qu'une conséquence de la réduction de la marge de manoeuvre en terme de dopage sanguin. Mais avant l'EPO il était commun de voir les rouleurs polyvalents se faire dominer par les petits gabarits en montagne, ces mêmes grimpeurs se faisant de leur coté dominer sur le plat. Le coureur plyvalent qui domine les spécialistes sur le plat et en montagne avant 1990, c'est très rare.


C'est rare sans pour autant l'être tant que ça.

On a au premier rang les "monstres sacrés" qui étaient au dessus du lot en montagne et contre-la-montre (et sur bien d'autres exercices) même si c'était une époque où il y a avait une différence énorme entre les performances des leaders et du reste de la meute : les Coppi, Bobet, Anquetil, Hinault, Merckx étaient quasi imbattables en montage mais aussi contre-la-montre.

Il y a aussi Greg Lemond ou Laurent Fignon qui étaient très forts en montagne tout en ayant gagné quelques beaux contre-la-montre, Hennie Kuiper très bon grimpeur et très costaud sur les classiques (Ronde, Paris-Roubaix) ou encore Zoetemelk qui a un beau palmarès tant en montagne qu'en CLM.


Coppi, Merckx, Hinault, oui, y avait pas plus complets que ces gars, à part Binda avant-guerre. Plus nuancé concernant Bobet et Anquetil. Même s'il a remporté les Nations, Bobet n'était pas un rouleur hors-série. Et Anquetil, véritable ordinateur, devait calculer ses efforts au mm en montagne, face aux 2 Mozarts. Il l'a reconnu lui-même: " Je n'avais pas le choix, et croyez-moi, si j'avais pu faire des numéros et suivre Bahamontès et Gaul à chacune de leurs attaques, je l'aurais fait." Il spéculait sur les trés piètres qualités de descendeur de l'un et l'irrégularité de l'autre face à la chaleur. Il imaginait le temps qu'il pouvait reprendre au Picador sur une descente. C'était du calcul permanent. C'est en tout cas ce qu'il a dit lors d'un sujet le concernant signé JPO.

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Re: Dopage

Messagepar Lambot » 04 Avr 2024, 10:49

En fait, on peut facilement dater les périodes ou un coureur était simultanément le meilleur grimpeur et le meilleur rouleur du monde:

Coppi 46 à 50
Koblet 51
Coppi 52-53
Merckx 68 à70
Hinault 79 à 82
Indurain 92-93-95
Armstrong 99 à 05
Froome 13 à17

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Re: Dopage

Messagepar kaplan » 04 Avr 2024, 11:57

Lambot a écrit:
Mathieu Lourdot a écrit:
Gringo a écrit:
Panzer a écrit:
bullomaniak a écrit:Oui enfin John Vin de Garde il est toujours sur format cadavérique ça l'empêche pas de faire du raid de folie.

Ca reste du cyclisme, on aura toujours des gabarits squelettiques dans le peloton. Jonas n'a pas eu de perte de poids pour expliquer la variation de ses performances, son gabarit est toujours resté stable.

Image


Les mentalités ont certainement évolué du milieu des années 2010 à aujourd'hui. Un des forumeurs avait eu la chance d'aller faire un stage d'hiver avec l'équipe préférée du forum. Et il racontait que niveau nutrition, la philosophie était de ne pas absorber beaucoup de calories à l'entrainement, pour habituer son corps à ne pas trop manger. Aujourd'hui, la philosophie est très différente. Je ne sais pas si les coureurs se gavent à l'entrainement, mais ils doivent certainement s'entrainer à absorber un maximum de glucides pour savoir ce qu'ils peuvent potentiellement supporter en course.

On a vu beaucoup de pertes de poids dans les années 2010, dans le but d'améliorer le rapport poids/puissance, ce qui allait dans le sens de "ne pas absorber trop de calories" (surtout à l'entrainement). Le paradigme me semble différent dans ses années 2020. Je me rappelle pas avoir beaucoup de transformations durant ces dernières années. Le champion du monde de chrono est probablement l'exemple type du rouleur qui aurait fait des sacrifices pour perdre du poids et briller sur les GT (un peu comme Delmolino). Mais il ne souhaite pour le moment pas aller titiller cette zone, car il n'aurait probablement pas la même efficacité sur certains longs raids avec 2 kilos en moins.


Est-ce que c'est pour autant une bonne chose? Les années EPO ont vu l'avènnement des gros gabarits capables de rouler fort en montagne grace à celle-ci. La course à la perte de poids ne me semble avoir ét qu'une conséquence de la réduction de la marge de manoeuvre en terme de dopage sanguin. Mais avant l'EPO il était commun de voir les rouleurs polyvalents se faire dominer par les petits gabarits en montagne, ces mêmes grimpeurs se faisant de leur coté dominer sur le plat. Le coureur plyvalent qui domine les spécialistes sur le plat et en montagne avant 1990, c'est très rare.


C'est rare sans pour autant l'être tant que ça.

On a au premier rang les "monstres sacrés" qui étaient au dessus du lot en montagne et contre-la-montre (et sur bien d'autres exercices) même si c'était une époque où il y a avait une différence énorme entre les performances des leaders et du reste de la meute : les Coppi, Bobet, Anquetil, Hinault, Merckx étaient quasi imbattables en montage mais aussi contre-la-montre.

Il y a aussi Greg Lemond ou Laurent Fignon qui étaient très forts en montagne tout en ayant gagné quelques beaux contre-la-montre, Hennie Kuiper très bon grimpeur et très costaud sur les classiques (Ronde, Paris-Roubaix) ou encore Zoetemelk qui a un beau palmarès tant en montagne qu'en CLM.


Coppi, Merckx, Hinault, oui, y avait pas plus complets que ces gars, à part Binda avant-guerre. Plus nuancé concernant Bobet et Anquetil. Même s'il a remporté les Nations, Bobet n'était pas un rouleur hors-série. Et Anquetil, véritable ordinateur, devait calculer ses efforts au mm en montagne, face aux 2 Mozarts. Il l'a reconnu lui-même: " Je n'avais pas le choix, et croyez-moi, si j'avais pu faire des numéros et suivre Bahamontès et Gaul à chacune de leurs attaques, je l'aurais fait." Il spéculait sur les trés piètres qualités de descendeur de l'un et l'irrégularité de l'autre face à la chaleur. Il imaginait le temps qu'il pouvait reprendre au Picador sur une descente. C'était du calcul permanent. C'est en tout cas ce qu'il a dit lors d'un sujet le concernant signé JPO.


Je me souviens de Poulidor qui racontait avoir été en voiture avec Anquetil au volant (après sa carrière) et que celui ci calculait au loin après 2 ou 3 rotations, à quelle vitesse il devait rouler pour toujours avoir des feux verts :lol:

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Re: Dopage

Messagepar rthomazo » 04 Avr 2024, 12:09

Lambot a écrit:En fait, on peut facilement dater les périodes ou un coureur était simultanément le meilleur grimpeur et le meilleur rouleur du monde:

Coppi 46 à 50
Koblet 51
Coppi 52-53
Merckx 68 à70
Hinault 79 à 82
Indurain 92-93-95
Armstrong 99 à 05
Froome 13 à17

Sur la période 2013-17 il y avait de meilleurs rouleurs que Froome. Il y a au moins Tony Martin en 2013-14 et Tom Dumoulin en 2016-17 qui étaient au-dessus de lui.

Entre 71 et 74 c'est qui le grimpeur au-dessus de Merckx ? Fuente ?

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Re: Dopage

Messagepar Breizh Arzh » 04 Avr 2024, 12:20

Bobet n"était pas le meilleur rouleur du monde, mais il a gagné les clm des 3 tours qu'il a remporté. Ca devait lui suffire.

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Re: Dopage

Messagepar kaplan » 04 Avr 2024, 14:29

Breizh Arzh a écrit:Bobet n"était pas le meilleur rouleur du monde, mais il a gagné les clm des 3 tours qu'il a remporté. Ca devait lui suffire.

Il me semblait qu'il avait été battu par Brankart en 55?

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Re: Dopage

Messagepar Lambot » 04 Avr 2024, 16:24

rthomazo a écrit:
Lambot a écrit:En fait, on peut facilement dater les périodes ou un coureur était simultanément le meilleur grimpeur et le meilleur rouleur du monde:

Coppi 46 à 50
Koblet 51
Coppi 52-53
Merckx 68 à70
Hinault 79 à 82
Indurain 92-93-95
Armstrong 99 à 05
Froome 13 à17

Sur la période 2013-17 il y avait de meilleurs rouleurs que Froome. Il y a au moins Tony Martin en 2013-14 et Tom Dumoulin en 2016-17 qui étaient au-dessus de lui.

Entre 71 et 74 c'est qui le grimpeur au-dessus de Merckx ? Fuente ?


Ocana, surtout. En 74, Zoetemelk et Fuente.
Modifié en dernier par Lambot le 04 Avr 2024, 16:27, modifié 1 fois.

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Re: Dopage

Messagepar Lambot » 04 Avr 2024, 16:26

Breizh Arzh a écrit:Bobet n"était pas le meilleur rouleur du monde, mais il a gagné les clm des 3 tours qu'il a remporté. Ca devait lui suffire.


Et Gaul a remporté les 3 chronos de son Tour 58 victorieux, exploit remarquable pour un coureur considéré d'abord comme un grimpeur.

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Re: Dopage

Messagepar jack127 » 04 Avr 2024, 17:49

Thomas69140 a écrit:C'est simple comme raisonnement mais au final ça résume bien la problématique. Sur des aspects de récupération, le changement de paradigme sur l'alimentation a effectivement probablement un grand rôle à jouer.
Mais sur la capacité à être meilleur que les autres qui vont suivre à peu près les mêmes concepts, ça n'explique rien.
Il n'y a aucune raison à ce qu'aujourd'hui des coureurs soient capables de compenser la traînée aérodynamique alors qu'ils n'en étaient pas capables avant. On ne parle pas de 3 ou 5% (ce qui serait déjà absolument énorme comme différence entre coureurs), mais de bien plus que cela.


En effet, beaucoup plus et quelqu'un qui a déjà roulé en peloton sait que s'il est lâché à la régulière, il n'aura quasiment aucune chance de revenir.

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Re: Dopage

Messagepar jack127 » 04 Avr 2024, 17:53

Lambot a écrit:
rthomazo a écrit:
Lambot a écrit:En fait, on peut facilement dater les périodes ou un coureur était simultanément le meilleur grimpeur et le meilleur rouleur du monde:

Coppi 46 à 50
Koblet 51
Coppi 52-53
Merckx 68 à70
Hinault 79 à 82
Indurain 92-93-95
Armstrong 99 à 05
Froome 13 à17

Sur la période 2013-17 il y avait de meilleurs rouleurs que Froome. Il y a au moins Tony Martin en 2013-14 et Tom Dumoulin en 2016-17 qui étaient au-dessus de lui.

Entre 71 et 74 c'est qui le grimpeur au-dessus de Merckx ? Fuente ?


Ocana, surtout. En 74, Zoetemelk et Fuente.


Moser était pas mal aussi.

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Re: Dopage

Messagepar rthomazo » 04 Avr 2024, 18:42

Moser n'a été le meilleur grimpeur du monde à aucun moment de sa carrière. Et même si c'était un rouleur exceptionnel, pour moi il avait presque toujours quelqu'un de supérieur : en 74-75 Merckx lui était supérieur, en 76-77 je mets Maertens au-dessus (jusqu'à sa chute sur la Giro) et sur la période 78-82 il y a Hinault.

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